EN RÉGIONS : Jean Brouqueyre : « Il faut s’adapter et innover en permanence »

Courses / 03.12.2020

EN RÉGIONS : Jean Brouqueyre : « Il faut s’adapter et innover en permanence »

Directeur de la Société d'encouragement des Pyrénées-Atlantiques (Sepa) depuis 2014, Jean Brouqueyre nous livre ses impressions à quelques heures du début d’un meeting très particulier.

Jour de Galop. – Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours du meeting ?

Jean Brouqueyre. – Positif. Nous sommes surtout heureux de pouvoir accueillir des courses, en ayant une pensée pour ceux qui n’ont pas pu travailler ces derniers temps. En ce sens, nous sommes un peu bénis des dieux. Mais il faut s’adapter, innover en permanence et être efficace. C’est la grande leçon de cette crise. Notre économie, ce sont les parieurs, les propriétaires, les entraîneurs… Et comme Pau gère aussi un centre d’entraînement, c’est donc très important de pouvoir courir. Mais comme tout le monde, nous aurions préféré le faire avec du public, même si cela a des chances d’évoluer.

Normalement, une partie du meeting devrait se faire en présence de public…

On l’espère effectivement. Mais si la jauge est de 1.000 personnes, nous serons quand même bien loin des 8.000 spectateurs qui viennent pour la journée du Grand Cross. Mais en attendant, il est tout de même regrettable de ne pas pouvoir accueillir les propriétaires. Il y a quelques incompréhensions. Si on prend le top 14 par exemple, pourquoi voit-on des présidents de clubs présents dans les stades alors que les propriétaires de chevaux de course sont interdits d’hippodrome ? Il faudrait à mon sens assouplir un peu le protocole. À défaut d’accueillir le grand public, si l’on pouvait ouvrir nos portes aux propriétaires, ce serait bien.

Les sponsors sont-ils restés fidèles malgré tout ?

Nous pensions avoir un peu plus. Mais beaucoup ont reconduit leur partenariat et nous les en remercions, car il y a une longue tradition entre les sociétés de courses et eux, je pense notamment à Biraben, Reverdy… Il a fallu proposer autre chose, ce qui signifie qu’au-delà de la crise, nous avons su proposer des arguments pour que cela continue. Ce manque de recettes, comme l’absence de public, s’ajoute au fait que, lors du meeting, nous louons d’habitude beaucoup nos salles à des entreprises. Ce n’est pas totalement à l’arrêt mais presque, car nous pouvons quand même accueillir des formations.

Quelles sont les innovations cette année ?

Aucune innovation majeure, les parcours de Pau sont bien connus. Trois obstacles ont été refaits, le tronc d’arbre, un talus du cross et la banquette de Bordeaux. Le travail que nous menons est avant tout de proposer les meilleurs parcours, en adéquation avec la sécurité des chevaux et les jockeys. C’est notre mot d’ordre. Comme je le dis souvent, une bonne journée "obstacle" est un maximum de partants à l’arrivée, un minimum de chutes, des courses bien régulières et des professionnels satisfaits.

Où en êtes-vous des réservations ?

Nous allons faire le plein. C’est très paradoxal vu la crise sanitaire. Ces dernières années, les chiffres étaient à la baisse. En huit ans, nous étions passés de 360 boxes réservés à 280, le chiffre de 2019-20, et là nous sommes à nouveau à 360. L’arrêt des courses pendant le premier confinement a bouleversé le programme, c’est peut-être ce qui explique ce chiffre. En tout cas, nous sommes très satisfaits.

Plus globalement, en cette année de crise sanitaire, comment se porte la société de courses ?

