Spécial aqps : la grande interview

Autres informations / 01.09.2007

Spécial aqps : la grande interview

MICHEL DE GIGOU : « LE MODÈLE

EST FACTEUR D'APTITUDE À L'OBSTACLE »

Les premiers foals officiellement

AQPS sont nés cette année et une deuxième saison vient de s'achever. Environ 1.100

poulains doivent être répertoriés dans le tout nouveau stud-book, d'après les

premières estimations. Alors qu'une deuxième génération est en cours de

gestation, et tandis que la reprise d'Auteuil se profile, le président de

l'association des AQPS, Michel de Gigou, fait le point pour JDG.

JDG. Pas de mauvaise surprise

après deux saisons de monte ?

Michel de Gigou. Si,

quelques-unes. Des étalons privés qui n'étaient pas agréés ont été considérés

comme tels. Leurs produits sont donc des Chevaux de Selle (CS), et non des

AQPS. Mais la commission des cas spéciaux, qui dépend de celle de notre

stud-book, va examiner ces dossiers prochainement pour les « rattraper », car

ce sont des erreurs de bonne foi. Les éleveurs et les étalonniers connaissent

mieux les règles du stud-book AQPS, à présent.

Elève-t-on encore beaucoup

d'AQPS pour le plat ?

Les croisements dits « à

l'envers », issus d'une jument pur-sang et d'un étalon AQPS, sont souvent

conçus avec cet objectif. Ce n'est pas la raison d'être de notre race, vouée en

principe à l'obstacle. Les grands élevages AQPS courent d'ailleurs de moins en

moins en plat. On observe aussi des élevages de pur-sang qui se spécialisent

dans l'obstacle avec succès. Sinon, il me semble que ce sont les aptitudes des

chevaux qui déterminent leur programme. Je vous en parle d'autant plus

facilement que j'ai élevé Net d'Oudairies, qui n'a pas réussi sa reconversion

sur les obstacles et a ainsi dû rester en plat. Il continue aujourd'hui avec

succès en Corse, seule juridiction où les AQPS de plus de 5ans peuvent

continuer de courir dans cette discipline. A quoi servent aujourd'hui les

Concours de modèles et allures ?

L'AQPS est une race en

formation. Nous avons donc une marge de progression et le modèle est important

dans la mesure où il est facteur d'aptitude à l'obstacle. Il faut donc

faciliter l'accès aux bonnes saillies des juments qui réunissent les

caractéristiques voulues. Les femelles primées ont ainsi plus de chance d'être

tirées au sort que celles de leur catégorie qui ne l'ont pas été. De la même

façon, nous choisissons avec les Haras Nationaux les futurs étalons publics

selon leur modèle, davantage que leur pedigree. Ce choix est aussi dicté par la

faiblesse de nos moyens vis-àvis du plat. Un étalon comme Montjeu nous aurait

beaucoup plu, mais je ne suis pas sûr que nous aurions pu nous le permettre !

Enfin, il y a aussi un souci commercial. Nous travaillons beaucoup avec les

Anglais et les Irlandais, qui sont très soucieux du modèle.

Les AQPS semblent avoir la

partie plus difficile que dans les années 90 à Auteuil…

Il serait stupide de

prétendre le contraire. Nous avons bénéficié d'un certain abandon des élevages

de pur-sang d'obstacle, dans les années 80 et 90. Puis, les pur-sang y sont

revenus. Les entraîneurs ont pu varier leur sélection. Cependant, à force d'apporter

du pur-sang dans nos croisements, nous obtenons aujourd'hui des 3ans capables

de courir et de gagner le Prix Finot. Ce n'est pourtant pas la réputation des

AQPS. Il faut donc plus que jamais être soucieux du modèle. Nos résultats dans

le Grand Steeple sont peut-être moins spectaculaires que par le passé, mais il

faut voir notre réussite en GrandeBretagne, où nos meilleurs sauteurs sont

souvent exportés. Nos résultats là-bas sont meilleurs que jamais.