Grand Prix de Pau (Gr3) : un goût de revanche

Courses / 24.01.2021

Grand Prix de Pau (Gr3) : un goût de revanche

Le 24 décembre 2020, David Cottin déclare non-partants ses neuf pensionnaires pour la réunion de Pau. L’écurie est touchée par la rhinopneumonie. Coup dur pour le jeune professionnel, qui vise avec attention le meeting de Pau : David Cottin avait amené pas moins de 65 sauteurs pour Pau collection 2021/2021 ! Le virus en a décidé autrement…

Les pensionnaires de David Cottin ont fait leur réapparition sur les programmes palois le 4 janvier. Ils ont donc manqué trois réunions de course et l’entraînement a aussi été grandement bouleversé, les chevaux étant ralentis : coup dur en plein meeting. Depuis le 4 janvier, l’entraîneur avait eu un gagnant à Pau. Alors oui, cette victoire d’Ajas, dimanche dans le Grand Prix de Pau - Biraben Foie Gras (Gr3) doit avoir comme un goût de revanche sur le destin !

Pau, dimanche

134e Grand Prix de Pau - Biraben Foie Gras (Prix André Labarrère) (Gr3, steeple-chase)

Ajas, et de trois pour David Cottin !

Avant le coup, ce 134e Grand Prix de Pau - Biraben Foie Gras (Gr3) paraissait assez ouvert. Mais à l’arrivée, il n’y a guère eu d’émotion puisque le favori, Ajas (No Risk At All), s’est imposé très facilement, permettant ainsi à David Cottin de signer un troisième succès consécutif dans le Grand Prix. Le jeune entraîneur s’était imposé en 2019 avec Forthing (Barastraight), puis en 2020 avec Laterana ** (Saint des Saints). Ce succès de prestige arrive à point nommé pour David Cottin, lui qui ne cesse de jouer de malchance depuis un mois, alors qu’il avait tout pour faire un superbe meeting. Contraint de déclarer forfait ses partants pendant plusieurs réunions à cause de la rhinopneumonie, il n’avait pas été récompensé de sa patience puisqu’une fois qu’il a eu le droit de courir, ses chevaux n’avaient pas répondu présent. David Cottin n’avait franchi le poteau en tête qu’une seule fois au mois de janvier, dans un réclamer sur les haies, avec Pourquoipas Robert (Whipper). Et sa précédente victoire remontait au 15 décembre, avec Cleveland (Manduro) !

Une vraie course. L’épreuve été rythmée sous l’impulsion du fougueux compagnon d’entraînement d’Ajas, Caroubier (Kap Rock). Le futur lauréat, quant à lui, a longtemps galopé en deuxième position, sautant à la perfection. Caroubier cédant au milieu de la ligne opposée, Ajas s’est retrouvé aux commandes en compagnie de Poly Grandchamp (Poliglote). À la sortie du tournant final, ce dernier n’a pu suivre l’accélération d’Ajas, qui a produit son effort à l’intérieur de la piste. Sur le plat, Ajas s’est montré un peu distrait, pointant les oreilles comme s’il voulait ralentir. Son jockey, Kévin Nabet, l’a obligé à s’employer jusqu’au bout, mais il n’y a pas eu de lutte : Ajas s’est imposé par quatre longueurs, offrant par la même occasion un premier succès de Groupe à son éleveur-propriétaire, Ulf Sjoberg. Longtemps attentiste, Eddy de Balme (Cachet Noir) a très bien conclu pour s’emparer de la deuxième place en dehors, une longueur et quart devant la remarquable Deo Gratias (Saddler Maker). Seule femelle au départ, cette dernière était encore en neuvième position à la sortie du tournant final, mais elle a placé un beau changement de vitesse sur le plat pour venir compléter le podium. Quant à Poly Grandchamp, il a conclu quatrième devant Darling des Bordes (Balko). À noter qu’il n’y a pas eu la moindre chute dans ce Grand Prix, ce qui relève encore la beauté du spectacle !

