Lueur d’espoir dans le conflit entre bookmakers et organisateurs anglais

Autres informations / 03.11.2007

Lueur d’espoir dans le conflit entre bookmakers et organisateurs anglais

INTERNATIONAL

Comme

tous les ans au Royaume-Uni, les représentants des bookmakers et ceux des

sociétés de courses ont tenté de négocier le montant de la participation des

books dans le cadre du Levy Board. Depuis six ans, ils parvenaient toujours à

un accord sans que l’État ne soit contraint d’intervenir. Cette année,

cependant, et tandis qu’on discute le budget de l’exercice 2008/2009, les

négociations n’ont pas abouti. Dès 18 heures mercredi dernier, la rencontre de

la dernière chance a été interrompue, les deux parties n’étant manifestement

pas du tout sur la même longueur d’ondes. Les bookmakers offraient 32 millions

de livres au lieu des 85 millions réclamés par leurs interlocuteurs,

correspondant à 10% des bénéfices avant impôts des opérateurs de paris. La

différence d’environ 50 millions de livres correspondrait au coût

d’installation et de fonctionnement de la nouvelle télé des courses, TurfTV,

mise en place par 31 hippodromes, soit plus de la moitié des champs de courses

en Grande- Bretagne, qui sont 59 au total. Les plus importants du pays sont

dans le lot. Le Tote, seul opérateur de pari mutuel mais dont le chiffre

d’affaires est en majorité constitué par les paris à cote fixe, a déjà signé

avec Turf TV, comme les petits bookmakers. Mais les Big Four (Ladbrokes, William Hill, Coral et Betfred) s’y

refusent. Ils estiment que le coût induit par Turf TV doit revenir à ses

promoteurs, pas à ses diffuseurs. Jusqu’à présent, la chaîne SIS, détenue par

trois des principaux bookmakers et le Tote, retransmettait toutes les réunions.

À partir du 1er janvier, seul TurfTV aura ce privilège, les droits de

Newmarket, Cheltenham ou encore Ascot, pour ne citer qu’eux, lui étant

exclusivement attribués… 56% du chiffre d’affaires sur les paris hippiques du

réseau des bookmakers est réalisé sur les programmes des 31 sites qui se

partagent Turf TV. La réception de SIS coûte environ 15.000€ par an par Betting

shop. Turf TV demanderait 6.500£ pour son service, soit environ 10.000€ par an.

8.500 boutiques étant concernées par la négociation actuelle, il est question

d’environ 85 millions d’euros par an. Les sociétés de courses doivent tenir

bon. La commercialisation de leurs images est sans doute le meilleur moyen

d’assurer la pérennité de leur financement. Les Anglais défrichent un terrain

qu’il nous faudra peut-être bientôt découvrir à notre tour. C’est le manque

d’unité des institutions britanniques qui, jusqu’alors, les a empêchés de se

défendre efficacement. En engageant des spécialistes des droits sportifs tels

que Nic Coward, directeur de la BHA issu de la Football Premier League, la

nouvelle autorité hippique anglaise cherche surtout à améliorer son modèle

économique sans s’en tenir aux seuls prélèvements, particulièrement bas

outre-Manche. Les courses sont très implantées dans la culture anglaise. Les

books n’y sont probablement pas tout à fait pour rien. Cependant, la recherche

d’un profit plus rapide et plus facile, par exemple sur les paris sportifs, les

casinos en ligne ou les jeux virtuels, pourrait les dissuader d’encourager

l’hippisme auprès de leur clientèle, redirigée vers des gammes de paris plus

lucratives. Mais comme cela va être long et coûteux, ils seront peut-être

finalement enclins à payer pour le moment. Le Secrétaire d’État à la culture,

aux médias et au sport – le périmètre de ce ministère témoigne bien de la façon

dont sont perçues ces activités outre-Manche – devra donc arbitrer pour cette

fois, mais les courses britanniques tiennent peut-être le bon bout.