Stéphane chevalier : le français international

Autres informations / 27.03.2008

Stéphane chevalier : le français international

Tétière :

découverte

 

Stéphane

Chevalier va vivre un grand moment samedi 29 mars. Il va seller son premier

partant à Dubaï, un jour de World Cup, dans le Godolphin Mile (Gr2) avec Don

Renato (Edgy Diplomat). Pour ce jeune homme de 35ans, ce n’est pas vraiment le

fruit du hasard mais la suite logique d’une carrière déjà riche qui l’a vu sillonné

plusieurs continents au service des chevaux de courses. Il faut dire que le

jeune Stéphane était largement prédisposé : né à Chantilly avec un père

jockey d’entraînement et de courses, en plat et obstacle. Sa vocation rencontre

pourtant un premier obstacle : il a été refusé à l’école du Moulin à Vent

en raison d’une vue insuffisante. « Il faut dire qu’à l’époque (les années

80, ndlr), les exigences étaient supérieures à ce qu’elles sont

aujourd’hui. » Stéphane se lance alors dans une formation en cuisine mais

« j’étais plus amoureux des chevaux que de la cuisine. » A 17ans, une

opportunité se présente et il l’a saisie : Nicolas Clément s’installe et

le prend à son service. « J’étais un peu comme le gosse de la

maison. » Stéphane Chevalier côtoie alors le champion Saumarez. Mais, très

vite, l’appel de l’étranger se fait irrépressible. En toute logique en 1991, il

poursuit avec la famille Clément et rejoint Christophe, en phase d’installation

aux sur la côte Est des Etats-Unis. « Je n’y suis resté que quelques mois

car Christophe commençait puis j’ai intégré l’écurie de George Rusty Arnold II.

J’ai été à son service pendant 5ans et ½ et j’ai pris des responsabilités.

L’écurie se déployait sur la côte Est de New-York en Floride ; cette

expérience m’a beaucoup appris. » Mais le jeune homme est curieux et il

gonfle encore son curriculum auprès de Kiaran McLaughlin à partir de 1996. Là,

il découvrira encore de nouvelles contrées puisque qu’il passe, pour l’écurie,

les hivers à Dubaï et les étés à New York. La recherche du temps perdu ne

l’empêche de faire montre de stabilité : ce sera une nouvelle

collaboration de 5ans et ½. Il n’aura donc pas le loisir de croiser le chemin

d’Invasor, le lauréat de la dernière Dubaï World Cup pour le compte de

McLaughlin.

La trajectoire

passe alors par la case France où Stéphane Chevalier repose les pieds en 2002. Il

devient alors garçon de voyage de Rupert Pritchard-Gordon. Malgré ce goût de la

conciliation, celle de vivre en France au service d’un entraîneur anglais,

« le retour a été difficile. Il y avait tant de contrastes avec ce que

j’avais vécu avant… » Une nouvelle porte va s’ouvrir mais ne dit-on pas

que la chance sourit aux audacieux ? L’intercesseur sera, cette fois,

Emmanuel de Seroux, courtier français bien connu aux Etats-Unis. Il lui offre,

fin 2005, de s’installer en Arabie Saoudite au service de Ian Jory, entraîneur

américain en charge de l’Ecurie du Prince Sultan Mohd Saud Al Kabeer.

Proposition immédiatement acceptée qui enfle encore les tampons des pages du

passeport de Stéphane. Sans le savoir, il vivra, en 2006, une formation

grandeur nature puisqu’on lui propose début avril 2007 de prendre la suite de

Ian Jory. « C’était un 1er avril mais écrivez plutôt début

avril », nous précise avec humour le jeune homme.

