Poursuite de la consolidation positive

Autres informations / 15.09.2007

Poursuite de la consolidation positive

KEENELAND : L’ANALYSE

Le 4e jour de Keeneland a

ressemblé au 3e jour tout en grossissant les traits apparus. Les 257 yearlings

vendus ont produit un total de 45 Millions de dollars, en hausse de 8% sur

l'année dernière. Dans la foulée, la moyenne a amplifié son ascension dépassant

de 15% celle de 2006, 175,000 contre 153,000 l'année dernière. La médiane

s'envolait à 175,000, réalisant une hausse de 25%. Bref, tous les clignotants

sont au vert, avec plus d'amplitude que Mercredi, et les opérateurs qui étaient

présents ne cessaient de se plaindre tant il était difficile d'acheter à un

prix abordable ce qu'on avait sélectionné. Comme l'affirmait Geoffrey Russell,

le Directeur des Ventes,« the sale was very strong » !

Du coup, en termes statistiques,

le bilan cumulé des 4 premiers jours ne cessent de « redresser » le démarrage

très négatif des tous premiers jours de sélection. Le chiffre d'affaires est en

passe de rattraper celui de 2006, et la moyenne qui s'était effondrée n'est

plus qu'en baisse de 10%. On peut parier que la tendance devrait se maintenir et

que les résultats finaux, à la fin du book 8, risquent de rejoindre, voire

dépasser ceux de 2006.

Comme quoi, le premier

enseignement, au bout de ces 4 jours de ventes intensives, est le suivant : en

organisant une sélection qui isole la crème de l'ensemble, les organisateurs

s'exposent à des pratiques et des comportements très « politiques » de la part

des grands opérateurs, ce « jeu » particulier qui introduisent des biais qui,

in fine, tendent à exclure, psychologiquement et financièrement, certains acteurs

normaux. Bref, nous sommes en présence d'une partition artificielle de marché

qui crée une sorte de bulle transitoire, parfois elle s'envole pour crever les

plafonds au mépris de toute logique (2006), parfois elle se dégonfle, affichant

des résultats fortement baissiers (2007). C'est ce qui est arrivé Lundi et

Mardi.

Et pour preuve de cette

déconnexion, la suite de la vente, tant l'année dernière où elle a rectifié à

la baisse la forte hausse initiale , que cette année où la suite très positive

tempère les mouvement du début, révèle un fonctionnement régulier de marché en

rapport avec les fondamentaux économiques de l'heure.

Quelle leçon en tirer ? Que le

principe de ventes de sélection resserrée, ou de ventes dites spéciales, pour

les yearlings de bonne qualité, ne correspond plus au professionnalisme des

sociétés occidentales, rompues aux pratiques courantes de marché. Nous avons vu

disparaître la « spéciale » de Deauville, comme les Houghton Sales des

Newmarket, comme les July Sales de Keeneland, et ces disparitions étaient

prémonitoires et judicieuses. Comme l'a été cette année, à un niveau bien

moindre, la transformation des Ventes de Doncaster qui ont classé tous les

yearlings par ordre alphabétique, éliminant ainsi toute notion de sélection. On

pourrait ainsi imaginer que, si les books 1 et 2 de Keeneland fusionnaient pour

ne former qu'une seule très longue session de 4 jours déclinée alphabétiquement,

on serait en présence d'un marché beaucoup plus stabilisé, qui tasserait certes

les folies spectaculaires des enchères, mais qui assurerait une moyenne de très

haut niveau.