La Normandie, terre d’excellence en recherche et innovations

Autres informations / 04.12.2020

La Normandie, terre d’excellence en recherche et innovations

La Normandie, terre d’excellence en recherche et innovations

La Normandie, terre de cheval, terre d’élevage, terre de compétition… Mais aussi terre de recherche et d’innovations ! C’est à la Normandie qu’a été attribué le pôle de compétitivité Hippolia, même si celui-ci dépasse en partie le cadre de la région. Laurence Meunier, présidente d’Hippolia, nous dit tout sur cet atout majeur pour la Normandie… et la France du cheval.

Le Pôle Hippolia en quelques mots. Le nom Hippolia est connu de beaucoup mais ses missions ne le sont pas forcément. On parle ici d’un pôle de compétitivité, pas d’un "pôle" physique. « Hippolia est un pôle de compétitivité qui a été créé il y a quinze ans, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Cette idée des "pôles de compétitivité" a été lancée pour créer de la valeur ajoutée dans les filières d’excellence françaises. Soixante-dix pôles de compétitivité ont ainsi vu le jour et la Normandie a obtenu l’unique pôle dédié au cheval. En réalité, il dépasse le cadre de la région car il est présent sur le plan national. L’idée d’Hippolia est de faire travailler ensemble les entreprises, les organismes de recherche et les organismes de formation pour qu’il y ait de beaux et grands projets. Cela a permis à Hippolia de labelliser 180 projets pour 92 millions d’euros d’investissement. Le mot pôle est beaucoup utilisé : nous ne sommes pas une entité physique comme peuvent l’être Newmarket ou Lexington, mais notre pôle est plus virtuel, c’est un réseau, une association. »

Un pôle en partie présent physiquement à travers Normandie Équine Vallée

Hippolia soutient les projets de recherche de Labéo de Saint-Contest (in vitro) et du Cirale (in vivo) et favorise les collaborations avec les entreprises membres d’Hippolia. « L’aventure a démarré en 1999 avec la création du Cirale et n’a cessé d’évoluer depuis. Aujourd’hui, une nouvelle étape cruciale est en marche avec la délocalisation totale de la formation équine de Maisons-Alfort prévue en 2023. Le site accueillera, en plus de ses équipements de pointe actuels (scanner, scintigraphie, etc.), un hôpital équin, un campus étudiant et un espace entrepreneurial de 2.000m² dédié à l’innovation pour accueillir les entreprises de la filière au cœur du réacteur de la recherche. »

Le Cirale, le joyau de Normandie Équine Vallée. Le Cirale parle à l’ensemble des professionnels de la filière cheval, même si toutes ses nombreuses fonctions ne sont pas forcément très bien connues. « Les projets les plus transversaux sont les projets de recherche. Nous avons un outil formidable qui s’appelle le Cirale, à Goustranville : c’est là-bas que sont gérés les plus gros projets transversaux de l’ensemble de la filière cheval. Plus de 1.100 chevaux passent tous les ans au Cirale, que ce soient des chevaux de course, de sport, etc. Le Cirale est un outil unique en Europe et je constate que les gens ne le connaissent pas forcément très bien. On connaît l’aspect imagerie mais, par exemple, nous avons lancé Kinésia, une infrastructure entièrement consacrée à la rééducation du cheval. C’est un centre de physiothérapie, qui est merveilleux pour le cheval. On connaît le principe de la thalassothérapie pour les équidés, qui est réalisée de façon empirique. Le point fort de Kinésia est que c’est un cadre universitaire qui bénéficie d’un suivi scientifique. À chaque fois que l’on traite un cheval ou un poulain qui a des problèmes de croissance par exemple, on le fait en fonction des données dégagées par la recherche. C’est ce que l’on peut faire de mieux pour l’avenir de la filière. Avec le Cirale, on a créé un cercle vertueux, en favorisant l’installation de cliniques de pointe en Normandie. Or, les professionnels des chevaux veulent avoir les meilleurs soins à proximité pour les équidés et ont besoin d’équipements de pointe, avec des cliniques performantes. L’excellence va à l’excellence. Grâce entre autres à cela, de nombreux étrangers viennent s’installer sur le territoire normand. »

