Du grand zaiyad

Autres informations / 04.11.2007

Du grand zaiyad

AUTEUIL, Samedi 3 novembre 2007

 « Un extra-terrestre».

C’est ainsi que Jacques Ricou, jockey dont les propos sont généralement plutôt mesurés,

a qualifié Zaiyad(Sadler’s Wells) à l’issue de son deuxième succès consécutif

dans le Grand Prix d’Automne (Gr1),acquis cette fois par six longueurs devant

l’animateur Monolaco (Dom Alco). L’an dernier, il avait devancé Royale Athenia

avec une semblable marge. On ne peut pas dire que la préparation du champion hurdler

du team Mulryan se soit déroulée sans anicroche. Battu par Kasbah Bliss dans le

Prix de Compiègne (Gr3), il a depuis gagné en plat, mais il lui est arrivé,

pour ses rentrées surtout, de courir complètement à côté de la plaque. Cette

fois, cependant, le partenaire de Jacques Ricou a suivi de loin Monoalco, qui

avait pris les devants de bonne heure en biaisant à droite sur presque tous ses

sauts. Il s’est rapproché vivement contre les balustrades en face, a soufflé

dans le virage puis a dominé son rival, avec lequel il a franchi l’avant-dernière

haie. On pouvait d‘ailleurs craindre à cet instant que Monoalco ne biaise une

fois encore sur son rival mais comme Zaiyad lui a pris l’avantage à quelques

foulées de l’obstacle, ils ont sauté de concert, et droit. Pour les autres, la

messe était dite depuis un moment.« Quand il est comme ça, notait Arnaud

Chaillé-Chaillé,il est vraiment dur à battre. Il peut se contracter facilement et

je me suis fait avoir deux fois mais à présent, nous maîtrisons un peu mieux sa

préparation. Je n’ai jamais été vraiment inquiet, aujourd’hui. Il était bien en

course. » Hervé Barjot, manager des Mulryan, indiquait pour sa part : « Nous

allons sans doute une nouvelle fois tenter notre chance en Angleterre cet

hiver. Il faut que trois conditions soient réunies pour qu’il soit performant:

un peu de temps entre ses courses, un terrain souple, et une longue distance. »

Les deux tentatives de Zaiyad outre-Manche se sont soldées par des échecs mais

peut-être le talent du fils de Sadler’s Wells nécessite-t-il davantage de

précautions qu’on ne l’imaginait alors. Propriétaire et entraîneur du deuxième

Monoalco, Philippe Peltier était très heureux de cet accessit : « Il avait son

terrain et comme il n’a pas d’accélération, mais qu’il ne lâche jamais, nous

avons décidé d’aller devant, a-t-il expliqué. Il court très bien. Je l’ai

trouvé foal chez Yves de Soultrait et pour être honnête, c’est surtout l’autre

poulain du pré que je voulais. Il s’appelait MesHommages et il est mort depuis.

Monoalco se déplaçait très bien, en revanche. Et j’ai pris les deux. Mais

j’aurais pu rentrer sans lui ! »Il n’aurait pas été ni le premier, ni le

dernier à rater ainsi un très bon cheval, et on gardera sous silence le nombre de

fois où un acheteur a récupéré un champion dans un pré où il allait acheter un

autre poulain ! De la même façon, l’Aga Khan n’a probablement pas élevé

Zaiyadpour courir à Auteuil. D’ailleurs, qu’importe ?