Ph. Carberry : « Docteur et Princesse se ressemblent »

Courses / 30.11.2020

Ph. Carberry : « Docteur et Princesse se ressemblent »

En réussissant dimanche le doublé Grand-Steeple-Chase de Paris & Haye Jousselin, Louisa Carberry a imité son mari, Phil, qui l’avait réalisé quatorze années plus tôt en selle sur Princesse d’Anjou.

Par Emmanuel Rivron

Jour de Galop. – Comme lors de la victoire de Docteur de Ballon dans le Grand Steeple, vous êtes resté à l’écurie. Pourquoi ?

Philip Carberry. – Avec la restriction Covid d’une personne par cheval, je suis resté à Senonnes pour faire l’écurie. J’avais beaucoup de pression avant la course. J’ai pu l’encourager avec ma fille de 3 ans, Sophie, très heureuse également.

Comment avez-vous vécu ce succès ?

Dimanche, il n’a pas tout bien sauté. Je savais que la course serait plus dure car le terrain était plus collant. Mais Bertrand et Docteur sont tous les deux des "Warriors". Bertrand l’a monté à la perfection, gardant beaucoup de gaz pour finir. Malgré le terrain, il a gagné. C’est incroyable.

Comment avez-vous préparé ce deuxième Gr1 en six semaines ?

Cette année est très particulière. Nous avons donc abordé la préparation jour après jour. Quarante-huit heures après le Grand Steeple, Docteur nous a montré qu’il était encore à 100 %. Il n’était pas fatigué et avait beaucoup de gaz à l’entraînement. Le cheval avait vraiment récupéré très, très vite. Nous n’avions donc aucune raison de ne pas courir la Haye Jousselin. Après le Grand Steeple, il a progressé chaque jour. Il était d’ailleurs plus "fit" dimanche dernier.

En tant que jockey, vous aviez également réalisé ce doublé Grand Steeple & Haye-Jousselin en selle sur Princesse d’Anjou. Quelles sont les comparaisons possibles entre Princesse et Docteur ?

Ces deux champions se ressemblent. Princesse était plus petite que Docteur. Mais tous les deux sont dotés d’un grand cœur. De toute façon, pour gagner une telle course, il faut avoir l’esprit de la gagne.

Qui travaille Docteur de Ballon le matin ?

Entre le Grand Steeple et la Haye Jousselin, c’est plutôt moi qui l’ai monté. Mais Louisa s’en est également occupée. La semaine dernière, je l’ai sauté mardi et vendredi. On ne le saute pas beaucoup, mais il aime cela car ainsi il sent la course arriver. Nous le trouvions super bien tous les deux. On pense et on parle de Docteur au quotidien. C’est vraiment un beau cadeau pour l’écurie.

Aviez-vous vite vu à l’entraînement qu’il sortait du commun ?

Quand il avait 3ans, j’avais fait une vidéo drôle dans un paddock en écrivant "Docteur de Ballon, le champion". Il travaillait et sautait très bien. La première fois qu’il a couru à Auteuil, son aîné de 3ans, Astre de Ballon (Astarabad), finissait quatrième le même jour. Deux courses plus tard, lors du même après-midi, j’étais moi-même en selle sur Docteur. Je m’étais alors dit que j’allais gagner facilement puisqu’il travaillait mieux qu’Astre le matin. Il n’en a rien été puisque Docteur finissait septième : il avait juste besoin de prendre de l’expérience.

Comment est Docteur le matin au travail ?

Docteur est très facile, vraiment très réactif. Chaque matin, il est comme un 3ans. Il est très léger, il aime le travail. C’est un cheval de rêve ! Il adore notamment son grand paddock où il se roule et aime jouer chaque matin. Il aime la vie tout simplement ! Et pourtant, il a connu quelques arrêts de carrière. En 2019, il avait eu un petit souci au ligament et il avait fallu l’arrêter. Cela avait été dur pour nous mais c’est la vie des courses. Il fallait juste se montrer patients et le mettre au repos à la maison. Il n’a d’ailleurs plus quitté l’écurie depuis qu’il est arrivé à l’entraînement.