À la mémoire de Willy Kalley

Autres informations / 22.01.2021

À la mémoire de Willy Kalley

À la mémoire de Willy Kalley

Par Bernard Le Gentil

« Willy Kalley nous a quittés avec ses innombrables souvenirs d’homme de cheval. Vivant son métier d’entraîneur avec passion, il débordait d’énergie et d’optimisme. Même gêné par sa maladie, il se disait toujours en pleine forme.

Son nom est intimement lié au mien sur deux générations d’éleveurs. J’ai fait sa connaissance lorsqu’il était l’entraîneur de mon père. Les deux hommes s’entendaient admirablement : même respect des chevaux, avec une carrière adaptée à chacun ; même respect des traditions, même esprit sportif. L’écurie vivait dans le bonheur bien loin de l’esprit d’exploitation.

Mes premiers chevaux chez Willy ont couru en 1983 avec une réussite insolente. Or Noir AC et Oria d’Estruval nous ont gagné neuf courses consécutives. Quelle joie pour un jeune propriétaire ! Après une brillante carrière, Or Noir AC, le chouchou de l’écurie, terminera sa vie à 30ans sans changer de boxe.

Puis nous avons connu l’épopée de Sabre d’Estruval qui aurait pu gagner deux fois le Grand Steeple s’il n’était pas tombé sur des extraterrestres, Katko en 1990 et The Fellow en 1991.

Nous avons vécu toutes ces années dans une grande intimité sportive. Le téléphone sonnait pratiquement tous les jours et chaque course, même modeste, était vécue comme un événement à part entière, méritant de longs déplacements.

Originaire du Sud-Ouest, Willy faisait tous les ans le meeting de Pau. Il y était heureux et m’a fait partager des moments inoubliables, sur l’hippodrome bien sûr, mais aussi dans les fermes auberges ou au Pau Hunt.

Respecté de tous et toujours prêt à rendre service, il était une référence morale dans son milieu.

Nous perdons tous une personnalité attachante qui a su vivre avec beaucoup de classe.

Puisse l’estime qui entoure sa mémoire adoucir la douleur de son épouse, de ses enfants Corinne et Stephan, et de ses petits-enfants auxquels je présente mes condoléances très attristées. »