La réussite internationale de Moussa Mbacke

Courses / 02.12.2020

La réussite internationale de Moussa Mbacke

Éleveur et propriétaire au Sénégal, Moussa Mbacke est aussi très actif en France. En 2020, son élevage a notamment brillé aux États-Unis et en Australie. Avec un premier succès de Groupe à la clé.

Par Adrien Cugnasse

Conseillée par Laurent Benoit, Moussa Mbacke connaît une belle réussite en tant qu’éleveur mais aussi en tant que propriétaire, ayant sorti trois black types en l’espace de quelques années. Au sujet de la naissance de sa passion, celui qui est issu d’une illustre famille sénégalaise nous a confié : « Tout a commencé dans ma jeunesse. J’ai découvert les courses lors des réunions dominicales, ici au Sénégal. Mais j’ai dû ensuite me concentrer sur les études et j’ai donc mis cette passion de côté pendant un long moment. Après avoir obtenu mon doctorat en France, je suis revenu au Sénégal où je suis retourné aux courses. Et la passion, elle aussi, est revenue ! C’était en 1999. Au même moment, j’avais suivi la victoire de Montjeu (Sadler’s Wells) dans le Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). Il devançait El Condor Pasa, un fils de Kingmambo (Mr Prospector). Cela m’a beaucoup marqué. Et par la suite, j’ai toujours essayé d’avoir des descendants de Kingmambo dans mon élevage. Je ne suis pas le seul propriétaire sénégalais actif en France. Je tiens à saluer la belle réussite de M'Baye Niang. Dès sa première année, il voit ses couleurs s’imposer, c’est remarquable ! Ici au Sénégal, on court une fois par semaine, le dimanche, entre janvier et juillet. Ensuite la saison des pluies ne permet plus d’utiliser les pistes qui sont en sable. »

Très actif au Sénégal.  Moussa Mbacke poursuit : « Je n’élève pas qu’en France. Je suis également actif au Sénégal où je stationne une quinzaine d’étalons. C’est notamment le cas de Toylsome (Cadeaux Généreux), un gagnant du Prix de la Forêt (Gr1) qui avait servi de leader à Manduro (Monsun) dans le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1), se classant quatrième de ce Gr1. J’ai aussi importé Daramsar (Rainbow Quest), un fils de la gagnante du Prix de Diane (Gr1) Daryaba (Night Shift). Autre exemple, j’ai fait venir ici un fils de Kingmambo élevé par George Strawbridge

Bien entendu, ce n’est pas une activité commerciale : comme en France, j’élève avant tout pour faire courir. Mais de toute manière, on ne peut pas gagner d’argent avec les chevaux au Sénégal. »

Un premier Groupe en 2020.  Moussa Mbacke détaille : « Mon premier partant en France fut entraîné par Élie Lellouche mais il n’était pas bon. Je lui ai donc demandé de me trouver une pouliche et ce fut La Teranga (Beat Hollow sur une mère par Monsun de la grande famille des "A" du Gestüt Schlenderhan). Elle a débuté par une victoire de quatre longueurs au mois d’octobre de ses 2ans à Saint-Cloud. Ce jour-là, elle battait Shareta (Sinndar), future lauréate de Gr1. Plus tard, La Teranga est devenue poulinière. Elle m’a donné deux black types, La Signare (Siyouni), lauréate des Wonder Again Stakes (Gr3) aux États-Unis, en 2020, et Le Baol (Orpen), gagnant du Derby du Languedoc (L). Ce cheval – qui porte le nom de l’équivalent sénégalais de la Normandie – a été exporté en Australie où il a gagné en 2020. Le succès américain de La Signare, qui est aussi placée de Gr2, fut une grande joie. C’est mon premier succès de Groupe en tant qu’éleveur. Et bien sûr, quand on élève, on rêve de remporter des épreuves de Groupe, face à une opposition internationale. »

Son élevage français. Moussa Mbacke a un cheval à l’entraînement chez André Fabre, un fils de La Teranga par No Nay Never (Scat Daddy). Il travaille depuis plusieurs années avec Didier Guillemin. À son sujet, il nous a expliqué : « J’ai connu le père de monsieur Guillemin, lorsqu’il a acquis un bien au Sénégal où je suis notaire. Je l’ai perdu de vue mais j’avais gardé ses coordonnées. Et j’ai donc repris contact lorsque j’ai décidé de lancer mon activité hippique en France. J’avais pu constater au préalable qu’il avait une belle réussite, en particulier avec les 2ans. » L’autre bonne origine de Moussa Mbacke est celle d’Apperella (Rainbow Quest), laquelle lui a donné Limited Edition (Kendargent), troisième du Prix de Lieurey (Gr3). Une pouliche qu’il a conservée comme poulinière. Il nous a expliqué au sujet de l’achat d’Apperella : « J’aime beaucoup étudier les catalogues de vente. Et ensuite j’appelle Laurent Benoit qui va inspecter les chevaux dont le pedigree me parle. Sur place, c’est lui qui me conseille et choisit en fonction du modèle. J’ai eu jusqu’à une dizaine de poulinières en France. À présent, j’ai recentré sur un groupe de quatre ou cinq poulinières. Elles sont confiées à Alec Waugh, à Jedburgh Stud… Je suis avant tout éleveur-propriétaire. J’ai parfois du mal à vendre mes élèves. Le Baol a été racheté 5.000 € et il a gagné une Listed ! »