Trucages : après le tennis, les courses ?

Autres informations / 03.11.2007

Trucages : après le tennis, les courses ?

AVENIR

DE LA FILIÈRE

Sale

temps pour les bookmakers. Après les déboires de Victor Chandler, pris en

flagrant délit de prises de paris illégales dans l’enceinte de Longchamp le

jour de l’Arc, et ceux du patron d’Unibet, mis en examen par la Justice

française mercredi dernier, le journal « Le Monde » consacre, dans son édition

datée du 1er novembre, toute sa page 3 aux matchs de tennis truqués et à

l’influence du bookmaking dans ces événements. Le monde chic et « sportif » du

tennis est frappé de stupeur par les langues qui se délient subitement,

renvoyant ce sport de l’élite aux combines les plus compromettantes que l’on

imaginait réservées à des compétitions moins nobles… dont les courses de

chevaux. Pendant que le médiatique patron de Zeturf, site de paris en ligne

installé à Malte, parade dans le supplément du grand quotidien français (Le

Monde 2), Yannick Cochennec met en lumière dans Le Monde tout court l’étroite

relation entre l’apparition des nouveaux sites de paris Internet en ligne,

opérés par les Betfair, Unibet, Sportingbet ou autres Bwin, et la découverte de

trucage dans les tournois de tennis. Les aveux des uns a suscité ceux des

autres qui se sont répandus comme une traînée de poudre : les Français Michael

Llodra et Arnaud Clément (membres de l’équipe française de Coupe Davis), le

Marocain Younes El- Aynaoui (14e mondial en 2003), le Russe Dimitri Tursunov,

l’Américain Paul Goldstein ou le Belge Gilles Elseneer, ont tous fait état de

pratiques délictueuses ou de tentatives de corruption. Le mal est identifié par

le journaliste du Monde : « Chaque jour, des sommes colossales, dont l’origine

est impossible à déterminer, transitent par le biais de sites de paris en ligne

qui couvrent non seulement les grands tournois du circuit mais qui acceptent

également des paris pour des compétitions moins prestigieuses. En résumé, la

situation est devenue incontrôlable ! » La conclusion de ce passage est plutôt

alarmante quant à l’avenir d’une compétition hippique européenne largement

ouverte aux nouveaux bookmakers. Il faut souligner que ces craintes sont

alimentées par l’incroyable comportement du Russe Nikolaï Davydenko, un des

meilleurs mondiaux, au tournoi de Sopot le 2 août dernier où, contre toute attente,

il abandonnait au 3e set contre l’obscur Espagnol Vassalo-Arguello, en raison

d’un « pied douloureux ». Ce jour-là, Betfair enregistrait un pari de 7

Millions de dollars sur l’improbable victoire de Vassalo-Arguello ! Cette

tempête qui secoue le tennis mondial a de quoi alarmer le monde des courses

européennes. En effet, Le Monde remarque que « s’il paraît difficile de

soudoyer toute une équipe de football, il est en revanche plus facile de tenter

un joueur de tennis isolé ». Et tout le problème du bookmaking hippique est

résumé dans cette analyse que reprend Le Monde : les sports individuels comme

les courses hippiques, où les jockeys et les entraîneurs peuvent é v i d e m m

e n t « moduler » la performance de leur cheval, deviennent un terrain bien tentant

pour toutes les malversations que favorisent des modes de paris bien peu

transparents entre personnes privées que les nouveaux books mettent en place.

Tant l’affaire Fallon que l’attitude de Davydenko révèlent au grand jour

l’évidente menace que le bookmaking fait peser sur nos sports et sur les

courses. Seule la Commission de Bruxelles semble ignorer cette réalité qui

emplit les colonnes de nos médias européens ! Bruxelles ne serait-elle plus en

Europe ?