Hubert Barbe : « Un marché ultra-sélectif mais très dynamique »

Institution / Ventes / 13.11.2020

Hubert Barbe : « Un marché ultra-sélectif mais très dynamique »

Hubert Barbe a été l’un des premiers courtiers français à développer le marché des chevaux d’obstacle vers l’Angleterre. Depuis cinq ans, il est chargé des achats français de J.P. McManus. Il est régulièrement parmi les top acheteurs de la vente d’automne.

Jour de Galop. - Comment caractériser le marché des chevaux d’obstacle cette année, avec le bouleversement que représente la crise sanitaire ?

Hubert Barbe. - Le marché est ultra-sélectif. Il a été très dynamique en début d’année, avant de se calmer un peu à la rentrée. Malgré le Covid, les transactions ont continué, même chez les foals, car les acheteurs ont leur circuit, et ils ont continué de tourner chez les éleveurs… Avec la reprise de la saison d’obstacle outre-Manche, la demande est repartie de façon très forte. En ce qui me concerne, les six victoires de la casaque McManus au festival de Cheltenham 2020 avec des chevaux achetés en France (Épatante, Easysland, Dame de Compagnie, Saint Roi, Sire du Berlais et Aramax) ont été d’une part l’aboutissement de notre politique de sélection, et ont d’autre part confirmé l’appétit pour les bons chevaux français.

Après la victoire d’Easysland, J.P. McManus a aussi investi dans des chevaux qu’il a laissés en France, ce qui n’était pas arrivé depuis quelques années…

Cela s’est tellement bien passé avec Easysland (Gentlewave) que J.P. McManus a souhaité remercier David Cottin en le lui laissant à l’entraînement. L’opportunité s’est présentée avec Mica Malpic (Hunter’s Light) et Hashtag Val (Cokoriko). Malgré la différence des allocations entre les courses outre-Manche et celles en France, qui s’est encore accentuée cette année, le rêve de tout propriétaire anglais ou irlandais reste de gagner les belles courses des grands festivals que sont Cheltenham ou Punchestown…

Comment appréhendez-vous la vente d’automne, qui va se dérouler dans des conditions particulières ?

Malgré les restrictions et la quarantaine qui les attend à l’arrivée, les acheteurs anglais et irlandais font le déplacement. Ce sera forcément un peu différent car l’accueil formidable qu’offre Arqana habituellement ne pourra pas être le même cette année. Ce sera moins festif, avec la fermeture des restaurants et des bars, mais tout aussi professionnel. Le catalogue est vraiment de qualité et très diversifié. L’ajout de la section élevage me permet de travailler pour tous mes portefeuilles.

Guy Petit : « Je pense qu’il y a une demande pour les chevaux à l’entraînement »

Courtier toujours très actif durant ces ventes d’automne, Guy Petit nous a donné son ressenti à quelques heures du coup d’envoi de celles-ci, dans un contexte très particulier.

Jour de Galop : - Que les ventes aient lieu est déjà une bonne nouvelle en soi, n’est-ce pas ?

Guy Petit : - La vente des chevaux à l’entraînement, c’est normalement ma vente de l’année, avec celle de juillet. C’est donc une très bonne nouvelle qu’elle soit organisée même si les conditions seront drastiques. Cela sera sûrement bien organisé et on fera ce qu’on peut avec ce qu’on a.

Comment appréhendez-vous le marché actuel ?

Pour les chevaux à l’entraînement, je pense qu’il y a une demande. Il y a des clients qui vont acheter et qui mettront peut-être moins qu’ils en ont l’habitude. 

Comment avez-vous préparé cela ?

J’ai notamment préparé ça vendredi après-midi en regardant la bonne rentrée de Fanion d’Estruval (Enrique) à Cheltenham, où il a fini deuxième de Magic Saint (Saint des Saints).

À vrai dire, je n’ai pas de stratégie particulière. Il faut voir les chevaux et surtout qu’ils aient un dossier véto suffisamment bon. On achète quand même avec les performances. Si un cheval est capable de bien courir avec son physique, il faut faire abstraction de certains défauts. J’ai appelé mes clients : on a fait le catalogue et on va regarder les dossiers vétos. On montera les enchères soit au téléphone, soit sur un prix déterminé d’avance avec les acheteurs. J’achèterai probablement moins de lots moins chers et ça sera sans doute plus ciblé sur des lots qui ont une certaine valeur. On va probablement acheter moins mais du meilleur.