Sage folie

Autres informations / 08.10.2007

Sage folie

PRIX MARCEL BOUSSAC

Ni l’Aga Khan, ni Alain de Royer Dupré ne sont

des fantaisistes. Ils savent relever des défis sportifs – par exemple envoyer

Darjina sur les QEII à Ascot, contre les mâles et les chevaux d’âge, au lieu

des Sun Chariot Stakes, une semaine plus tard face aux seules femelles. La

situation a changé lorsque le terrain s’est dégradé, mais c’était un challenge

et ils ont fait face jusqu’au bout.

Cet été, lorsqu’on demandait à Jean-Marie

Béguigné la raison de la participation de Lawman au Prix Jacques le Marois, il

répliquait : « Nous courons pour que les éleveurs sachent à quoi s’en tenir. »

C’est d’autant plus vrai lorsque l’éleveur et

le propriétaire ne font qu’un, comme l’Aga Khan.

Zarkava (Zamindar) avait couru une seule fois

avant de prendre le chemin du Prix Marcel Boussac (Gr1), pour lequel elle avait

été supplémentée. La nouvelle de cet investissement avait pu surprendre. Ce

championnat français des pouliches est traditionnellement relevé, on y met pas

les doigts sans précautions.

Cette décision venant de l’Aga Khan et d’Alain

de Royer Dupré, qui n’ont pas l’habitude de parier à la légère, on devenait

néanmoins attentif. Seulement, on ne savait pas tout. On n’avait vu qu’un petit

éclat lors de la première victoire de la pouliche. Ainsi, à mi-ligne droite,

Zarkava semblait perdue pour la victoire. Elle tardait à trouver sa voie.

Conference Call (Anabaa), invaincue en deux sorties, avait pris le dessus sur

le peloton et subissait l’assaut de l’irlandaise Mad About You (Indian Ridge).

Il ne s’agissait pas de petites pouliches, mais d’une partie de la meilleure

sélection européenne. On ne laisse pas impunément ce type de gaillards prendre

plusieurs longueurs d’avance, même dans une course de 2ans, où les valeurs sont

encore vagues.

Il a suffi, pourtant, que Christophe Soumillon

ne lâche sa monture pour que soudain, les autres disparaissent dans l’ombre,

pour qu’on prenne conscience de ce qu’est Zarkava. Intérieurement, l’Aga Khan

et Alain de Royer Dupré ont dû rire un peu, et pas seulement parce qu’ils

remportaient la course pour la première fois, ni parce que leur représentante a

sauté sans prévenir l’ombre d’un poteau peu après le poteau.