Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) : Docteur de Ballon, la victoire de la foi

Courses / 18.10.2020

Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) : Docteur de Ballon, la victoire de la foi

Auteuil, dimanche

« Docteur de Ballon a envie d’y aller. Si nous avions eu une rentrée plus satisfaisante, je serais très confiante, mais je reste persuadée que le cheval est en pleine forme. Il court bien frais et j’espère que ça va bien se passer. » Lorsque nous l’avons appelée cette semaine, Louisa Carberry affichait un certain optimisme. Même avec une préparation atypique, son mari, Philip, et elle ont toujours cru en Docteur de Ballon (Doctor Dino). Ils ont toujours cru en ce cheval capable de produire une accélération foudroyante qui fusille ses rivaux quand leurs jambes sont lourdes. Et Docteur de Ballon leur a rendu leur confiance en s’imposant dans le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) sans aucune course préparatoire. En effet, le champion de la famille Gasche-Luc, qui attendait depuis trente-cinq ans une telle victoire, avait fait tomber son jockey lors de sa rentrée, dans le Prix de Ranville, à Compiègne. Il a donc fallu le travailler en conséquence, trouver le bon dosage, pour que Docteur de Ballon soit au top. Et ne pas seulement s’appuyer sur le fait qu’il coure bien frais. Courir bien frais et faire une rentrée gagnante dans une Listed, c’est une chose. Mais faire une telle performance dans un Grand Steeple, c’est du jamais vu ! Chapeau bas !

Une course parfaite. En 2019, Docteur de Ballon faisait partie des favoris du Grand Steeple mais il était tombé au rail-ditch alors qu’il avait beaucoup de ressources. Un an après, il était proposé à 10/1 à cause de sa course de rentrée où il avait éjecté son jockey, Bertrand Lestrade, qui le découvrait alors. Ce dernier l’a monté comme Docteur de Ballon en a l’habitude : en dernière position, à quelques longueurs de l’avant-dernier. Le rythme faible en début de course ne l’a pas contrarié. Mais Docteur de Ballon a connu une petite frayeur quand Bipolaire (Fragrant Mix) est tombé au gros open-ditch. À quelques mètres près, Bertrand Lestrade aurait pu lui aussi passer par la fenêtre. Il a d’ailleurs dû réajuster ses étriers. Docteur de Ballon a ensuite continué de vivre dans sa bulle. Son jockey n’a pas bougé jusqu’à l’entrée de la ligne droite. À ce moment, Docteur de Ballon avait passé facilement plusieurs rivaux. Il a prononcé son effort à la corde entre les deux derniers obstacles, venant très vite. Il a sauté la dernière haie à la hauteur de Figuero (Yeats) qui était en tête et, sur le plat, il l’a lâché pour l’emporter de cinq longueurs.

Louisa Carberry : « Docteur de Ballon sait qu’il est le meilleur »

Cinq ans seulement après son installation sur le centre d’entraînement de Senonnes, auquel elle offre son premier Grand Steeple, Louisa Carberry, son mari Philip et toute son équipe ont fait un travail remarquable pour que Docteur de Ballon brille le jour J. La jeune professionnelle, qui a commencé dans le concours complet, est devenue la deuxième femme à remporter le Grand Steeple en tant qu’entraîneur. Avec le trophée du Grand Steeple dans les bras, les yeux qui brillent, elle a répondu à nos questions.

Jour de Galop. – Vous devenez la deuxième femme à remporter le Grand Steeple, un an après Isabelle Pacault, lauréate avec Carriacou. Que cela vous inspire-t-il ?

Louisa Carberry. – Franchement, j’ai rêvé d’une journée comme celle-là. C’est incroyable ! Le cheval est vraiment très, très bon. Je le savais, mais il n’a pas eu une préparation exceptionnelle. Il sait tout faire. J’attendais déjà de telles performances en 2019. J’étais déçue qu’il ne le fasse pas l’an dernier, pour ses propriétaires et éleveurs. Maintenant, c’est fait. C’est classe !

Comment avez-vous vécu la préparation de Docteur de Ballon qui a été spéciale par la force des choses ?

Je n’ai jamais douté de mon cheval. Tout le monde me disait : "Il n’a pas fini son parcours de rentrée, est-ce que tu vas le courir dans le Grand Steeple ?" Vous vous mettez alors à douter. Mais nous l’avons emmené à Maisons-Laffitte, nous l’avons galopé à Senonnes, et à chaque fois, nous n’avons pas pu faire un gros travail. S’il gagne, c’est que c’est un crack.

Vous avez quand même dû faire un travail extraordinaire pour l’avoir au top sans une vraie course de préparation…

Je ne peux pas dire cela. C’est un travail d’équipe. Il y a une très bonne équipe derrière moi, mon mari Philip qui le monte le matin... Nous réfléchissons tous les matins à ce que nous allons faire. C’est exceptionnel.

