Jérôme Reynier, une ambition internationale

Courses / 26.11.2020

Jérôme Reynier, une ambition internationale

On dit que le talent n’attend pas le nombre des années. Mais c’est certainement aussi le cas pour l’ambition. Et pour un (jeune) entraîneur ambitieux, en France, il est indispensable d’attirer l’attention des propriétaires étrangers. Les Grs1 anglais et allemands de Francis-Henri Graffard ont par exemple considérablement renforcé son aura auprès des grandes casaques étrangères. Et pourtant, il est aussi entraîneur classique dans notre pays. Depuis le début de l’année 2019, Jérôme Reynier a mis sur pied une véritable offensive internationale. Quatre de ses 13 derniers succès black types ont été acquis hors de France.

Ces dernières années, le nombre de chevaux français au départ d’épreuves black types à l’étranger est régulièrement en baisse. À contre-courant, le Marseillais passé par le Godolphin Flying Start multiplie les déplacements internationaux avec succès : Qatar, Angleterre, Italie, Bahreïn… et à présent Hongkong. Le 13 décembre, en Asie, il sera le seul professionnel français de la réunion. C’est une performance en soi, car il est n’est pas l’entraîneur tricolore avec l’effectif le plus fort. Royal Julius (Royal Applause) et Skalleti (Kendargent) ont par exemple été acquis 40.000 € et 85.000 € sur le ring d’Arqana.

Voyageurs en partance pour Hongkong, attachez vos ceintures…

L’opération Hongkong de l’équipe Reynier est lancée. Jeudi, l’entraîneur et son personnel ont été testés négatifs. Et ils le seront encore mercredi avant le départ. La logistique du déplacement de Skalleti (Kendargent) et Royal Julius (Royal Applause) est assez complexe, mais l’année du Covid rien n’est vraiment simple. Jérôme Reynier nous a confié jeudi après-midi : « Les chevaux feront le voyage en avion de Liège à Hongkong, via Doha. Et ils arriveront de bonne heure à Sha Tin le dimanche avant la course. Nous suivrons la même route. Et nous serons testés une nouvelle fois lors de l’arrivée. Après huit heures de voyage, nous rejoindrons finalement notre hôtel, à côté de l’hippodrome. Nous resterons dans notre chambre, en sortant seulement trois fois par jour : uniquement pour s’occuper des chevaux. C’est un protocole très strict et cela va nous priver de toute l’ambiance de cet événement qui est très sympa d’après ce que l’on m’a raconté. Même aux courses, nous ne pourrons pas nous regrouper. Il faut faire avec. Mais le but de ce déplacement n’est pas le tourisme, c’est surtout de gagner des courses… »

Un voyage de seize heures. Skalleti et Royal Julius se portent bien, ils ont gardé une belle condition et continuent leur préparation à Calas. Jérôme Reynier nous a expliqué : « Les deux chevaux vont très bien. À ce stade de la saison, il faut juste entretenir leur condition. Le long voyage, seize heures, reste un point d’interrogation. Mais avec des chevaux d’âge très expérimentés, c’est plus jouable. Il ne nous reste qu’à attendre le jour J. Et à patienter dans notre hôtel... Pierre-Charles Boudot montera les deux. »

Un bon train de course, s’il vous plaît… Les deux épreuves sont de bon niveau : comme toujours. Dans la Hong Kong Cup (Gr1), Skalleti sera opposé à Magical (Galileo). Le représentant de Jean-Claude Seroul a déjà devancé la jument dans les Champion Stakes (Gr1). Mais dans des conditions différentes de celles qu’il trouvera à Sha Tin. Jérôme Reynier détaille : « En principe, c’est le match retour avec Magical. Mais la course est plus ouverte qu’il n’y paraît. Je n’ai pas encore fait le papier en détail, mais il y a d’autres chevaux qui affichent de bons ratings. J’espère que la course se déroulera de façon régulière, avec du train, afin que Skalleti puisse bien se poser. Je sais que le parcours de Sha Tin, sur 2.000m, est un peu spécial. Le tournant arrive tôt et les jockeys reprennent très vite après le départ. On verra bien. »

Six face à Royal Julius. Royal Julius s’alignera dans le Hong Kong Vase (Gr1), sur 2.400m. La distance est un peu le bout du monde pour ce globetrotter à la grande régularité. Mais il y a aussi une bonne nouvelle comme nous l’a dit Jérôme Reynier : « Ils ne sont plus que sept en course. Le local Exultant (Teofilo) et Mogul (Galileo) sortent un peu du lot. Je pense que Royal Julius appréciera le parcours de Sha Tin qui favorise la vitesse. Et c’est assez exceptionnel qu’il puisse boucler à Hongkong une saison qu’il a débuté à Doha… »