Les courses sont un bateau sans gouvernail

Autres informations / 09.05.2008

Les courses sont un bateau sans gouvernail

 

Extraits d'une lettre

écrite par Arthur Hancock au TDN à la suite de la tragédie de Eight Belles.

Arthur Hancock est le fils du grand « Bull » Hancock qui a fait de

Claiborne Farm le haras leader du Kentucky pendant longtemps. Arthur a élevé à

Stone Farm, son haras, de grands chevaux dont trois gagnants de Kentucky Derby

: Gato Del Sol, Sunday Silence et Fusaichi Pegasus. Sa lettre est un cri du

cœur.

 

Le

vrai problème du monde des courses américain, c'est que personne ne le dirige!

Nous sommes un bateau sans gouvernail et nous allons droit nous échouer quelque

part. Nous avons en revanche beaucoup de capitaines mais ils ont tous des avis

différents et des préoccupations personnelles. Nous ne pouvons donc pas réguler

le système et nous gouverner pas nous-mêmes. Nous sommes composés de chapelles

et de fiefs qui ne peuvent entrevoir l'intérêt général, et ces entités

institutionnelles, privées, professionnelles, caritatives, commerciales

étatiques (ndlr : suit une longue

énumérations des organismes) constituent un monde fragmenté rempli de

petits pouvoirs et de contre-pouvoirs qui deviennent tous inefficaces.

Par

exemple, la réglementation antidrogues est le privilège de chaque État aux USA.

Cela fait des années que j'ai dit qu'il fallait bannir toute médication. En

1960 un cheval courait 11,3 fois par an, et en 2007 ce chiffre est tombé à 6,3

fois par an. C'est une chute dramatique de 44% et cette statistique centrale

interroge radicalement notre élevage qui est devenu « faible » et

« fragile ». Il s'agit d'un cercle vicieux et il est urgent d'arrêter

toute médication si nous voulons élever de vrais et robustes chevaux de

courses.

Nous

devons créer un nouvel espace et de nouvelles règles de compétition, sans

médications. Il faut nous rappeler que ces drogues ne font qu'enrichir les

vétérinaires qui sont suffisamment convaincants pour s'annexer les entraîneurs

et les propriétaires. Mais cela suffit désormais quand on constate le désastre

actuel et les accidents tragiques des derniers temps. Il est temps que nous

promouvions une politique fédérale qui tiennent compte de l'intérêt général et

qui « nettoie » tout notre immense désordre. Notre bateau doit se

doter d'un gouvernail, ou nous sommes définitivement perdus.