Guillaume macaire :« il faut choisir entre la gloire et l’argent »

Autres informations / 04.11.2007

Guillaume macaire :« il faut choisir entre la gloire et l’argent »

LA GRANDE INTERVIEW

Guillaume Macaire a remporté 180 courses cette année

et son écurie a dépassé les 3 millions d’euros de gains. Et il devance son

rival de Royan Arnaud Chaillé-Chaillé de 30.000 €.Pourtant, le team Macaire n’a

gagné son premier groupe de l’année que samedi…Saison moyenne. JdG a voulu faire

le point avec lui.

JdG. – Comment expliquez-vous la baisse des résultats

de votre entraînement cette année ?

Guillaume Macaire. – L’année dernière, l’écurie

a gagné près de 5 millions d’euros. C’était exceptionnel. On ne peut pas

repousser tous les ans les limites et le record que nous avons établi avec 258

victoires devrait tenir quelques années encore. Quand on n’a pas de star pour

mener votre écurie, la donne n’est plus la même. Beaucoup des chevaux que

j’entraîne sont vendus. Il m’en reste, puisque j’entraîne autant de chevaux que

par le passé, avec le même turnover, pour maintenir la boutique à flot. Il faut

choisir entre la gloire et l’argent, savoir à quoi on travaille. L’argent est

nécessaire pour se mettre sur le dur, de la même façon qu’on rentre du bois

avant l’hiver. On attend ensuite que les choses évoluent. Or on fait le même

travail avec un cheval de groupe et avec un humble performer qui va gagner son

Derby dans une sous-préfecture. Cela demande autant d’argent, autant de temps,

autant d’énergie. Mais personne ne peut savoir ce qu’un cheval va gagner quand

il arrive chez lui. Si quelqu’un avait dit à Bernard Sécly quand Al Capone a

gagné le Prix MauriceGillois (Gr1) que ce cheval remporterait sept fois le Prix

La Haye Jousselin (Gr1), il l’aurait sans doute pris pour un illuminé, même

s’il en aurait accepté l’augure avec délice.

JdG. – Si vous avez gardé le même nombre de

chevaux, faut-il en déduire qu’ils étaient moins bons cette saison ?G. M. Je

répondrai comme Jean Gabin dans le Gentleman d’Epsom : « Vous ne connaissez pas

la loi de Ropowski sur les répétitions cycliques ? Moi si ! »

JdG. – Vos meilleurs pensionnaires sont-ils

systématiquement exportés outre-Manche ?

G. M. – Non. Mais le contexte économico-social

a évolué au cours des dernières années. On sait la volatilité de la valeur d’un

cheval d’obstacle et on est d’autant plus enclin à vendre lorsque les

propositions atteignent un certain niveau. Les propriétaires et les éleveurs

ont une « entreprise» à faire tourner et une certaine fiscalité à prendre en

compte. On ne peut vraiment pas leur reprocher de vendre, d’autant que la

fiscalité en vigueur en France peut y inciter aussi. Les seuls actuellement qui

soient capables de s’aligner sur les prix français et de faire courir en France

sont les Mulryan. Le prix des chevaux prêts à courir est devenu très élevé. Le

marché est spéculatif et comme toujours dans ces cas-là, il est devenu

artificiel

.JdG. – Vous avez aussi des propriétaires

anglais qui font courir en France. Eux non plus ne peuvent pas s’aligner ?

G. M. Les clients anglais qui font courir en

France cherchent des bons chevaux, comme ceux qui importent en Grande-Bretagne.

On ne peut pas tous les ans trouver un Golden Flight.

JdG. – Qu’est-ce qui vous manque, aujourd’hui ?

On ne vous a pas beaucoup vu à Auteuil, cette année…

G. M. J’ai dû venir trois fois aux courses à

Auteuil depuis l’été. Il n’y a pas d’ambiance, en semaine, et je n’aime pas courir

devant des tribunes vides. En revanche, je ne rate pas le week-end de

l’obstacle. Je viens chercher une bonne ambiance. Le but est d’avoir du

plaisir, de se faire plaisir.

JdG. – Et l’Angleterre ? Depuis Jaïr du Cochet,

vous y allez moins souvent…

G. M. Gagner un Groupe 1 en Grande-Bretagne

avec Jaïrdu Cochet est un souvenir dont la saveur est inimitable. Il faut

d’ailleurs rappeler que j’ai gardé ce cheval à l’entraînement parce qu’il ne passait

pas la visite. J’ai deux partants lundi à Warwick. Je ne voulais pas y aller

avec des chevaux qui n’étaient pas susceptibles d’y réussir. Mais les succès

anglais de Taranis ou de Voy por Ustedes, qui sont passés chez moi, m’ont fait

très plaisir.