Avez-vous douté de la participation du cheval au Grand Steeple ?

Juste après la course de Compiègne, je me suis demandé si c’était mieux de faire une autre course puis le Prix La Haye Jousselin (Gr1). Mais c’est un cheval qui a eu des soucis de jambes et je me suis dit que ça serait bête qu'il lui arrive quelque chose pour rien. Philip et Bertrand m’ont dit qu’il fallait aller sur le Grand Steeple. Parfois, il vaut mieux faire une petite bêtise pour la rentrée que le jour J. Bertrand a vu ce qu’il aurait pu changer suite à sa chute dans le Prix de Ranville. Et nous aussi. Nous savions que le cheval avait la qualité pour le faire.

Comment avez-vous vécu la course ?

Nous nous sommes dit que nous partirions cool, mais pas forcément en dernière position. Il a reculé et s’est retrouvé à une ou deux longueurs du peloton. Mais j’avais confiance car Bertrand ne bougeait pas trop et je me suis dit qu’il devait être à l’aise. De plus, je sais qu’il a un super finish. S’il n’est pas trop loin, il peut finir très vite. Quand je l’ai vu très bien sauter le rail-ditch et le moyen open-ditch ensuite, qu’il est venu sur les leaders, j’ai pensé que s’il ne craquait pas, il serait dur à battre. J’avais juste peur des derniers mille mètres. Mais en fait, il a fini mieux que les autres et la fraîcheur l’a aidé.

Qu’avez-vous ressenti au passage du poteau ?

C’est un rêve ! J’avais imaginé ce moment-là, mais j’avais peur d’être déçue. C’est un grand moment pour moi. Je suis une jeune femme anglaise, je n’ai pas une grande écurie, je n’ai que vingt chevaux et nous travaillons beaucoup, comme tous les entraîneurs. Aujourd’hui, nous sommes récompensés. Je remercie les propriétaires et éleveurs qui ont été très fidèles. Ils sont chez nous depuis des années et nous font confiance.

Avec cette victoire, vous rejoignez au palmarès votre mari Philip, qui a gagné deux fois l’épreuve en tant que jockey avec Princesse d’Anjou…

Oui (rires) ! Il n’est pas venu aujourd’hui car il était trop stressé. Il m’a dit qu’il préférait regarder la course à la télévision pour être tranquille. Je suis un peu déçue qu’il ne soit pas là, mais il sera content quand même ! Je sais exactement ce que vaut un Grand Steeple grâce à lui. Je l’ai appelé, mais il ne répondait pas ! L’an dernier, il était là quand Docteur est tombé… En ce moment, on se lève tous les matins en pensant à Docteur, et il a une telle confiance en ce cheval qu’il avait peur d’être très déçu !

À partir de quel moment vous êtes-vous dit que Docteur de Ballon sortait de l’ordinaire ?

Philip et moi en avons justement parlé cette semaine ! À 4ans, avant de débuter, il travaillait mieux qu’Astre de Ballon qui a ensuite gagné une Listed à Auteuil. Nous savions que Docteur de Ballon était un cheval sympathique. Il a débuté par une sixième place en étant vert, en sautant gros. Pour son troisième parcours, il a couru une Listed, courant bien. Puis il a débuté victorieusement en steeple à Bordeaux, de belle manière. Nous savions qu’il était bon. Il est petit, mais il est souple et c’est un bel athlète qui croit en lui. Il sait qu’il est le meilleur. Il aime montrer cela. Dès qu’on lui met la bride, il a envie d’aller travailler. Il fait tout, tout seul. Je n’y suis pour rien (rires) !

Faut-il toujours le mettre dernier pour qu’il fasse sa performance ?

Il ne doit pas obligatoirement attendre, mais c’est un point fort de dormir et de placer un énorme sprint comme il sait le faire. Sur une distance de 6.000m, il vaut mieux faire cela. S’il peut suivre tranquillement, c’est un énorme point fort. Il a de la vitesse, on le sait.

La récompense après trente-cinq ans pour Robert et Monique Gasche-Luc

Robert et Monique Gasche-Luc ont vécu leur plus grand moment de propriétaires et d’éleveurs. Après avoir commencé avec les trotteurs, ils sont apparus sur la scène de l’obstacle il y a plusieurs décennies. Et après trente-cinq ans dans le monde des courses, ils ont décroché le Graal de l’obstacle. Très ému, Robert Gasche-Luc nous a déclaré : « Nous savions qu’il était bon, mais de là à faire cela et à gagner… Il a fini fort. Avec ma femme, nous ne regardons jamais les courses ensemble, au même endroit. Je suis vraiment ravi. C’est un cheval extraordinaire. Nous avons commencé en 1985 dans les trotteurs... C’est magnifique ! C’est un cheval que nous avons élevé, avec les vaches, ce que je recommande à tout le monde ! »

