Des statistiques 2007 alarmantes

Autres informations / 22.01.2008

Des statistiques 2007 alarmantes

 

Pour

tout observateur objectif de l'élevage de pur-sang destiné à la sélection

classique du plat, ou aux courses d'obstacles en plein développement en Europe,

les statistiques irlandaises et anglaises livrées par Weatherbys  sont alarmantes. Jamais dans l'histoire de

l'élevage, on n’avait atteint une telle concentration. Concentration sanguine,

concentration sur certains étalons, concentration économique, concentration

géopolitique.

300

juments par étalon !

Dans

un premier temps, puisqu'ils occupent la tête de la statistique par le nombre

de juments saillies, les étalons irlandais destinés à l'obstacle crèvent le

plafond de la vraisemblance : 367 juments saillies pour le valeureux Oscar, 329

pour Milan, 288 pour Flemensfirth, 279 pour Dr Massini, 272 pour Westerner.

Bref, un nombre vertigineux pour ces sires leaders d'obstacle à Coolmore qui, à

eux cinq, ont sailli plus de 1500 juments ! Vous  n'avez pas rêvé : 5 étalons pour 1535 juments

! De plus, leur fertilité moyenne, relevée pour leur production 2007, est de

l'ordre de 67% en moyenne, ce qui représente un retour bien aléatoire pour les

propriétaires de juments qui sont bien plus nombreux que les détenteurs

d'étalons. Tous ces chiffres ne sont guère réjouissants et ils expliquent

l'état économique précaire de l'éleveur de base en Europe.

Une saillie n’est pas un

produit de grande distribution

Mais

venons-en aux stars de l'élevage de pur-sang : 196 juments pour Galileo, 195

pour Invincible Spirit, 187 pour Oratorio, 186 pour Hurricane Run, 176 pour

Choisir, 171 pour Elusive City, 171 pour Verglas, 170 pour Dansili (le 1er

anglais), etc. Ces chiffres pour l'élevage de sélection donnent le tournis ! En

fait, sauf exception, tout étalon un tant soit peu populaire en Irlande ou en

Angleterre saillit en moyenne entre 130 et 150 juments, avec des pointes à 200

juments, ce qui paraît excessif en regard de la taille des marchés, et de la

rareté relative qui doit accompagner un bien de qualité. Une saillie, forcément

chère, d'un bon étalon de pur-sang n'est pas un produit de grande distribution,

et les juments des éleveurs individuels n'incarnent pas la consommation de

masse. Un éleveur français qui fait l'effort d'envoyer sa jument à Galileo ou à

Invincible Spirit s'attend, si sa jument remplit (ce qui est mis en doute par

la masse des saillies), veut obtenir un poulain doté d'une certaine rareté :

est-ce possible quand vous n'êtes qu'une unité sur 200 ?

Tout

analyste aujourd'hui se doit de tirer la sonnette d'alarme : avec de telles concentrations

vers les étalons à la mode, quel que soit leur niveau de prix, on obtient un

marché surchargé des produits de ces sires. Par voie de conséquence, le retour

requis par la vente des yearlings de ces étalons devient très aléatoire dans la

mesure où les acheteurs n'ont que l'embarras du choix, seuls les meilleurs

sujets atteignant des prix en rapport avec ceux des saillies.

C'est

pourquoi les statistiques de Weatherbys, que JDG reproduit aujourd'hui, sont

d'un grand intérêt pour les éleveurs qui réfléchissent à leurs croisements

outre-Manche : ne vaut-il pas mieux choisir ses étalons en fonction du nombre

de juments saillies et en fonction de leur fertilité. Tout cela fait débat, et

notre publication ne manquera pas d'offrir ses colonnes à ceux qui veulent y

participer.