Addiction

Le Mot de la Fin / 04.02.2021

Addiction

C’est le sujet qui fait grincer les courses britanniques. Depuis novembre, la Gambling Commission, le régulateur des jeux outre-Manche, a lancé une étude sur les comportements des joueurs. Elle a considéré que les bookmakers ne faisaient pas assez pour lutter contre l’addiction, bien qu’ayant les moyens d’identifier les joueurs pariant sur internet et présentant un profil dangereux. La Gambling Commission a donc proposé une idée : les affordability checks. Comprenez : un certificat de votre bookmaker prouvant que vous pouvez parier sans risque.

Cela veut donc dire que la Gambling Commission – non gouvernementale – propose de déterminer un seuil de perte au-delà de laquelle il ne serait plus acceptable pour le joueur de parier en ligne : la somme de 100 £ par mois a été évoquée. Voilà donc notre parieur ayant perdu 100 £ durant un mois – voire même sur une journée… cela peut arriver – devant prouver à son bookmaker qu’il est apte à continuer de parier, sans que cela ne le mette en danger financièrement ! Il lui faudra fournir des documents privés : fiche de paie, relevés de compte, etc. Qui a envie de partager de telles informations, aussi personnelles, auprès d’un bookie ? Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut lutter contre l’addiction. Les affordability checks sont sans surprise reçus par le monde des courses britanniques avec rejet. Les allocations, déjà très impactées par toutes les conséquences du Covid, pourraient en souffrir –une perte de 60 à 100 millions de livres par an pour les courses a été évoquée – et il y a aussi la crainte de voir des joueurs quelque peu énervés par ce processus se tourner vers les paris illégaux. Un sondage au Royaume-Uni, auprès de 1.500 personnes, indique que 73 % des parieurs étaient très inquiets à l’idée de fournir des données personnelles à un bookmaker, et 45 % des joueurs réguliers se sont dits prêts à se tourner vers des paris au marché noir.