Une drôle d’année pour Bertrand Lestrade

En début d’année, Bertrand Lestrade et Guillaume Macaire se sont séparés. Le premier nommé a donc dû se refaire une clientèle, tout en travaillant étroitement avec François Nicolle. Felix de Giles, habituel jockey de Docteur de Ballon, étant retenu pour monter la regrettée Ébonite (Khalkevi), Bertrand Lestrade a donc été appelé pour le fils de Doctor Dino. La première rencontre en piste entre le jockey et le cheval a été décevante, mais le couple a répondu présent le jour où il le fallait. Bertrand Lestrade a déclaré au micro du cheval émetteur sur Equidia : « Le cheval avait déjà montré beaucoup de potentiel. J'ai eu la chance que Louisa et Philip me bloquent dès la mi-août. Ça met en confiance. Malgré une rentrée où je suis tombé, nous nous sommes concertés et nous avons rebossé à Maisons-Laffitte. Philip l'avait travaillé à Senones. Je savais qu'il fallait juste du sang-froid. Je ne doutais pas de moi, je savais qu’il fallait attendre. Je suis vraiment content car je pense avoir fait ce qu'il fallait et il était surtout le meilleur aujourd'hui. » Malheureusement, le jockey s’est blessé en tombant avec Dakota de Beaufai (Antarctique) en fin de réunion.

Dans le clan des placés

Figuero donne un peu de réconfort à l'équipe Nicolle. François Nicolle a vécu un vrai ascenseur émotionnel dans ce Grand Steeple. Il présentait Bipolaire, Figuero et Poly Grandchamp (Poliglote). Bipolaire est tombé au gros open-ditch alors qu’il était logiquement bien en course. Figuero a attendu dans la seconde moitié du peloton et il s’est rapproché pour prendre la tête comme un gagnant au dernier passage en face. Il a longtemps fait figure de vainqueur et François Nicolle a dû penser qu’il tenait son premier Grand Steeple. Mais Figuero n’a rien pu contre l’accélération de Docteur de Ballon. Il a terminé bon deuxième, à 5ans, un an après la deuxième place de Bipolaire dans le Grand Steeple. Quant à Poly Grandchamp, il a fini neuvième. Forcément déçu, François Nicolle nous a déclaré : « En arrivant sur le gros open-ditch, à mon avis Bipolaire était trop détendu. Il ne s'est pas enlevé. Parfois, les vieux font des erreurs. On n'est pas habitué à le voir tomber. C'est un super sauteur, mais il était trop dans sa bulle. On va courir la Haye Jousselin avec lui. Poly Grandchamp a couru il n'y a pas très longtemps et peut-être qu'il a manqué d’un peu de fraîcheur. Mais ce n'est pas grave. Nous avons essayé ce Gr1, mais à ce niveau, il est un peu limité. À présent, après discussion avec Xavier Papot, nous allons certainement viser le Grand Steeple de Pau. Figuero, c'est très bien. J'y ai cru quand il a sauté la dernière, mais Docteur de Ballon, qui est un très bon cheval, il ne faut pas l’oublier, l'a filé et il est venu le chercher pour finir. Bravo, c'est du bon boulot. Figuero a son billet pour le Grand Steeple l'année prochaine. En espérant que tout aille bien, il finira par en gagner un. »

Feu Follet ** répond présent. Cela fait plusieurs mois que Guillaume Macaire voit en Feu Follet ** (Kapgarde) un cheval de Grand Steeple. Et le représentant de la casaque Pilarski lui a donné raison. Vite à la pointe du combat en sautant à la perfection, il a été très dur jusqu’au bout en se classant bon troisième. À 5ans, comme Figuero, il a tout l’avenir devant lui.

Carriacou une nouvelle fois à l’arrivée. Fidèle à son habitude, Carriacou a longuement patienté avant venir avec des ressources sur la piste extérieure. Il a été très courageux dans la ligne droite, mais n’a pu faire illusion pour la victoire. Il a terminé quatrième et a donc fait l’arrivée du Grand Steeple pour la troisième fois. En 2017, il était troisième et il s’était donc imposé en 2019. Son entraîneur, Isabelle Pacault, nous a dit : « Je n'ai pas grand-chose à lui reprocher. Le terrain est quand même collant, mais il n'a pas fait de fautes. Et puis c'est une femme qui gagne, alors on va dire qu'on est solidaire (rires) ! Je suis ravie pour Louisa. Mon cheval est bien rentré, il s'est bien arrêté, il trotte bien. Jonathan Plouganou m'a dit qu'il était venu facilement en face, mais le terrain est meilleur à cet endroit. Le cheval a fait ce qu'il pouvait. Il est encore dans le coup, c'était son troisième Grand Steeple. C'est beau ! »

Carriacou a devancé la tenace Roxinela (Muhtathir), cinquième, et qui a donc fait l’arrivée du Grand Steeple pour la deuxième fois après sa quatrième place en 2019. Parmi les chevaux en vue, Roi Mage (Poliglote) a fait une faute au moyen open-ditch, un peu contrarié par Bipolaire en liberté. Dès lors, la course était finie pour lui.

