Tribune libre : Un plan de relance pour l’obstacle

Autres informations / 24.10.2020

Tribune libre : Un plan de relance pour l’obstacle

Par Georges de Certaines, président des PP du Sud-Ouest

« Le projet de plan de relance du galop discuté par France Galop la semaine dernière est, pour le moment, un plan de relance du plat. Au cours des débats, Jacques Détré, le président du Conseil de l’obstacle, a annoncé qu’un exercice similaire devait être étudié et proposé pour la discipline des sauteurs. On ne peut qu’applaudir : l’obstacle a besoin de mesures spécifiques pour assurer son développement et trouver un nouveau dynamisme sur de nouvelles bases.

Comme cela a été le cas pour le plat, la relance doit reposer sur deux volets distincts, mais complémentaires. Un volet promotion des courses d’obstacle auprès des propriétaires et un volet de programme de courses.

(Re)trouver l’attractivité d’une réunion d’obstacle. Nous avons des arguments de promotion et, bien sûr, avant tout l’argument financier. S’il n’est pas rare, à l’arrivée de nos belles épreuves, de voir des représentants des courses anglaises venir faire la promotion du programme britannique, nous restons, de notre côté, très en retrait de ce genre de pratiques. À nous, par une politique de communication adaptée, de faire valoir nos atouts auprès des grands propriétaires ayant des effectifs en Angleterre comme en Irlande. À nous de faire valoir la qualité de nos centres d’entraînement et le talent de nos professionnels. À nous de mieux mettre en lumière nos programmes et, bien sûr, nos allocations, dont le différentiel, qui va encore sévèrement se creuser, est un argument, même si les propriétaires anglais de l’obstacle ne courent pas en priorité pour l’argent.

Une force de promotion avec quelques acteurs phares de l’obstacle français pourra être mise en place avec un budget opérationnel pour aller chercher de nouveaux clients. Les efforts entrepris depuis quelques années commencent à payer et le nombre de partants en obstacle le démontre. Mais c’est l’attractivité de nos réunions de courses, à Auteuil mais pas seulement bien sûr, qui doit être le cœur du projet : l’ambiance, la visibilité, la reconnaissance. Il nous faut nous réinventer sur la base de nos fondamentaux. Redonner un « air de fête » à nos belles journées du programme à Paris comme en région doit faire partie de ce désir de renouveau.

Afin de redonner une attractivité à nos réunions de courses, il va falloir se moderniser, travailler sur l’accueil, la restauration mais aussi sur les méthodes de communication. La communication aujourd’hui passe par les réseaux sociaux, par les influenceurs. Pour des sommes très raisonnables, vous atteignez plusieurs centaines de milliers de cibles potentielles en France comme à l’étranger. Il faudra utiliser ces nouveaux canaux de communication pour promouvoir les samedis d’Auteuil prévus dans le calendrier 2021 mais aussi sur les hippodromes régionaux.

Donner au propriétaire la certitude de trouver des occasions de courir. La restauration de l’attractivité immatérielle, la promotion internationale, la communication pour tout dire, c’est une mobilisation à assurer. C’était le rôle d’un FRBC dont on n’entend plus parler, peut-être à tort. Mais la relance ne pourra finalement venir que des programmes : à quoi bon promouvoir, à quoi bon donner envie, si les propriétaires n’ont pas d’occasion de courir ?

En 2019 et dans les contraintes budgétaires du moment, Jean d’Indy, alors président du Conseil de l’obstacle, avait proposé de verser une allocation pour les sixièmes et septièmes places. Cette idée n’avait pas été retenue au motif qu’elle n’était que peu incitative et qu’elle conduisait à un saupoudrage peu productif. L’objectif poursuivi était clairement d’améliorer à la marge la moyenne des partants dans les courses premium. Cette préoccupation n’a évidemment pas disparu mais elle ne peut constituer à elle seule un plan de relance.

La relance, ce sera de proposer aux propriétaires des circuits alternatifs à ceux – hyper élitistes – qui sont les nôtres aujourd’hui. Si c’était une question d’argent sur les meilleures courses d’Auteuil, on y est déjà et la question ne se poserait pas. L’enveloppe du plan de relance qui va être dégagée sera, pour l’obstacle, de 650.000 € en 2021 et 1,5 million en 2022. Son ambition doit être de proposer des opportunités nouvelles et de renforcer celles qui sont ouvertes à tous. Cela passera par des programmes régionaux en amont et, surtout, par des handicaps. 68 % des courses d’obstacle anglaises sont des handicaps : le propriétaire d’un cheval correct a en quelque sorte l’assurance de trouver des occasions de courir et d’avoir une chance. Il met un cheval à l’entraînement pour aller aux courses avec lui, pour participer à la compétition, à la fête. Reconstituer un tissu de propriétaires en partant de la base est un objectif de long terme auquel je crois que chacun peut souscrire.

Le courage, c’est de commencer avec le plan de relance à compléter les circuits d’excellence, qui concentrent les allocations, avec des courses intermédiaires et des handicaps bien dotés en province, et avec un relèvement des dotations pour les handicaps parisiens.

Redonner confiance aux acteurs de nos courses d’obstacle, mais à tous les acteurs, fixer des objectifs sur le moyen et sur le long terme au profit du dynamisme, tel doit être notre moteur pour que vive l’obstacle. »