Les dix chevaux de légende du prince Abdullah

International / 12.01.2021

Les dix chevaux de légende du prince Abdullah

Par Christopher Galmiche

Choisir dix chevaux parmi les nombreux champions qui ont défendu les couleurs du prince Khalid Abdullah, c’est comme choisir un menu chez un chef étoilé. Dur ! Malgré tout, voici notre liste de dix chevaux qui ont marqué l’histoire et continuerons de l’écrire au travers de leurs descendances pour le célèbre propriétaire-éleveur.

Frankel

(Galileo & Kind, par Danehill)

Entr.: Sir H. Cecil

S’il ne fallait retenir qu’un seul cheval provenant de Juddmonte Farms, ce serait forcément le crack Frankel. Il a fait rêver tous les passionnés de courses dans le monde entier. Et pour cause ! En quatorze courses, il n’a jamais connu la défaite. Sa volonté en piste, son impressionnante foulée et la manière dont il détruisait l’opposition sont restées dans les mémoires. Il a remporté dix Grs1 de 1.600m à 2.000m. Sa victoire dans les 2.000 Guinées (Gr1) a été époustouflante. Parti trop vite pour son leader, il a pris du champ en quelques mètres et personne n’a pu le suivre. Un vrai éclair de classe et l’expression n’est pas galvaudée ! Il a aussi dominé une quantité de grands chevaux comme Excelebration, Canford Cliffs, Farhh ou encore Cirrus des Aigles, qu’il a battu lors de ses adieux dans les Champion Stakes (Gr1). Un authentique crack qui est en train de devenir un très grand étalon puisqu’il a déjà donné Cracksman, Mozu Ascot, Soul Stirring, Call the Wind, Simply Brilliant, Without Parole ou encore Logician… Liste non exhaustive !

Enable

(Nathaniel & Concentric, par Sadler’s Wells)

Entr. : J. Gosden

Enable est l’exemple même de la sportivité du prince Khalid Abdullah. Dans un monde où beaucoup de météores filent au haras après un succès de Gr1, Enable a relevé le défi de courir de 2ans à 6ans. Elle a gagné deux Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1), passant proche du triplé en 2019. Elle était d’ailleurs restée en piste en 2020 pour réussir le triplé dans l’Arc. En 2018, elle avait réussi le doublé Arc & Breeders’ Cup Turf, du jamais vu ! Elle est aussi devenue la record horse des succès dans les King George and Queen Elizabeth Stakes (Gr1) qu’elle a gagnés à trois reprises. Et à 3ans, elle a remporté les Oaks et les Oaks d’Irlande (Grs1). Une grande dame sur la piste qui devrait suivre la tradition des grands chevaux du prince Abdullah et tracer au haras.

Kingman

(Invincible Spirit & Zenda, par Zamindar)

Entr. : J. Gosden

Cartier Horse of the Year et meilleur 3ans du monde en 2014, Kingman a été exceptionnel. Sa foulée longue et puissante a fait des ravages dans les pelotons. Battu dans les 2.000 Guinées (Gr1), il s’est vengé en gagnant les 2.000 Guinées d’Irlande, les St James’s Palace Stakes, les Sussex Stakes et le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Grs1). Alors que sa carrière au haras n’en est qu’à ses débuts, il a déjà produit le champion Persian King **, qui va officier au haras d’Étreham, et Palace Pier. Sa production est déjà très recherchée.

Dancing Brave

(Lyphard & Navajo Princess, par Drone)

Entr. : G. Harwood

La classe à l’état pur, voilà ce que représentait Dancing Brave. Comme Frankel, à l’issue de sa carrière, il a reçu plusieurs récompenses, comme celle du meilleur cheval européen. Plus inattendu, une chanson en son hommage a été écrite, intitulée sobrement Dancing Brave et interprétée par France Gall, rien que ça ! Pour l’écouter, cliquez ici (avec ce lien https://www.youtube.com/watch?v=Pf9hrjRS0_8). Dancing Brave a enlevé le Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) avec une facilité déconcertante. Auparavant, il avait fait sien les 2.000 Guinées, les Eclipse Stakes et les King George and Queen Elizabeth Stakes (Grs1). Au haras, il a engendré de grands chevaux comme Commander in Chief, White Muzzle, Wemyss Bight

Danehill

(Danzig & Razyana, par His Majesty)