 

UN BILAN

Quasiment un

une année après, il est l’heure d’établir un premier bilan. « J’ai entre

87 et 90 chevaux de 3ans et plus à l’entraînement. Depuis le début de la saison

au début septembre, j’ai eu 132 partants pour 29 gagnants et 57 places. Si on

ajoute les 2ans, j’ai 140 chevaux à l’entraînement pour le Prince Sultan Mohd

Saud Al Kabeer. Il ne s’agit que de pur sang anglais. » Au classement

régional, Stéphane Chevalier pointe à la 2e place derrière les

chevaux du Roi d’Arabie Saoudite. « Nous avons 2 points de retard mais une

victoire dans le dernier Groupe 3 de vendredi prochain nous permettrait de

prendre la tête du championnat. Ce n’est pas encore totalement perdu. »

« Ma plus

grande victoire est celle obtenue avec Joe Louis (Lode & Jolie Caresse par

Septième Ciel) dans la King’s

Cup (Gr1) sur 2.400m. C’est l’équivalent ici de l’Arc de Triomphe. C’est un

très bon cheval d’origine argentine. La victoire dans la Cup permet d’être invité

d’office dans la Dubaï

World Cup mais je préfère attendre l’année prochaine avec

lui. Il n’a que 5ans et j’aurai de vraies ambitions dans un an. » Le

témoin du niveau de la compétition locale s’appelle Premium Tap (Pleasant Tap).

Ce compétiteur appartient au Roi et a terminé 2e de la

World Cup 2007 d’Invasor. Or Joe Louis

vient de battre Premium Tap dans la

King’s Cup…

 

FOCUS SUR DON

RENATO

L’autre fer de

lance est Don Renato (Edgy Diplomat), celui-là même qui se présentera dans le

Godolphin Mile (Gr2) et fera partie de la fête de Nad El Sheba ce samedi.

« C’est un miler de très bon niveau qui vient du Chili. Il a débuté en

septembre par une 2e place dans un maiden pour chevaux n’ayant

jamais couru en Arabie Saoudite. Gagnant ensuite le 26 octobre, il a pris après

une 2e place sur 1.800m derrière… Joe Louis. Il a regagné en janvier

et n’a fait que 11e sur 2.400m en février, une distance trop longue

pour lui. C’est encore Joe Louis qui gagnait et Premium Tap était 4e.

Juste pour situer le niveau. Et le 7 mars, il a fini 3e derrière

Premium Tap sur le mile à une ½ longueur du gagnant. Cela lui donne une

première chance pour la Godolphin Mile.

Ce qui est drôle, c’est qu’ils lui ont laissé son rating chilien de 107 mais,

sur ses dernières sorties, il vaut 117/118. Le cheval est, aujourd’hui, à 110%

de ses moyens ! »

 

LA SAISON SAOUDIENNE

Sur le

principal hippodrome de Ryad, Janadiriyah, la saison prend place entre le début

septembre et le la fin mars, avec une pause, entre début décembre et début

janvier. Les courses ont lieu tous les jeudis et vendredis. Les deux dernières

réunions de la saison ont lieu cette semaine, jeudi et vendredi.

 

LE PRINCE

SULTAN AL KHABEER

Ce grand

propriétaire saoudien possède 90 poulinières et un nombre d’étalons qui oscille

entre 7 et 9. Il a renforcé cette année son parc de reproducteurs avec la

location pour six mois de Not For Sale

(Parade Marshal), le père d’Asiatic Boy, lauréat en 2007 de l’UAE Derby (Gr2)

et en lice cette année dans la World Cup

(Gr1).

 

LES CHEVAUX

SUD-AMERICAINS

Le marché des

pur sang sud-américains est devenu plus difficile tout le monde, y compris les

propriétaires saoudiens. « Nous avions été les premiers à faire venir des

chevaux d’Amérique du Sud, il y a quelques années. Par exemple, Gold For Sale

(Not For Sale) a gagné les UAE 2000 Guinées à Dubaï en 2006 pour le Prince Al

Khabeer. Mais maintenant qu’on a ouvert les portes et que les succès se

multiplient, comme celui d’Invasor, le marché est devenu plus cher et

difficile. »


 

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