Le magazine : C'est déjà demain, le PMU en mode agile

Institution / Ventes / 30.11.2020

Le magazine : C'est déjà demain, le PMU en mode agile

La quatrième révolution informatique du PMU est en cours. Avec elle, l’opérateur va gagner en puissance, en souplesse, en réactivité… et coller au plus près aux attentes de ses clients. Un énorme challenge détaillé par Stéphane Zantain, directeur des opérations et des systèmes d’information du PMU.

Par Guillaume Boutillon

La première révolution informatique du PMU a été lancée pour permettre la multiplication du nombre de courses supports de paris – avec un enchaînement plus rapide entre les épreuves. C’était le projet Pégase, qui a notamment permis d’enregistrer les paris et de calculer les gains plus rapidement. Il a été un vecteur clé de la croissance du PMU au début des années 2000. La deuxième révolution a été la mise en place des bornes. Ce pari était loin d’être gagné à l’époque. Mais aujourd’hui, elles représentent 60 % des jeux en point de vente ! La troisième révolution a été l’apparition du digital. Les ventes en ligne ont cru lentement, pour longtemps stagner à 10 % du chiffre d’affaires du PMU ; c’est désormais 15 % (+ 50 % !!!) grâce à la forte poussée de 2020. Et le chiffre sera sans doute revu à la hausse d’ici la fin de l’année…

Stéphane Zantain, directeur de l’informatique du PMU depuis un an et demi : « Ces trois révolutions ont été transactionnelles : elles reposaient sur l’accès aux paris. La quatrième révolution, que nous allons vivre, est différente et nouvelle. Elle repose sur l’expérience client. » 

L’informatique, plus qu’une fonction support. L’informatique joue un rôle décisif dans un domaine où on ne l’attendait pas forcément, comme l’explique Stéphane Zantain : « Pour nous, désormais, le sujet principal est un sujet d’expérience client : il faut que tout soit plus fluide, plus cohérent et plus simple. Nos enjeux sont de mieux s’adresser aux clients, mieux les accueillir sur les sites et leur offrir la meilleure qualité de navigation et d’expérience et ça, aujourd’hui, ça repose sur de l’informatique. Par ailleurs, du point de vue technologique, nous allons faire quelque chose qui existe très peu sur le marché, à savoir du développement en commun entre les applications web et les applications sur mobile, tout en maintenant le même degré d’exigence, à l’image de Facebook ou d’autres grands du digital actuels. Cette refonte du site et des applications sera opérationnelle au printemps prochain et permettra d’avoir exactement la même expérience, que l’on soit sur ordinateur, web mobile ou application. »

De nouvelles bornes et terminaux d’ici un an. La transformation technologique opérée au PMU se verra également dans les 13.200 points de vente. « De la même manière, nous voulons pour les partenaires points de vente, passer d’une logique purement transactionnelle avec un terminal complexe à manier, à une logique d’amélioration de l’expérience et de simplification. La première étape a lieu en ce moment, avec la mise en service d’un nouveau terminal "pilote" dans un point de vente pour pouvoir faire des essais en "prod" [ce qui revient à mener un test in situ à petite échelle, ndlr], avec comme objectif de pouvoir déployer dans une centaine de points de vente vers le milieu de l’année 2021 et d’avoir fini en fin d’année le volet terminal du projet. C’est un projet lourd : 20.000 équipements, présents majoritairement dans nos 13.200 points de vente. Les bornes seront également plus cohérentes avec ce que nous allons déployer au niveau du web et du mobile. Nous menons tous ces chantiers de transformation afin d’unifier l’expérience du client quel que soit le vecteur, tout en la rendant plus simple, plus cohérente et plus rapide, et nous faisons de même pour le point de vente partenaire qui doit enchaîner les prises de paris quelques minutes avant le départ d’une épreuve. Cette transformation digitale permettra également de déployer plus rapidement les évolutions et modifications. Nous pourrons aussi davantage mettre en avant les promotions ou tout simplement créer davantage d’interaction avec les clients, avec plus de personnalisation. »

Une équipe de 350 personnes. Le système informatique gère à la fois les expériences de paris des clients et le système lui-même de gestion des paris. Et il a besoin d’évoluer : « Premièrement, les technologies sont un peu anciennes. Deuxièmement, et c’est important, l’amélioration du système va nous donner plus de souplesse, détendre nos contraintes, comme par exemple pouvoir proposer la prise de paris dès la veille de la course ou encore pouvoir réduire le délai de paiement d’un pari. Avec un système informatique plus moderne, tout cela devient possible. Plus largement, la question est : comment fait-on aujourd’hui une nouvelle informatique exigeante ? Cela passe par l’usage du Cloud, de micro-services, tout en conservant des problématiques de performance importantes liées à notre activité car, en pic, le PMU gère 2.000 transactions par seconde… Il faut que ça tienne ! Cela passe également par un vrai travail d’équipe avec environ 200 personnes en interne et 150 personnes en externe. L’informatique est un artisanat que l’on fabrique en équipe. Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas une activité totalement industrialisée. L’enjeu est de constituer des équipes hyper pointues, de leur offrir un super environnement technologique, dans des logiques agiles et avec des sujets tant au niveau de l’expérience que de la performance. Cet environnement et ces sujets, nous les avons au PMU. »