Entr. : J. Tree

Danehill a un palmarès moins étoffé qu’un Frankel ou qu’un Dancing Brave. Son principal fait d’armes est la Haydock Sprint Cup (Gr1). Mais au haras, il a fait mieux que tracer. Jugez plutôt : il a été l’étalon tête de liste en Australie, France, Irlande, tout en étant aussi meilleur père de mère en Amérique du Nord et en Angleterre et en Irlande… Il fait d’ailleurs partie du Hall of Fame australien. Il a produit 84 vainqueurs de Gr1 tels que Rock of Gibraltar, Dylan Thomas, Mozart ou encore Westerner. Ce sont ses quatre produits avec les ratings les plus élevés. Hasard ou non, ils ont tous évolué sur des distances complètement différentes allant de 1.200m à 4.000m.

Hasili

(Kahyasi & Kerali, par High Line)

Entr. : H.-A. Pantall

Sur la piste, Hasili n’a pas gagné de Gr1, mais elle a été parfaitement exploitée par Henri-Alex Pantall, gagnant notamment le Prix des Sablonnets (L) et finissant deuxième du Prix Imprudence (Listed à l’époque). Au haras, Hasili a été l’une des meilleures poulinières de l’histoire. Sept de ses produits sont devenus black types et ont gagné ou se sont placés au niveau Gr1 ! Elle est la mère de Dansili (Danehill), Banks Hill (Danehill), Heat Haze (Green Desert), Intercontinental (Danehill), Champs Élysées (Danehill) et Deluxe (Storm Cat).

Banks Hill

(Danehill & Hasili, par Kahyasi)

Entr. : A. Fabre

Un crack étalon avec une crack poulinière, cela peut parfois être un croisement qui fonctionne pour produire un cheval ou une pouliche de haut niveau. La preuve avec Banks Hill. Elle a enlevé trois Grs1, les Coronation Stakes, le Prix Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois et le Breeders’ Cup Filly and Mare Turf. Dans cette dernière course, elle a été exceptionnelle. Son accélération en progression a démoli l’opposition à Belmont Park. Un régal ! Banks Hill s’est aussi placée de Gr1 à sept reprises. Banks Hill a donné Ideal World (Kingmambo), vainqueur de Listed et placé de Groupe, et Romantica (Galileo), gagnante du Prix Jean Romanet (Gr1).

Oasis Dream

(Green Desert & Hope, par Dancing Brave)

Entr. : J. Gosden

Oasis Dream a été le crack sprinter de la casaque Abdullah. Il avait d’ailleurs été sacré meilleur sprinter européen en 2003, fort de ses succès dans la July Cup et les Nunthorpe Stakes (Grs1). Il avait aussi conclu troisième des King’s Stand Stakes (Gr1) et deuxième de la Haydock Sprint Cup (Gr1). Au haras, il a donné la championne Midday, Polydream, Pretty Pollyanna, Arcano, le miler Aqlaam et surtout le champion sprinter Muhaarar, lauréat de quatre Grs1 sur les courtes distances. Encore une fois, le prince Abdullah a produit un cheval de course exceptionnel qui a confirmé au haras.

Midday

(Oasis Dream & Midsummer, par Kingmambo)

Entr. : Sir H. Cecil

Midday a eu une carrière remarquable et marquée du sceau Abdullah puisqu’elle a fait preuve de longévité. Elle a brillé aussi bien aux États-Unis, où elle a gagné le Breeders’ Cup Filly and Mare Turf (Gr1), en France, où elle a enlevé le Qatar Prix Vermeille (Gr1) et en Angleterre où elle a remporté les Yorkshire Oaks et trois fois les Nassau Stakes (Grs1). Son premier produit, Midterm (Galileo), a gagné au niveau Gr3, et son deuxième poulain, Mori (Frankel), a enlevé une Listed.

Arrogate

(Unbridled’s Song & Bubbler, par Distorted Humor)

Entr. : B. Baffert

Le prince Khalid Abdullah a fait courir aux États-Unis au plus haut niveau et il avait un certain attachement pour les courses américaines. Ce n’est pas un hasard si son joyau, Frankel, rendait hommage par son nom à son entraîneur américain Bobby Frankel. Celui qui demeurera comme son plus grand représentant outre-Atlantique est sûrement Arrogate. Cheval le plus riche de l’histoire en Amérique du Nord, il a été le meilleur cheval du monde selon les ratings deux années de suite. Il a notamment remporté les lucratives Dubai World Cup, Pegasus World Cup et Breeders’ Cup Classic (Grs1).