Des bookmakers arrêtés à longchamp !

Autres informations / 08.10.2007

Des bookmakers arrêtés à longchamp !

Quatre bookmakers britanniques, dont certains

travaillent chez Victor Chandler, ont été arrêtés hier après-midi à Longchamp,

pouvons-nous révéler en exclusivité. Alors que, à quelques mètres à peine, les

commissaires de France Galop délibéraient sur le résultat de l’Arc, le patron

de la Police des Jeux et un autre commissaire de police entendaient les

bookmakers qui venaient d’être surpris en train de prendre des paris sur le

site même de Longchamp ! Ils leur confisquaient leurs passeports, ainsi que de

belles liasses de billets (d’où dépassaient plusieurs coupures de 500 et 200

euros).

Il devait aussi leur être notifiée une

interdiction de sortie du territoire et une convocation au siège de la Police

des Jeux, dès ce lundi matin. Impossible de dire si ces hommes risquent une

comparution immédiate, qui aboutirait probablement à une lourde condamnation,

car le bookmaking est strictement interdit en France depuis 1891. Si la justice

devait s’emparer immédiatement de l’affaire, ils risqueraient de ne pas revoir

l’Angleterre avant d’avoir purgé une peine de prison.

Cette affaire a commencé d’une curieuse

manière. Chaque année, un guichet situé dans la tribune anglaise, à l’entrée de

la ligne droite, réalise un important chiffre d’affaires. Et cette année, rien,

ou presque. Le guichetier, un homme d’expérience, s’en étonne. Il avise alors

le chef des opérations du PMH (Pari mutuel sur hippodrome). Ce dernier se rend

sur les lieux et constate que, non loin du guichet, un groupe d’hommes semble

particulièrement actif : ce sont les fameux bookmakers qui, sans vraiment se

cacher, proposent des paris à la clientèle britannique présente à Longchamp. Le

responsable du PMH hésite sur la conduite à tenir. Il se souvient alors que le

patron de la Police des Jeux déjeune dimanche à Longchamp. Il le fait venir,

avec un autre commissaire en renfort, qui déjeunait lui aussi tranquillement

aux courses. Accompagnés d’hommes du service de sécurité de l’hippodrome, ils

appréhendent les bookmakers et les invitent à les suivre dans un bureau situé

non loin de la salle des commissaires.

Hier soir, au stade où en était l’enquête, il

est impossible d’affirmer que les books encaissaient directement de l’argent

liquide auprès de leurs clients. Mais ce qui est certain, c’est qu’ils leur

remettaient une de ces fameuses contremarques propres aux agences de

bookmaking. Les policiers en ont saisi une épaisse pile (plusieurs dizaines de

fiches), bardée d’un élastique, qu’ils ont glissée dans une grande enveloppe

avec les passeports et les billets de banque confisqués.

Nous avons pu consulter l’une de ces

contremarques : en haut, imprimé sur la souche, le nom de Victor Chandler. Dans

la colonne de gauche, sous le titre « Win », une somme : 200 (sans doute des

Livres Sterling) ; dans celle de droite, sous le mot « Place » : 200. Au centre

de la fiche : « Beauty is Truth, 8/1 » (au départ de l’Abbaye de Longchamp

dimanche). En bas : 400. Mais surtout, tout en haut de la contremarque, juste

sous Victor Chandler, cette indication manuscrite, entourée au stylo : « Cash

». Voilà qui pourrait indiquer que les books en question ont bel et bien

encaissé directement des paris à Longchamp, au vu et au su de tous !

Alors que la question de l’ouverture du marché

des jeux est devenue cruciale, cette affaire peut devenir une « affaire d’état

». Le contexte politique actuel explique d’ailleurs sans doute qu’après avoir

hésité à simplement expulser les bookmakers de l’hippodrome, ceux qui les ont

arrêtés ont préféré garder ces suspects sous la main et poursuivre leur

enquête. Depuis longtemps, lors des grandes journées, des bookmakers hantent

les couloirs de Longchamp – le plus souvent sans exercer leur métier autrement

que par téléphone. Sans se faire repérer… ou sans être l’enjeu qu’ils sont

devenus aujourd’hui.