Disparition : le galop australien en deuil

Autres informations / 10.01.2008

Disparition : le galop australien en deuil

Le décès

de George Moore, mardi à Sydney à l’âge de 84 ans, a projeté une ombre sur tout

le turf australien mais aussi en Europe, où le crack jockey s’est distingué en

deux courts séjours dans les années 50 et 60, avec notamment un Derby d’Epsom

et un Arc, celui de Saint Crespin en 1959. Natif de Mackay dans le Queensland,

apprenti à partir de 1938 à Brisbane, il a émigré à Sydney dès 1940, après un

premier titre dans le Queensland, pour devenir le meilleur cavalier de

Nouvelle-Galles du Sud avec la complicité d’une autre légende du turf wallaby,

Tommy Smith, auquel il s’est régulièrement associé à partir de 1949. Ensemble,

et malgré des rapports tumultueux entre deux personnages exceptionnels, ils

furent associés à un des plus grands chevaux de l’histoire des courses

australiennes, le néo-zélandais Tulloch, lauréat de trente-six courses entre

1956 et 1961, dont dix-neuf avec Moore. Tulloch a remporté quatorze victoires à

3 ans sur seize sorties. Victime d’un virus ensuite, il devait réussir un

retour fracassant deux ans plus tard avec quinze nouveaux succès. Une seule

fois il n’a pu monter sur le podium, dans la Melbourne Cup 1960 sous 63,5

kilos. Il serait certainement parti favori trois ans plus tôt, mais son propriétaire

avait privilégié le Victoria Derby. Le poulain a survolé le classique de

Melbourne avec en selle George Moore, qui l’a monté pour sa première et sa

dernière sortie. Venu en France dès 1959 pour s’associer aux représentants

d’Aly Khan, entraînés par Alec Head, « Cotton Fingers » -Tommy Smith aurait dit

de Moore qu’il aurait pu monter avec des rênes de coton hydrophile - allait

vite s’imposer au meilleur niveau, notamment avec six succès classiques en deux

saisons. De retour en Europe sept ans plus tard, mais en Grande-Bretagne au

service de Noel Murless, il allait retourner en Australie au bout d’un an avec

en poche un Derby et les King George, soit les deux plus grandes épreuves du

pays. Titulaire d’un total de 2.278 victoires, dont 119 Groupes 1, George Moore

a raccroché en 1971 (à 48 ans) pour s’installer brièvement comme entraîneur en

France, puis à Hong Kong, où il a accumulé onze titres avant de prendre sa

retraite, en 1985. Son fils Gary Moore a suivi le même chemin que son père

puisqu’il a monté pour l’écurie Head à son tour, dans les années 80, pour

remporter lui aussi un Prix de l’Arc de Triomphe, en 1981 avec Gold River, puis

il est devenu entraîneur. John Moore, l’autre fils de George, s’est pour sa

part installé à Hong Kong à la suite de son père et y a remporté cinq titres de

Champion Trainer. Il a établi le nouveau record de victoires pour un entraîneur

dans l’ex-colonie britannique en passant la barre des 900 succès en février

2006. Il en compterait plus de mille aujourd’hui… Le lien de la famille Moore

avec la France s’était aussi resserré lorsque sa fille s’était mariée au jockey

français Philippe Paquet.