En régions : ce qui attend les régions en 2021

Courses / 21.01.2021

En régions : ce qui attend les régions en 2021

David Aelion est responsable du programme régional et des régions à France Galop. Il fait le point sur les sujets importants du moment.

Jour de Galop. – Que pouvez-vous nous dire du calendrier 2021 pour les régions ?

David Aelion. – Il n’a pas subi d’évolutions majeures. Les régions ne perdent pas de réunions par rapport à 2019 et au début 2020. Notre objectif était de réussir aussi bien à concilier les demandes de sociétés de courses que celles des professionnels. À ces derniers, il est important d’offrir la possibilité de courir régulièrement au sein d’une même région. Il arrivait parfois d’avoir, sur un même week-end, une offre de courses importante, mais beaucoup plus réduite les semaines suivantes. Notre objectif était de parvenir à un meilleur équilibre.

Comment avez-vous procédé pour l’établir ?

Cette année, nous avons davantage travaillé avec les sociétés régionales, en ayant une approche un peu plus fine, plus à leur écoute. Par exemple, Nantes courait en début d’année et, en commun accord avec eux, nous les avons positionnés un peu plus tard. Leur première réunion se courait souvent sur des pistes trop lourdes, parfois impraticables et, quand c’était le cas, elles étaient transférées à Pornichet. Je pourrais également citer Nancy, où il y a une problématique d’arrosage. Ils arrosent avec l’eau de la ville et ça leur coûte une fortune. Comme normalement ils couraient pendant l’été, nous avons décidé d’avancer leurs courses plus tôt au printemps. En étroite concertation avec les Fédérations régionales chargées d’établir le calendrier P.M.H., nous avons veillé à ce que les réunions P.M.H. n’entrent pas en concurrence avec celles premiums. Le but étant que l’offre P.M.H. soit complémentaire de l’offre premium, c’est pourquoi nous avons voulu obtenir une meilleure répartition des réunions à l’intérieur des régions.

Et concernant le programme ?

Nous avons mis en cohérence les allocations. Ce qui a été fait pour Paris l’a été également pour les régions. Jusqu’à maintenant, des hippodromes de même catégorie et des courses d’un même niveau présentaient des montants d’allocations qui pouvaient être très différents. Nous avons procédé à une réduction des strates que nous proposions. Si on prend un maiden de 3ans, l’allocation sera différente compte tenu de la catégorie de l’hippodrome, que ce soit un pôle, un hippodrome de première catégorie, de 2A… Néanmoins, au sein d’une même catégorie d’hippodrome, elle sera identique afin de supprimer certaines incohérences. Par ailleurs, les conditions de courses seront identiques quel que soit l’hippodrome. Nous avons mené ce travail sur les 2ans et 3ans en plat et à l’ensemble du programme obstacle. Pus tard, cette réforme sera étendue aux chevaux d’âge en plat.

Cette harmonisation présente plusieurs avantages : elle va simplifier la lecture du programme ainsi que les projections budgétaires. Pour accompagner cette mise en cohérence des allocations, des hippodromes ont changé de catégorie.

Justement, comment un hippodrome parvient-il à changer de catégorie ?

Il faut savoir qu’il en existe différentes : pôle national, pôle régional, première catégorie, catégorie 2A, catégorie 2B et troisième catégorie. Par exemple, la différence entre un pôle national et un pôle régional est que le premier cité accueille un Quinté. Ensuite, il existe une grille de catégorisation avec un ensemble de critères requis. La catégorisation se fait un jour de courses, en présence d’un commissaire de France Galop. On référence tous les points techniques : la piste, l’organisation, les équipements, … À la fin, vous obtenez une note qui place l’hippodrome dans une catégorie. Le changement de catégorie pour un hippodrome implique, non pas d’obtenir davantage de courses, mais le montant des subventions qui peuvent lui être accordées.

Revenons à 2020. Comment la gestion de la crise par France Galop a-t-elle été vécue en région ?

Bien dans l’ensemble. Au plus dur de la période Covid, nous avons été amenés à déplacer beaucoup de courses d’hippodromes de 2e et 3e catégorie car nous avions estimé que seuls les pôles et les hippodromes de première catégorie étaient en mesure de parfaitement appliquer le protocole sanitaire. La mesure a été comprise et acceptée de la part des présidents de sociétés de deuxième et troisième catégories. Ils ont fait preuve d’une grande solidarité vis-à-vis de la filière et tous ont compris les enjeux. Le huis-clos a été bien accepté également. Pour les P.M.H., cela été plus contraignant car, financièrement, ils ne fonctionnent qu’avec les recettes de la buvette, les entrées payantes et le produit qu’ils peuvent dégager des enjeux. En tout cas, toutes les sociétés repartent cette année. 

Un récent article publié par Libération a secoué le monde des courses. La sécurité des hommes et des chevaux sur les hippodromes en régions relève également de vos fonctions. Que faites-vous à ce sujet ?

Déjà, comme vous le savez, la Fédération pilote une cellule "bien-être animal", avec France Galop et LeTrot. De notre côté, des budgets importants sont consacrés à la sécurité, notamment sur les obstacles et les installations. C’est un travail que nous menons depuis longtemps de façon à faire évoluer les hippodromes et à supprimer tout ce qui est dangereux. Plus de 10 millions ont été dépensés à ce sujet entre 2010 et 2020 C’est une somme conséquente et un travail important a été réalisé. L’enveloppe annuelle dédiée à la sécurité est de l’ordre de 400.000 € et, à France Galop, nous instruisons les dossiers avant leur présentation au fonds commun. Le sujet du bien-être animal et celui de la santé des jockeys sont pris très au sérieux depuis de nombreuses années.

Les changements en 2021

Six hippodromes de plat qui passent de première catégorie à pôle régional :

- Dax,

- Tarbes,

- Aix-les-Bains,

- Mont-de-Marsan,

- Le Mans,

- Cholet.

Deux hippodromes d’obstacle qui changent de statut :

- Compiègne passe de pôle régional à pôle national ;

- Senonnes passe de catégorie 2A à première catégorie.