Grand prix : chaud devant !

Autres informations / 26.08.2007

Grand prix : chaud devant !

Il paraît que depuis que l'on mesure les

précipitations en France, jamais Deauville n'avait connu autant de journées

pluvieuses en juillet et en août. Si bien que malgré le retour du soleil

samedi, le taux d'humidité était toujours élevé sur le champ de course dimanche

après-midi. On se serait cru sous les tropiques. Cela n'a pas empêché Irish

Wells (Poliglote) de gagner à la manière des forts.

Et le terrain... ? L'état de la piste en herbe

n'est plus en cause, puisque la PSF permet de l'économiser. Mais personne ne

sait plus trop quoi penser du terrain lui-même

 L'indice

pénétrométrique est sans cesse contesté (notamment par les jockeys). Le même

jour, certains disent qu'ils ont gagné parce que le terrain était très

souple... alors que d'autres parlent d'un terrain trop asséché pour permettre à

leur cheval d'exprimer tout son potentiel. Ainsi Philippe Van de Poële n'a-t-il

pas couru Mister Conway (Exit to Nowhere) dans le Grand Prix de Deauville (Gr2)

parce que la piste avait trop séché à son goût; pendant que François Rohaut

nous confiait, à chaud, qu'Irish Wells avait enfin eu « le terrain très souple

dont il a besoin pour exprimer tout son potentiel. »

De l'eau, il y en eut dimanche dans le Grand

Prix de Deauville. Sur les flancs de plusieurs chevaux d'abord. Sagara,

intenable au rond. Irish Wells, moins nerveux que les autres fois, mais assez

mouillé tout de même. De l'eau sur le front en nage de François Rohaut : sur le

podium, il en tremblait encore, comme malaxant son trophée de cristal et

d'acier, et nous disait, plus que soulagé et cherchant ses mots dans l’émotion

: « Aujourd'hui, c'était son objectif de l'année. Avant... après... Je ne sais

pas quoi dire. Je voulais courir aujourd'hui et gagner. Il fallait gagner. Avant

la course, je savais qu'on serait condamnés à aller devant. Et puis la course

est parti, et nous nous sommes retrouvés devant. Là, il m'a plu, et dans le

dernier tournant, j'ai su que c'était fait. Parce que les autres étaient «

roués de coups » alors que Dominique (Boeuf) était encore pendu dessus.

Physiquement, il s'est beaucoup épaissi, mais surtout, il a bien progressé

mentalement. » De l'eau, encore et toujours, cette fois dans les yeux de

Dominique Boeuf, qui rejoignait Yves Saint-Martin au palmarès de la course (5

victoires). Encore assis sur le fauteuil pour la pesée d'après-course, il

récupérait à peine de l'émotion vécue au passage du poteau: « Oui, aujourd'hui,

c'est une victoire super importante. Parce qu'en début de saison, je

n'imaginais pas que j'allais vivre une année aussi difficile. Souvent, on a été

battu dans les bonnes courses. Et c'est dur, même quand on sait que le métier

est fait de hauts et de bas. Ce genre de victoires, ça remet un coup de pompes

aux fesses, comme on dit. Ca redonne un coup de fouet au moral. C'est génial. »

Sur le podium, Dominique a brandi son trophée au-dessus de sa tête tout en

serrant la machoire - entre la hargne d'un jockey à la lutte et la souffrance

d'un homme qui serre les dents dans une période de vaches maigres.

On allait oublier Berend Van Dalfsen, qui a

mérité le surnom de « Mister Deauville ». Le propriétaire hollandais, qui élève

au Haras du Berlais (chez Jean-Marc Lucas), est le grand gagnant du mois

d'août: le 17 , il vendait le topprice Arqana pour 1,4M€ ; et le 26, il

remportait une deuxième victoire consécutive dans le Grand Prix de Deauville.

De mémoire de sportsmen, on n'avait jamais connu pareil doublé !

IRISH WELLS FERA LA MONTE EN FRANCE

Bonne nouvelle pour les éleveurs français :

Irish Wells fera la monte en France en 2008. Nous pouvons même annoncer que ce

sera sous la bannière « Etreham » : ou bien au haras d’Etreham lui-même (dans

le Calavados) ou bien au haras de La Tuilerie (dans l’Orne). Le haras d’Etreham

accueille déjà son père Poliglote ; le haras de la Tuilerie est est plus

orienté obstacle, notamment avec la présence du prometteur Saint des Saints.

Les deux options se tiennent… Quant au tarif, il n’a pas encore été fixé. Mais

nous en saurons probablement plus dans les semaines à venir.