Davy Lesot tourne la page

Courses / 17.01.2021

Davy Lesot tourne la page

Davy Lesot a annoncé la fin de sa carrière de jockey le 20 décembre, sur l’hippodrome du Béarn. Titulaire de 438 victoires en obstacle, le Palois s’est forgé un remarquable palmarès, sans jamais quitter le Sud-Ouest.

Par Alice Baudrelle

Jour de Galop. – Quelles raisons vous ont poussé à mettre un terme à votre carrière ?

Davy Lesot. – Mon âge, déjà, car j’ai quand même 42 ans ! J’ai commencé à monter en course à 16 ans, j’ai donc 26 ans de carrière derrière moi… Et aussi mon poids, car ça commençait à devenir difficile de se maintenir. Quand j’ai appris que mon patron, Hector de Lageneste, allait partir à Royan, je me suis dit que c’était le bon moment pour arrêter.

Était-ce important pour vous de monter votre dernière course à Pau, un hippodrome où vous avez signé la majorité de vos victoires ?

Oui, bien sûr. J’aurais pu continuer à monter jusqu’au 31 décembre, mais je voulais que tout se passe bien pour ma dernière monte. J’ai terminé ma carrière sur une quatrième place en cross avec Born to be a Queen (Walk in the Park), une jument que je connaissais bien pour l’avoir montée plusieurs fois.

Vous êtes resté à Pau tout au long de votre carrière. N’avez-vous jamais eu envie de tenter votre chance en région parisienne ?

J’ai toujours eu la chance de travailler avec de bons entraîneurs ici, donc je ne vois pas pourquoi j’aurais été voir ailleurs… D’autant qu’on ne m’a jamais proposé de venir travailler à Paris. À Pau, j’ai toujours eu des demandes. Quand j’étais chez mon premier patron, Denis Etchebest, Jean-Pierre Totain est venu me solliciter. Après, Jacques Ortet a fait de même… Et je me suis toujours senti très bien ici. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours été très "famille". J’ai peut-être fait passer ma femme et mes enfants en premier, mais je pense que s’ils n’avaient pas été là pour me soutenir, je n’aurais pas eu une carrière aussi longue.

Vous avez gagné le Prix Fleuret (Gr3) en 2007 avec Palibel d’Airy, mais vous avez remporté beaucoup d’autres courses très populaires. Quel est votre meilleur souvenir ?

Pas forcément le Fleuret, même si c’était une première pour moi à ce niveau. Mes victoires avec Nériette (Vettori) dans le Prix Antoine de Palaminy (L) et dans un Quinté à Auteuil sont de très bons souvenirs, ainsi que mes deuxièmes places dans le Grand Prix de Pau (Gr3) avec Quick Fire (Double Bed) et Kiléfou d’Airy (Sheyrann). C’est un petit regret quand même pour moi de ne pas avoir gagné le Grand Prix, car cela faisait partie de mes objectifs.

Avez-vous d’autres regrets ?

Non, pas vraiment. Peut-être par rapport à Granit Jack (Glaïeul), avec qui j’ai gagné quatre courses consécutives à Pau dont le Prix Antoine de Palaminy (L), et qui a été vendu ensuite en Angleterre. Jacques Ortet et moi aurions bien aimé le voir à Paris, mais c’est le jeu …

Quel est le cheval qui a le plus marqué votre carrière ?

Je dirais Nériette, mais aussi Quick Fire, même s’il n’a pas pu s’imposer au niveau black type. Nériette m’a apporté beaucoup de victoires, mais j’ai monté Quick Fire deux fois dans le Grand Prix de Pau, et il m’a tout donné.

Vous êtes aussi le premier jockey à avoir monté Saint Palois, entre autres …

Oui, lors de ses deux premières sorties. Après une septième place pour ses débuts en haies, nous avons gagné deux semaines plus tard en steeple à Pau. Ensuite, je me suis accidenté et j’ai été remplacé par David Cottin, qui l’a gardé. C’était un super cheval : au début, il n’était pas le champion qu’il est devenu, mais il s’est révélé de course en course.

Lors de l’hiver 2003/2004 à Pau, vous aviez réalisé un magnifique meeting, avec 27 succès à la clé…

C’est une grande fierté pour moi d’avoir réalisé une telle saison. Avec Jean-Pierre Totain, tout s’était déroulé à la perfection. C’est la première année où il a conclu tête de liste du meeting devant Jacques Ortet, il était ravi ! Cela n’avait pas été facile car la saison a été intense, mais ce fut une belle récompense.

On a vu l’un de vos fils, Eden, prendre part à des courses de poneys. Souhaite-t-il suivre vos traces ?

Il a un peu arrêté les courses de poneys, car il devient assez grand. Il a 13 ans et continue à monter à cheval quand il peut, chez Hector de Lageneste. Au début, il voulait être jockey ; mais nous en avons parlé ensemble, et je voudrais qu’il commence par une licence d’amateur. Si vraiment ça lui plaît, alors il pourra passer professionnel. Pour le moment, c’est un loisir.

Avez-vous déjà trouvé votre reconversion ?

On m’a proposé deux postes de responsable d’écurie, donc je fais des essais pour voir là où ça peut marcher. Au début, j’en ai parlé avec ma femme et je lui avais dit : « Pourquoi ne pas aller voir autre chose ? » Mais quand les gens des courses ont appris que j’arrêtais de monter, j’ai reçu plusieurs propositions. Je vais donc rester dans le milieu des courses.