Tetiere : tribune libre

Autres informations / 28.04.2008

Tetiere : tribune libre

 

Lettre

de Michel Bodiguel à Edouard de Rothschild

Ancien rédacteur en

chef à Presse Océan,

et président des courses de Nantes, Michel Bodiguel livre ici son témoignage

sur ce que tout le monde, aux courses, appelle « L’Affaire Ferrand ».

Pour lui, ce qui s’est passé à Vichy impose de réfléchir à une sérieuse réforme

des statuts de ces associations si particulières que sont les sociétés de

courses…

« Monsieur le Président,

Si l’Institution des courses ne peut se soustraire aux

règles du jeu démocratique, la mise à l’écart inattendue de Bernard Ferrand de

la présidence de la Société

des courses de Vichy m’interpelle, comme elle inquiète un grand nombre de mes

collègues qui, comme moi, la jugent injuste et imméritée.

Je ne vous rappellerai pas les impressionnants états de

services du Président Ferrand que vous avez, vous-même, suffisamment appréciés

pour l’appeler à vos côtés et en faire votre conseiller. J’ai seulement en

mémoire sa récente intervention à Bruxelles devant les commissaires européens

où il se montra le plus pertinent et le plus convaincant de la cause des

courses françaises.

Que l’humeur d’un conseil d’administration ait raison de

l’action de son président et jette ainsi le doute sur ses mérites et le

remarquable acquis de son bilan, ne peut que fragiliser l’exercice de la

fonction de dirigeant des sociétés de courses au regard de ceux qui suivent

avec intérêt ou convoitise l’adaptation aux nouveaux défis du monde hippique.

Sous l’impulsion de Bernard Ferrand, Vichy est devenu un

modèle pour nos hippodromes. L’intérêt de ses programmes, leur audience comme

leur rayonnement s’inscrivent dans une nécessaire évolution à laquelle nos

sociétés, si elles veulent survivre, ne peuvent échapper.

Plus que sur l’honorabilité de ses dirigeants, même si

celle-ci demeure primordiale, l’avenir de l’activité hippique tient davantage

désormais à leur capacité managériale et au crédit qu’ils représentent auprès

de leur environnement, notamment politique. L’existence de nos hippodromes

repose bien souvent sur l’adhésion des élus locaux. A Vichy, où le contexte

politique est particulièrement diversifié, Bernard Ferrand est parvenu à

obtenir un consensus dont la pérennité se trouve aujourd’hui, elle aussi,

fragilisée.

Cette situation très dommageable me conduit à vous demander

de réfléchir à la mise en place de dispositions statutaires qui évitent toute

secousse tellurique préjudiciable à l’organisation des courses. Il me paraît utile par exemple que toute

candidature à une fonction dirigeante fasse l’objet d’une déclaration écrite

deux semaines avant l’élection, que le mandat soit porté de deux à quatre ans

pour en garantir la stabilité et privilégier l’action à plus long terme, mais

aussi qu’un candidat déjà titulaire d’une responsabilité présidentielle dans

une autre société, ne puisse pas jeter son dévolu sur un autre siège.

Je vous prie de croire Monsieur le Président, en

l’assurance de mes sentiments toujours très attentifs et les meilleurs. »

Michel Bodiguel


 

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