Les yearlings européens face au Covid

International / 24.11.2020

Les yearlings européens face au Covid

Par Franco Raimondi

Le chiffre d’affaires des ventes de yearlings en Europe durant cette année marquée par le Covid a baissé de 20,8 % et s’est fixé à 284,95 millions d’euros. Le prix moyen est peut-être un indicateur un peu bizarre quand on mélange les yearlings de book 1 et ceux des ventes du troisième tiers du marché, mais il nous offre une petite consolation car le recul est de 8,2 % à 61.734 €. Le taux de vendus (79,1  %) a perdu un point sur 2019.

Les grands indicateurs par pays

Pays Offre 2020 Évol. Vendus 2020 Évol. C.A. 2020 Evol. Prix moyen 2020 Évol.
France 1.340 - 16,50 % 1.075 - 17,10 % 57.968.500 - 21,60 % 53.924 - 5,40 %
Angleterre 2.711 - 5,90 % 2.234 - 3,70 % 182.846.004 - 15,00 % 81.846 - 11,80 %
Irlande 1.412 - 24,30 % 1.057 - 30,50 % 35.978.448 - 40,00 % 34.034 - 15 %
Allemagne 236 19,80 % 157 7,50 % 6.495.500 - 21,20 % 41.372 - 30,10 %
Italie 129 18,30 % 87 4,80 % 1.666.000 - 31,30 % 19.149 - 34,60 %
Total 5.828 - 12,50 % 4.610 - 13,80 % 284.954.452 - 20,90 % 61.734 - 8,30 %

L’Irlande a payé le plus lourd tribut. Le bouleversement du calendrier et les protocoles Covid ont surtout affecté le marché irlandais. Goffs et Tattersalls Ireland n’ont eu d’autre choix que de déplacer leurs ventes respectivement à Doncaster et Newmarket. C’est surtout pour les petits éleveurs que ce fut difficile à gérer. Les coûts de transport et les difficultés logistiques ne sont pas un détail quand on doit vendre un yearling à 10.000 €.

La seule vente qui a eu lieu en Irlande (mais en ligne) a été Goffs Automne. Au total, 1.412 sont passés en vente, soit 24 % de moins qu’en 2019, pour 1.057 vendus, alors qu’en 2019, les Irlandais avaient trouvé à domicile les clients pour 1.500 lots. Le C.A. des ventes prévues en Irlande a baissé de 40 % alors que le prix moyen a chuté de 15 %.

La France garde sa place. Les éleveurs français n’ont pas été obligés de se déplacer, mais la formule qui marchait très bien avec ses cinq ventes, chacune avec son créneau et sa clientèle, a dû être repensée. Arqana et Osarus ont fait le maximum pour réduire l’impact mais les yearlings qui sont passés sur les rings ont logiquement vu leur prix baisser comme tous les autres indicateurs, mais de façon moins brutale qu’en Irlande. Avec moins de poulains à vendre et les limitations des voyages des étrangers, la baisse du C.A. était logique. Les 1.075 yearlings vendus en France ont généré 57,96 millions, avec une baisse de 21,6 %, mais la valeur du produit, c’est-à-dire le prix moyen des yearlings, a perdu 5,4 % en se fixant à 53.294 €. La France a gardé sa part sur le marché européen qui est autour de 20 % du C.A. global.

L’Angleterre résiste bien. L’Angleterre est le pays qui s’est le mieux sorti de la crise. Le C.A. (182,84 M€) a perdu 15 % mais les ventes anglaises ont généré 64,1 % du total européen, alors qu’en 2019 cette proportion était de 59,8 %. Les malheurs des Irlandais ont fait le bonheur des Anglais qui a ont la chance d’avoir un calendrier des ventes presque inchangé, sauf le déplacement de Tattersalls Ascot à Newmarket. Goffs UK a payé le prix le plus cher, avec une baisse de ses deux ventes de yearlings de presque 40 %. Doncaster Premier avait un catalogue plus réduit et sa deuxième session, la Silver, a été décalée avec une grosse perte des yearlings à vendre. Les deux ventes en 2019 avaient une offre de 608 yearlings, dont 501 ont trouvé preneurs, pour un C.A. de 21,69 millions. Cette année, sur 454 lots, 371 ont été vendus pour 13,11 millions.

L'écart avec les États-Unis s’est réduit. L’Europe malgré tout a sauvé les meubles par rapport aux États-Unis. Le C.A. généré par les yearlings américains a chuté de 30,3 % à 371,23 millions de dollars (312,69 M€) et le prix moyen de 19,4 % à 67.168 $ (56.611 €). La baisse de l’offre aux États-Unis a été la même qu’en Europe, autour de 12 %, et le taux de vendus (73,9 %) n’a pas beaucoup changé par rapport à 2019. La différence entre le marché américain et celui du Vieux Continent s’est réduite cette année. Le C.A. américain en 2019 (en euros) était de 448,38 millions, soit 24,6 % de plus qu’en Europe. Cette année l’écart est de 9,7 %.