Interview claudeyves pelsy

Autres informations / 20.01.2008

Interview claudeyves pelsy

Montclair (



 

 «

JE N’AI PAS RACHETÉ UNE POULINIÈRE DEPUIS QUE J’AI COMMENCÉ »

On voit peu ClaudeYves Pelsy, l’éleveur

des « Airy », à Auteuil. Pourtant, ses produits y réussissent des prouesses,

année après année, et invariablement chez Jacques Ortet, avec lequel il coopère

depuis une vingtaine d’années. C’est alors que cet ancien entraîneur, par

ailleurs ostéopathe, a décidé de se consacrer à l’élevage, chez lui dans l’Est

près de Verdun, et exclusivement avec des juments AQPS qui ont fait souche.

Neuvième au classement des éleveurs en obstacle en 2007, entre Jacques Cyprès

et Gilbert Gallot, il est aussi deuxième chez les seuls AQPS, le tout avec 18

poulinières. Les « Airy » sont montés huit fois sur le podium depuis le 1er

janvier à Pau, et l’éleveur suivra Kiléfou d’Airy dans le 121e Grand Prix de

Pau, dont il a terminé deuxième – battu d’un nez  en 2004…

 

JdG. – Comment votre élevage atil

démarré ? ClaudeYves Pelsy.  J’ai arrêté

d’entraîner en 1987 après avoir été plusieurs fois tête de liste dans l’Est. Un

de mes clients m’a laissé une ardoise et j’ai préféré laisser tomber. Ce ne fut

pas un déchirement, pour moi. J’arrêtais à un moment de ma carrière où j’avais

à peu près fait le tour de la question. J’entraînais alors 70 chevaux, dans

l’Est et à Chantilly, où j’avais installé une antenne. J’ai donc décidé, à 37

ans, de devenir ostéopathe ! J’ai aussi gardé huit juments AQPS pour élever. Je

n’en ai pas racheté une depuis. En décembre dernier, les quatre premiers d’une

course plate à Pau étaient les produits de quatre sœurs ! Tous les chevaux que

je fais naître actuellement descen dent des huit poulinières avec lesquelles

j’ai décidé de me consacrer à l’élevage. Certaines étaient issues de l’élevage

familial, d’autres avaient rejoint mon écurie d’entraînement. Mais toutes étaient

AQPS. Quand j’ai com mencé, dans les années 70, je me suis spontanément tourné

vers les AQPS parce que j’ai estimé qu’il m’était impossible d’élever des

pursang pour l’obstacle. Ça ne se faisait plus. Et puis j’aimais beaucoup les

AQPS. C’était l’époque d’Isopani, de Ginetta, qui me faisaient rêver.  JdG. – Comment, de Lorraine, vous êtesvous

retrouvé à travailler avec un entraîneur à Pau ? Il n’y avait pas plus loin !

            Dans

un premier temps, j’ai placé mes poulains chez celui qui me faisait le plus peur

quand j’étais entraîneur : René Cherruau. J’éprouvais beaucoup d’admiration

pour lui. Et c’est grâce à lui que j’ai rencontré Jacques Ortet, chez qui il

avait envoyé un de mes produits en association. Je me suis toujours bien

entendu avec Jacques. J’ai été entraî neur et je sais de quoi il retourne. Pour

la distance, il faut dixsept heures pour faire le voyage en camion de

MaucourtsurOrne (eh oui : il y a une rivière Orne dans la Meuse !), où sont

basés la ferme familiale et mon élevage. Nous faisons des rotations. Ça ne me

pose pas de pro blème. Je vais à Pau plusieurs fois par an, pour faire le

point, et de toute façon à cette époque de l’année. J’en profite pour monter le

matin… J’adore ça.

 

JdG. – Vous concentrez souvent vos

juments sur un étalon. Quelle politique suivezvous ?

            Dans

l’Est, nous n’avons pas beaucoup le choix. Or pour que je lui fasse confiance,

il faut qu’un étalon me tape dans l’œil. Je croise avec les pedigrees, bien

sûr, mais aussi beaucoup au modèle. J’ai donc choisi, quand c’était néces

saire, de trouver mon propre étalon. C’est comme cela que j’ai rentré

Cosmograph, puis Cadoubel, Cachet Noir, avant de m’en remettre à Ungaro, qui

était stationné au Haras National de Rosières, et enfin Anzillero, qui est venu

d’Allemagne l’année dernière après avoir débuté outreRhin. Je pense qu’il avait

raté une grande carrière, même s’il avait battu Sabiango à 4ans. Il a sailli

dix de mes dixhuit juments en 2007. Je dois continuer de sélec tionner mon

cheptel, car je rentre sans doute mes meil leures juments aujourd’hui…