Vente d'automne Arqana : Nicolas Bertran de Balanda : « La demande est toujours très soutenue pour les bons chevaux »

Institution / Ventes / 14.11.2020

Vente d'automne Arqana : Nicolas Bertran de Balanda : « La demande est toujours très soutenue pour les bons chevaux »

VENTE D’AUTOMNE ARQANA

Nicolas Bertran de Balanda : « La demande est toujours très soutenue pour les bons chevaux »

Celui qui fut l’entraîneur de Gemix est devenu l’un des courtiers les plus importants de l’obstacle français. Son nom apparaît régulièrement parmi les top acheteurs de la vente d’automne.

Jour de Galop. - Comment caractériser le marché des chevaux d’obstacle cette année, avec le bouleversement que représente la crise sanitaire ?

Nicolas Bertran de Balanda. -  J’ai du mal à m’exprimer sur le marché des foals et son évolution car ce n’est pas forcément celui sur lequel je suis le plus actif. Sur celui des chevaux à l’entraînement, où je le suis plus, on voit que malgré le contexte, la demande est toujours très soutenue pour les bons chevaux. Un cheval qui s’annonce comme un gros espoir est toujours aussi demandé qu’avant. Une partie de notre activité correspond au secteur du luxe. C’est-à-dire à des gens qui ont des moyens importants et qui ont probablement été moins affectés par la crise.

Comment appréhendez-vous cette vacation ?

Concernant la vente de novembre, je n’avais pas de clients qui avaient prévu de se déplacer. Cela ne va donc pas changer ma manière de travailler. Beaucoup d’étrangers sont attendus. C’est déjà formidable de pouvoir travailler et il faut remercier les agences de vente. Grâce à elles, ces ventes vont avoir lieu. Et c’était tout sauf simple sur le papier !

Comment expliquer la solidité du marché des chevaux à l’entraînement ?

La passion de ces propriétaires est restée intacte et pour gagner de belles courses lors des meetings importants, il faut acheter des chevaux. Leur dynamisme est une très bonne nouvelle pour la filière de l’obstacle français, au moment où nous traversons tous une période d’incertitude. Nous avons un bon élevage, un bon système de sélection qui fait toujours ses preuves. Gagner une course black type à Compiègne ou à Auteuil demande beaucoup de qualité. Cela donne de la valeur à notre caractère gras.

En France, on voit apparaître de nouveaux noms dans les belles épreuves…

La force du marché de l’obstacle suscite des vocations chez les éleveurs français. L’investissement y est plus accessible. On voit aussi la réussite de nouveaux acteurs dans l’entraînement et l’étalonnage. C’est une dynamique positive. On voit de grandes casaques du plat chez François Nicolle. C’est une bonne promotion pour l’obstacle français.

Une histoire comme Gemix (Carlotamix) – en piste et désormais au haras – fait rêver les gens. À titre personnel, voir ce cheval que j’ai entraîné produire un champion comme Le Berry ** a une saveur toute particulière. C’est fantastique. David Cottin est aussi doué en tant qu’entraîneur que ce qu’il fut en tant que jockey. Le fait que Monsieur McManus lui laisse des chevaux représente là encore une très bonne promotion pour la filière française. Ceci étant dit, les grands propriétaires anglo-saxons n’investissent pas dans les courses d’obstacles pour obtenir un retour financier. Ils veulent gagner les grandes courses à domicile, pour l’atmosphère et le prestige. Si le prix des chevaux d’obstacle était indexé sur les allocations… il ne serait pas le même.

Je profite de cet article pour rendre hommage à Monsieur Gordon qui vient de nous quitter. J’ai eu la chance d’entraîner pour lui, en particulier Liberté d’Aimer (Lord du Sud) et Crystal Beach (Network). C’était une personne d’une grande gentillesse. Un vrai passionné. Il va nous manquer. Ce fut un plaisir que d’avoir la chance de le connaître et un honneur de travailler pour lui.