Tribune libre : plus de handicaps sur les obstacles ? Non, merci !

Courses / 30.11.2020

Tribune libre : plus de handicaps sur les obstacles ? Non, merci !

Il a été décevant de lire dans Jour de Galop que certains sont en faveur d’une augmentation du nombre de handicaps sur les obstacles. Je me demande s’ils ont bien réfléchi aux conséquences !

La Grande-Bretagne et l’Irlande ont été citées comme deux exemples où une grande majorité des courses d'obstacle sont des handicaps. Cependant, il est loin d’être vrai que cela fonctionne bien dans ces pays, ou qu’il serait facile de transférer cela au système français.

Il faut accepter que si les principales occasions de gagner deviennent les handicaps, il y aura inévitablement une perte d’intégrité avec des chevaux qui feront le tour afin d’avoir leur poids réduit. En Grande-Bretagne, une fois que les chevaux ont gagné, ils peuvent passer un an à courir à l'arrière-garde afin de réduire leur poids. Et si le poids alloué est injuste ? En France, heureusement, on peut opter pour des courses à conditions, mais si celles-ci deviennent moins ou pas disponibles, le cheval devra faire le tour ou être transféré dans les point-to-points… Mais cette option n’existe pas en France.

En Grande-Bretagne et en Irlande, les point-to-points sont courus exclusivement sous forme de courses à conditions. Le système fonctionne bien et avec beaucoup plus d’intégrité que dans la sphère professionnelle.

Alors pourquoi y a-t-il tant de handicaps dans ces deux pays ? Historiquement, il y a toujours eu des handicaps et ceux-ci ont augmenté sous la grande influence des bookmakers. Les bookmakers ont incité la British Horseracing Authority à avoir plus de handicaps parce que la taxation, depuis 2001, est maintenant basée sur les bénéfices plutôt que sur le chiffre d’affaires, comme avant. Ils veulent donc plus de handicaps qui donnent plus de résultats aléatoires et rendent donc les choses plus difficiles pour les turfistes. Heureusement, en France, le PMU base son activité sur le chiffre d’affaires et non sur la marge bénéficiaire sur des cotes fixes. Il y a donc un équilibre plus équitable entre le PMU et les turfistes.

En France, non seulement il y a les deux disciplines des haies et du steeple, mais il y a une variation beaucoup plus grande dans les obstacles qu’en Grande-Bretagne et en Irlande. Il est donc plus difficile d’attribuer une juste valeur handicap. Quant aux cross country, ne fonctionnent-ils pas bien sans les handicaps ?

J’espère que le bon sens prévaudra et que l’excellente structure des courses françaises sur les obstacles sera maintenue, avec un minimum de handicaps.

Peter Stevens

Propriétaire, éleveur, historien