Nous avons été fortement impactés, même si nous n’avons eu qu’une seule réunion annulée, celle du 28 mars. Il faudrait un jour se pencher sur le statut des sociétés qui disposent d’un centre entraînement et leur accorder un statut spécial par rapport à d’autres sociétés. Lors du premier confinement, nous avons par exemple perdu 120.000 €, une perte qu’on ne peut évidemment pas rattraper. Les deux tiers de montant sont liés au centre d’entraînement et le reste à l’hippodrome, car c’est durant cette période que nous louons énormément nos salles aux entreprises. On constate aussi qu’il y a une baisse du nombre de chevaux à l’entraînement et des entraîneurs en difficulté. Notre président, Jean-Louis Foursans Bourdette, a souhaité faire un geste commercial. Actuellement, à chaque entraîneur qui nous loue des boxes, nous avons offert trois mois de location gratuite. C’est une fois passé l’hiver que nous verrons réellement l’impact de cette crise pour l’ensemble de la filière.

Quel bilan pour la nouvelle P.S.F. un an après son inauguration ?

Il y a un peu plus d’an, le 26 octobre, Pau accueillait sa première épreuve sur sa nouvelle P.S.F. Jean Brouqueyre nous a confié : « Vu la période, avoir réussi à mener un investissement de 3,7 M€ [cela comprend la P.S.F. et d’autres travaux comme le rond de présentation, ndlr] en 2019 est une vraie satisfaction. Cet investissement, je le rappelle, a été financé par la Société des courses avec l’aide de la mairie. Les entraîneurs sont contents et nous avons une augmentation significative du nombre de partants. Durant le meeting de plat 2020, nous avions en moyenne 13 partants pour les courses sur la P.S.F., un très bon chiffre. Lorsque nous avons couru le 30 octobre, avec sept courses à l’affiche, nous avons même réuni 102 partants. Surtout lorsque les terrains ailleurs deviennent très souples, on réalise souvent de telles journées. Le dossier est entre les mains des instances régionales et de France Galop, mais pour un hippodrome comme le nôtre, avec un centre entraînement, l’idéal serait d’avoir des courses toutes les 3 semaines, ce qui est possible avec la P.S.F. »

À fond sur les réseaux sociaux

Lors d’une conférence de presse organisée jeudi pour présenter le meeting, et en présence de professionnels (Simone Brogi, Jean-Bernard Eyquem, Hector de Lageneste et Davy Lesot), le sujet de la communication a été abordé. Car huis-clos oblige, la société de courses de Pau va miser plus que jamais sur les réseaux sociaux. Marion Hébré, responsable communication de l’hippodrome, a expliqué : « Comme les spectateurs ne pourront pas venir à nous, c’est à nous de venir à eux. Cette année, nous allons mettre en place énormément de choses sur les réseaux sociaux, notamment le week-end pour faire vivre de l’intérieur nos courses. Mais nous irons certains matins sur le centre d’entraînement pour pouvoir faire du live. Nous irons à la rencontre des entraîneurs présents, nous filmerons les écuries…. C’est maintenant que nous devons être présents. »

Jean Brouqueyre a ajouté : « Il se passe beaucoup de choses lors d’une journée de courses et les réseaux sociaux vont nous permettre de filmer l’envers du décor. À nous de tirer notre épingle du jeu pour que les gens se détournent des autres sports pour s’intéresser aux courses. C’est là-dessus qu’il faut capitaliser. »

Le meeting 2019-2020 en chiffres :

- 24 réunions, 202 courses dont 130 d’obstacle et 72 de plat

- Nombre de partants : 1.439 (obstacle) - 919 (plat)

- Fréquentation (entrées gratuites) : 56.035

- Enjeux P.M.H. : 1.084.592 €

- Enjeux PMU national : 151.219.620 €

Les grandes dates 2020-2021 :

- Lundi 4 janvier : Prix Bernard de Dufau (L)

- Dimanche 24 janvier : 134e Grand Prix de Pau Biraben Foie Gras - Prix André Labarrère (Gr3, Steeple-chase))

- Vendredi 5 février : Prix Camille Duboscq (L, Haie)

- Dimanche 7 février : 134e Grande Course de Haies de Pau (L), Grand Cross de Pau Reverdy (L), Prix Antoine de Palaminy (L, Steeple-chase)