James-Douglas Gordon nous a quittés

Autres informations / 13.11.2020

James-Douglas Gordon nous a quittés

C’est un véritable gentleman, un homme passionné, qui nous a quittés en la personne de James-Douglas Gordon. En vingt ans seulement, il avait monté l’une des meilleures écuries d’obstacle, petite par la taille, mais grande par la qualité, aidé de son courtier Bertrand Le Métayer et de ses entraîneurs. C’est par un concours de circonstances que James-Douglas Gordon a commencé son histoire dans le monde des courses d’obstacle françaises. Bertrand Le Métayer nous avait expliqué il y a deux ans : « Il est arrivé en l’an 2000 dans le paysage des courses françaises. Mon père, avant de mourir, avait acheté un cheval qui s’appelait Jondali, qui était un bon AQPS, dans le but de l’entraîner en Angleterre. Je ne connaissais pas James-Douglas Gordon. Mon père venait de nous quitter, Jondali arrive en Angleterre et je reçois un coup de téléphone de ce monsieur que je ne connaissais pas. Il me dit poliment que le cheval ne peut pas courir en Angleterre. La deuxième mère de Jondali était issue de l’insémination. Dans les règles de courses en Angleterre, il n’avait donc pas le droit de courir. Un peu gêné, je me suis retrouvé avec Jondali et j’ai dit à James-Douglas Gordon de le renvoyer et que j’allais essayer de le vendre. C’était un magnifique grand alezan, qui était un bon cheval de course. C’était un concours de circonstances, il y avait la fièvre aphteuse, le cheval ne pouvait pas courir outre-Manche. J’avais appelé Marcel Rolland, la première personne à qui j’ai pensé et, depuis, nous avons eu de belles histoires ensemble. Le cheval est revenu en France, j’ai essayé de le vendre sans succès. Je lui ai proposé de le mettre à l’entraînement en France chez Marcel Rolland. Il m’a dit : "Pourquoi pas !" Ça a été le début d’une belle histoire. Progressivement, il a adoré le système français et pendant longtemps il n’a pas réinvesti dans les chevaux car les gains d’Auteuil lui permettaient de tourner. Nous n’avons jamais eu de gros effectifs. Il y a eu une période de vaches maigres pendant trois ou quatre ans. Sinon, il a toujours eu peu de chevaux, mais de bons éléments. C’est quelqu’un de confiance, très fidèle. »

Une pléiade de très bons chevaux. James-Douglas Gordon a réussi son objectif d’avoir peu de chevaux, mais de qualité. Il les a fait courir en son nom propre avec sa casaque orange parée de losanges bleus ou sous JDG Bloodstock Services et ses couleurs bleues avec des losanges oranges. Le fameux Jondali (Beyssac), son tout premier cheval en France, a conclu troisième du Prix du Président de la République (Gr3). Il a aussi été le propriétaire ou copropriétaire de Crystal Beach (Network), lauréat du Prix Murat (Gr2) entre autres, des vainqueurs du Prix Cambacérès (Gr1), à savoir Beaumec de Houelle (Martaline) et récemment l’impressionnant Thélème (Sidestep), Liberté d’Aimer (Lord du Sud), deuxième du Prix Alain du Breil (Gr1), Kapdam (Kapgarde), Janville (Kadalko), Spinozzar (Spider Flight), lauréat du Prix Général de Saint-Didier (Gr3), Klark (Mansonnien), Karlak (Westerner), Petit Tracy (April Night) et bien sûr le champion Bonito du Berlais (Trempolino), lauréat de six Groupes dont le Prix Cambacérès. Ses principaux entraîneurs ont été Marcel Rolland, Arnaud Chaillé-Chaillé, Nicolas Bertran de Balanda ou encore David Cottin.

À sa famille ainsi qu’à ses proches, Jour de Galop adresse ses condoléances les plus sincères.