PEDIGREE WEATHERBYS :

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/Docutheque/2020/Docteur-de-Ballon.pdf

Doctor Dino, toujours plus haut. Élevé par sa propriétaire, Monique Gasche-Luc, et la succession Michel Boulay, Docteur de Ballon est un fils de Doctor Dino (Muhtathir).  L’étalon du haras du Mesnil donc donné un cinquième lauréat de Gr1 sur les obstacles, après Sharjah (Matheson Hurdle, Ryanair Hurdle & Unibet Morgiana Hurdle), La Bague au Roi (Flogas Novice Chase & 32red Kauto Star Novices' Chase), Master Dino (Prix Renaud du Vivier & Prix Cambacérès) et Sceau Royal (Randoxhealth.Com Henry VIII Novices' Chase). Tout en sachant qu’il n’est pas passé loin d’une victoire au niveau Gr1 en plat avec Golden Legend (deuxième des E P Taylor Stakes, Gr1) et Physiocrate (deuxième du Prix de Diane, Gr1) !

Un deuxième Grand Steeple pour Phantom Breeze en père de mère. Docteur de Ballon est un fils de Nile Breeze (Phantom Breeze), titulaire de six victoires sur les obstacles pour 217.615 € de gains. La jument a eu quatre partants, trois gagnants et deux black types. Outre Docteur de Ballon, on lui doit Surdoué de Ballon (Turgeon), troisième du Prix Saint-Sauveur (L). Nile Breeze est une fille de Phantom Breeze (Vison), également père de mère de Milord Thomas (Prix Maurice Gillois, Prix La Haye Jousselin, trois fois & Grand Steeple-Chase de Paris). Bien que peu utilisé, Phantom Breeze a donné beaucoup de bonnes mères, à l’image de celles de Viking de Balme (Grand Steeple-Chase Ville de Deauville, L), Tiesto d'Authie (Prix Gaston Despres, Grand Steeple-Chase de Bordeaux & Prix General Donnio, L), Pythagore (Prix Georges Courtois, Gr2), Pibrac (Prix des Drags, Gr2), Grands Crus (Feltham Novices' Chase, Gr1), Le Richebourg (Racing Post Novice Chase & Arkle Novice Chase, Grs1)…

Une grande souche de l’obstacle français. La deuxième mère, Nile Bonheur (Turgeon), a remporté quatre courses dont trois sur l'hippodrome d'Auteuil, parmi lesquelles le Prix Pariscope (L). Elle est aussi montée sur le podium des Prix de Chambly et Sagan (aujourd’hui labélisés Groupes). Son meilleur produit est Nile Breeze

La troisième mère, Nile Palace (Crystal Palace), a produit deux black types, Nile Bonheur et Alberto de Ballon (Alberto Giacometti), deuxième du Grand Steeple-Chase de Clairefontaine (L) et également placé de Listed sur le steeple d'Aarau. Nile Palace est par ailleurs l’aïeule d’Astre de Ballon (Astarabad), gagnant du Prix Saint-Sauveur (L), de Scarlet Row (Turgeon), deuxième du Prix Maurice Gillois (Gr1), de Politologue (Poliglote), gagnant du Betway Queen Mother Champion Chase, du Betfair Tingle Creek Chase et du JLT Melling Chase (Grs1), Princesse Kap (Kapgarde), gagnante du Prix des Drags (Grs2)…

Il s'agit de la grande souche des N de la famille Wildenstein, celle de Néoménie (Rheffic), qui est l'une des pierres angulaires de l'élevage français des sauteurs. Elle est l'aïeule de pas moins de 35 black types, dont trois bons étalons d’obstacle : Nickname (Prix Alain du Breil, Prix Renaud du Vivier & Paddy Power Dial-A-Bet Chase, Grs1), No Risk at All (Coupe & Grand Prix de Vichy, Grs3) et Nom de d'La (Grand Prix de la Ville de Nice, Gr3) !

 

 

 

Elmaamul

 

 

Muhtathir

 

 

 

 

Majmu

 

Doctor Dino

 

 

 

 

 

Priolo

 

 

Logica

 

 

 

 

Salagangai

DOCTEUR DE BALLON (H8)

 

 

 

 

 

 

Vision

 

 

Phantom Breeze

 

 

 

 

Ask the Wind

 

Nile Breeze

 

 

 

 

 

Turgeon

 

 

Nile Bonheur

 

 

 

 

Nile Palace