Zarkava, seule au sommet

Autres informations / 07.06.2008

Zarkava, seule au sommet

Dimanche 8, Chantilly. Rarement deux classiques successifs

sur un semblable parcours se sont aussi peu ressemblés. Dimanche dernier,

l’issue du Prix du Jockey Club (Gr1) était très incertaine, et si son lauréat a

tous les ingrédients qui font un cheval populaire, il est encore difficile de

le désigner comme seul leader de sa promotion. L’avenir le dira.

Chez les pouliches, en revanche, la domination de Zarkava

(Zamindar) est claire depuis l’automne dernier, et elle a cru encore cette

saison avec le triomphe de la pouliche dans la Poule d’Essai. Jamais l’élève de

l’Aga Khan n’a rencontré Natagora, remarquable troisième chez les mâles à

Chantilly, et elle n’a bien sûr pas encore rencontré de poulain. Aucune ligne n’existe

vraiment entre les deux pouliches, sinon des lignes imaginaires qui dès lors

servent seulement à spéculer. Ce qui en revanche semble acquis, c’est que les

deux demoiselles sont des championnes.

À trois jours du Prix de Diane (Gr1), jeudi, Zarkava s’est

promenée au rond de Chantilly devant un public très épars, sous le regard d’un

entraîneur très détendu. Alain de Royer Dupré regarde la fille de Zamindar

comme un expert admire une toile. Cinq ans après la saga Dalakhani, l’élevage

Aga Khan lui a envoyé un nouveau joyau. Nulle faille dans son amure de cuir

brun, nul doute dans son regard. Cette pouliche-là a la démarche sûre des

femmes sûres de leur effet, des coureuses olympiques à l’attaque des records

mondiaux.

Dimanche, Zarkava partira grandissime favorite pour signer,

quatorze ans après East of the Moon et trois après Divine Proportions, un

nouveau doublé PouleDiane. Au passage, elle a établi un nouveau record des

1.600 mètres de Longchamp…

Elle laissait ce jour-là une malchanceuse Goldikova (Anabaa)

à quatre longueurs, l’irlandaise Halfway to Heaven terminant juste derrière

avant d’aller gagner les Mille Guinées irlandaises (Gr1). Quatrième et pas très

heureuse pour finir, Modern Look a depuis survolé le Prix de Sandringham (Gr2).

Nul besoin de Tonigencyl pour cette ligne-là : elle est en béton.

On ne voit pas ce qui peut lui arriver, hormis un incident

imprévisible, une catastrophe. Un quart de millénaire après la naissance du

pur-sang, on tombe encore, de temps en temps, sur des sujets hors pair comme

ceux-là. Le seul doute qu’on puisse entretenir sur Zarkava consiste dans son

aptitude à dépasser 2 000 mètres, mais Chantilly n’est pas l’endroit idéal pour

révéler cette faille, et ni East of the Moon, ni Divine Proportions, soumises à

la même question, ne se sont arrêtées là.

C’est donc sur les deux marches les moins hautes du podium

que les treize rivales de Zarkava semblent condamnées. Une ligne s’imposera

peut-être, mais ce n’est pas certain. La plus sérieuse aujourd’hui, comme on

l’a vu, est sans doute celle de la Poule d’Essai, de préférence à celle du Prix

Saint-Alary.

 

 

 

 


 

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