Edito : Storytelling

16.12.2020

Edito : Storytelling

Il y a trois décennies, les communicants ont compris l’importance de ce que l’on appelle le storytelling. C’est-à-dire une méthode de communication fondée sur une structure narrative s’apparentant à celle des contes ou des récits : une histoire se mémorise, fait rêver et permet de se projeter. On le sait, le galop a toujours été un objet de fantasmes – positifs et négatifs – pour le grand public. Y compris parmi ceux qui évoluent au sein de la filière cheval.

Les grandes casaques font vivre économiquement et sportivement notre univers. Elles l’alimentent en achetant des chevaux et des services mais aussi en débloquant des sponsorings et en payant des salaires. Derrière chaque grand propriétaire se cachent de grandes ambitions et cela passe par de grands moyens. Mais en termes de storytelling, il est difficile pour le commun des mortels de s’identifier à eux (et donc de vouloir tenter l’aventure). À l’inverse, l’histoire de Messi (Dahess) a de quoi capter l’imagination de toute personne qui aime les chevaux et la compétition.

Le pitch – pour reprendre un terme cher aux communicants ! – est très simple. Timo Keersmaekers, éleveur et propriétaire de ce cheval, est un chef d’entreprise qui se retrouve désœuvré alors que le Covid met au pas l’économie mondiale. Il récupère alors Messi, qui n’avait jusqu’alors pas fait de miracle chez les entraîneurs à qui il était confié. À l’âge de 8ans, entraîné avec les moyens du bord "à la maison", ce cheval s’impose comme l’un des meilleurs au monde : deuxième de la Qatar Arabian World Cup, puis lauréat de la Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Grs1 PA). L’image est saisissante car cela doit faire très longtemps que l’on n’a pas vu un permis d’entraîner ayant un seul cheval dans son effectif remporter un Gr1 en plat.  C’est même certainement une première.

Quelle opportunité en termes de communication ! Timo Keersmaekers et sa famille ont commencé à vivre leur passion dans le concours hippique et avec les chevaux de show. C’est un message exceptionnellement fort que l’on peut adresser à toute la communauté du pur-sang arabe : les courses sont ouvertes à tout le monde, rejoignez-nous ! Cerise sur le gâteau cet éleveur, entraîneur et propriétaire belge est doué devant une caméra. Pour en avoir le cœur net, regardez cette interview de Dubai Ring, en cliquant ici

https://youtu.be/QYzvhRG2fJI

D’ailleurs, l’exemple de Timo Keersmaekers n’est pas si rare que cela. Dans la Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown, Messi devance en effet Al Zahir (Madjani). Ce triple lauréat de Gr1 est un élève de Xavière Cauhape, laquelle est passée par les courses d’obstacle et les sports équestres. Encore une belle histoire… !