Audrey Groualle : « J’ai besoin d’être au contact des chevaux »

Autres informations / 18.12.2020

Audrey Groualle : « J’ai besoin d’être au contact des chevaux »

Audrey Groualle : « J’ai besoin d’être au contact des chevaux »

Elle fait partie de cette catégorie de passionnés totalement investis dans leurs fonctions. Et Audrey Groualle a remporté la catégorie "Personnel administratif" lors de l’édition 2020 des Trophées du personnel des courses et de l’élevage Godolphin.

Jour de Galop. - Que représente cette distinction ?

Audrey Groualle. - Être reconnue par ses pairs, c’est vraiment gratifiant. C’est une grande joie et c’est très émouvant car j’occupe un métier qui me passionne. Je ne fais jamais deux jours la même chose. Ce trophée du personnel récompense mon travail, mon investissement. Surprise d’être parmi les finalistes, j’en avais même pleuré quand France-Galop m’a appelée. Cela m’a beaucoup émue car je suis quelqu’un de sensible et je suis très investie dans mes deux emplois.

Quelles sont justement ces deux fonctions ?

Je travaille pour Henri-François Devin, mais également pour la Socomaf Didiergeorges, un maréchal-ferrant. Ma semaine est partagée entre mes deux employeurs. Le mercredi, je reste à la maison pour mes deux filles, Margaux et Lucie, avec du télétravail si besoin. C’est vraiment passionnant mais pas forcément évident, car mon cerveau ne s’arrête jamais pour essayer de ne rien oublier. Je jongle entre les deux. Les deux fonctions sont très complémentaires car, d’un côté, je suis client et fournisseur de l’autre. Je sais ce qu’une secrétaire d’une écurie peut attendre au niveau de la facturation, par exemple. Du coup, c’est plus facile. Je me sens vraiment impliquée avec mes deux patrons qui me font entièrement confiance et qui n’hésitent pas à me demander mon avis si nos visions diffèrent. Ils sont toujours là pour me mettre dans la confidence de tous les projets et me demander ce que j’en pense.

Comment est née votre passion pour les courses ?

Quand j’étais jeune, j’ai rencontré Pierre Carrez. Je pratiquais alors l’équitation classique et il m’a mise sur des chevaux de course. Pour lui, j’ai emmené mes premiers partants aux courses. J’ai continué à monter à l’entraînement puis j’ai rencontré mon mari qui était dans les courses, Pierre Groualle. En 2017, il avait été nommé dans la catégorie "Leadership" des Trophées du personnel. J’avais été très déçue qu’il n’ait pas gagné cette année-là, car je pense qu’il le méritait amplement. Avec Pierre, nous adorons monter à cheval ensemble et/ou avec nos enfants. Même quand je pars du bureau, je retourne "à l’écurie".

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel ?

J’ai fait une classe équitation au collège de Lamorlaye. Après un bac scientifique et un DEUG de droit, j’ai passé un BTS assistante de direction par correspondance avec le CNED, avec un emploi en même temps. Ensuite, j’ai travaillé dans une entreprise de bâtiment. Je pouvais monter ma jument tous les midis pendant ma pause-déjeuner. L’entreprise a ensuite fermé puis j’ai eu mes deux filles. Je voulais faire un métier qui me passionne, car mon ancien travail était répétitif et j’avais créé le poste dont j’avais fait le tour. Cela m’a permis d’avoir une expérience professionnelle mais j’avais besoin de tâches variées et surtout d’être au contact quotidien avec les chevaux.

Comment vous imaginez-vous dans dix ans ?

Hélas, j’ai eu 40 ans ce samedi 19 décembre ! Il va falloir que je l’accepte mais ce trophée est le plus beau cadeau que je pouvais avoir et il arrive à point nommé pour passer le cap. Dans dix ans, je m’imagine toujours là, avec mes patrons qui auront vieilli avec moi. J’aimerais peut-être compléter mon poste avec un peu d’élevage avec Monsieur Devin, et être un peu plus sur le terrain avec mes collègues maréchaux. Je commence à bien connaître tout ce qui se passe dans une écurie de courses mais pas dans un haras (saillies, poulinage). Cela m’intéresserait beaucoup et diversifierait encore plus mes postes actuels.