Les cercles vertueux. L’excellence va à l’excellence et l’innovation appelle l’innovation. C’est le rôle d’Hippolia que d’apporter son soutien à des entreprises, grandes ou petites, pour continuer à innover dans le monde du cheval. « Nous accompagnons beaucoup d’entreprises : nous essayons de faire émerger des projets et d’aider les entreprises à les sortir. Nous pouvons aider au montage des dossiers : Hippolia vient en aide à des entreprises de toutes tailles qui sont de vraies pépites et qui méritent d’être accompagnées. Les projets sont labellisés ou non par un comité d’experts. Globalement, ceux soutenus par Hippolia fonctionnent et apportent une vraie valeur ajoutée. Dans les projets concrets, je peux citer les outils de surveillance cardio-respiratoire comme l’Equimètre développé par Arioneo, qui est connu dans le monde du galop, Horsiz, qui est un partenariat avec France Galop, ou encore Care Solution, des compléments alimentaires pour les chevaux de courses... Certaines innovations ont un vrai rôle à jouer dans la question du bien-être animal. La filière cheval est une pépite française et particulièrement normande. La Normandie est une terre de cheval, avec une concentration importante d’élevages, de vétérinaires, etc. Tout cela entraîne des cercles vertueux : plus de chevaux nécessitent plus de besoins et donc plus de marchés. »

Un outil pour le bien-être. Dans une société où la question du bien-être animal tient de plus en plus de place, des outils de recherche comme Normandie Équine Vallée sont de vrais atouts pour la filière cheval. Hippolia a son rôle à jouer ce sujet. « La question du bien-être est abordée via les différentes recherches et innovations soutenues par Hippolia. Cela étant dit, la question du bien-être est surtout gérée par le conseil des chevaux de Normandie. Nous avons ainsi le label EquuRES, seul label reconnu par l’État qui existe en France autour du bien-être et du développement durable dans la filière cheval. Ce label a été validé il y a six mois par le ministère de l’Agriculture. Le but, c’est que la filière, dont les courses et les hippodromes, se l’approprie. J’en ai parlé avec les institutions hippiques. C’est un sujet très important, fondamental, car nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête avec les attaques négatives de certains lobbies et il nous faut prendre les devants. »

Côté financement. Les recherches et les innovations ont un coût. Comme l’a indiqué Laurence Meunier, Hippolia a soutenu 180 projets pour 92 millions d’euros d’investissement. D’où vient le financement ? « Nous avons la chance d’avoir un vrai soutien financier de la région Normandie, qui joue merveilleusement le jeu, et qui a investi sur Normandie Équine Vallée. Un autre soutien important est le Fonds Éperon. C’est un atout de financement majeur. Les projets financés en Normandie par le Fonds Éperon sont structurants. La recherche et le secteur des courses peuvent en bénéficier : quand on finance des projets structurants et transversaux autour de la recherche médicale, par exemple autour du cheval, cela bénéficie au monde des courses. Nous sommes les seuls au monde à être organisés ainsi. Il y a pas mal de pays qui s’intéressent à notre modèle d’ailleurs. Nous sommes en train de monter un projet européen avec la Belgique et les Pays-Bas, mais ils n’ont pas de structure semblable à la nôtre. Chez nous, il y a une vraie cohérence. Il y a d’autres universités (Lexington, Liège, Glasgow et Utrecht pour les plus importantes), mais aucune ne fonctionne sur notre modèle de collaboration avec les entreprises et la formation. C’est un vrai atout d’avenir. Je pense qu’il nous faudra encore cinq ou six ans pour avoir une vraie reconnaissance internationale : tout le monde pense faire mieux que les autres, ce qui peut se comprendre, mais seuls les résultats comptent. Nous avons une force, en Normandie et en France en général : nous sommes le seul pays européen lié aussi bien aux courses de galop, qu’au trot et aux chevaux de sport. Aucun pays dans le monde n’est aussi présent sur l’ensemble des disciplines. Et aucun pays n’a un aussi bon accompagnement et une aussi bonne structuration des entreprises et de la recherche. »