Et pourquoi pas le Grand Steeple ? C’est un premier succès de Groupe bien mérité pour Ajas, qui avait échoué d’une tête seulement en fin d’année, dans le Grand Steeple-Chase de Compiègne (Gr2). Kévin Nabet avait perdu ce jour-là sa cravache, ce qui lui avait probablement coûté la victoire. Le cheval n’avait couru qu’une fois depuis le début du meeting palois : c’était le 5 décembre, lors de sa victoire dans le Prix Comte de Saint Cricq (Haies), qu’il avait remporté par sept longueurs. Dimanche, il découvrait les gros obstacles palois, ce qui ne lui a posé aucun problème. David Cottin nous a dit : « Gagner la plus belle course du meeting après un mois sans presque aucune victoire, ça fait du bien ! Pas seulement pour moi, mais aussi pour toute l’équipe. Ajas est un super cheval. Le fait qu’il découvre les gros obstacles de Pau ne me faisait pas peur, car il sait tout faire. Lors de sa deuxième place dans le Grand Steeple-Chase de Compiègne, il ne connaissait pas non plus le parcours. Il s’adapte à tout, il est facile, il saute bien… Il ne sait pas faire une faute, et il est très maniable dans un parcours. Nous allons préparer gentiment le printemps : c’est un cheval qui peut être préparé pour le Grand Steeple-chase de Paris (Gr1). Pourquoi pas ? » Kévin Nabet, jockey d’Ajas, a quant à lui déclaré au micro d’Equidia : « C'est un cheval qui s'adapte à tous les parcours : Auteuil, Compiègne, Paray-le-Monial (rires)... Il est polyvalent. Il aime dominer. Une fois seul devant, il s'est un peu arrêté, pointant les oreilles. Aujourd'hui, c'est très bien de se rattraper avec le Grand Prix. » Jean Biraben, sponsor de ce Gr3 depuis deux décennies, nous a confié : « Je tiens à féliciter l’entourage du gagnant, Ajas, pour cette magnifique performance. » À la suite de l’interview qu’il nous a accordée hier, le président des éleveurs du Sud-Ouest nous a confié : « En cette période difficile, je voudrais saluer l’action des agences de vente Osarus et Arqana. À la fin de l’année dernière à Deauville, le contexte n’était pas facile mais l’agence a su mener la vacation à bien, grâce à d’importants efforts. Il faut le souligner. »

Pedigree Weatherbys :

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/AJAS-.pdf

La même deuxième mère que Margaret's Legacy **. Ajas est un fils de No Risk at All (My Risk). L’étalon du haras de Montaigu obtient ainsi un septième lauréat de Groupe sur les obstacles, lui qui est déjà le père d’Épatante (trois victoires de Gr1) et d’Esprit du Large (Henry VIII Novices' Chase, Gr1). La mère d’Ajas, Seraglio (Singspiel), est gagnante à 4ans d’un bumper sur 3.500m à Market Rasen, et morte en 2015. Ajas est le deuxième et dernier produit de sa mère après Goddess Freja (Kapgarde), lauréate de trois courses à 4ans sur les haies de Compiègne et de Pau et sur les gros obstacles de Moulins.

Seraglio est la propre sœur de Caphira (Singspiel), elle-même mère du prometteur Margaret's Legacy ** (Prince Gibraltar), attendu au niveau Groupe le mois prochain en Angleterre

Deuxième mère d’Ajas, Dream Quest (Rainbow Quest) a terminé deuxième du Prix Joubert, mais aussi troisième des Victor Chandler Stakes et des Upavon Fillies’ Stakes (Ls). Elle a été mise à la reproduction chez Hesmonds Stud, où elle a donné sept gagnants. On lui doit notamment Dream Along (Sinndar), gagnante à 3ans sur les claies de Newton Abbott. Dream Quest est aussi la deuxième mère de Galiando (Galileo), placé de Listed sur les obstacles… en Australie ! Dream Quest est une propre sœur de Baroon, lauréat de l’Europa-Championat (Gr2) et deuxième du Derby allemand (Gr1). Mais elle est aussi la sœur de Vision of Night (Night Shift), gagnant du Goldene Peitsche (Gr2) et du Prix de Meautry (Gr3) et troisième des Middle Park Stakes (Gr1), et de Struggler (Night Shift), vainqueur du Prix de Saint Georges (Gr3) et deuxième des King’s Stand Stakes (Gr2, à l’époque).

 

 

 

Take Risks

 

 

My Risk

 

 

 

 

Miss Pat

 

No Risk at All

 

 

 

 

 

Simply Great

 

 

Newness

 

 

 

 

Néoménie

AJAS (H7)

 

 

 

 

 

 

In the Wings

 

 

Singspiel

 

 

 

 

Glorious Song

 

Seraglio

 

 

 

 

 

Rainbow Quest

 

 

Dream Quest

 

 

 

 

Dreamawhile