3- l’enjeu de l’europe et de l’ouverture des paris

Autres informations / 19.08.2008

3- l’enjeu de l’europe et de l’ouverture des paris

 

Pour Bernard Ferrand, la question essentielle et centrale

pour l’avenir est « l’Europe ».

En préalable, le Président rappelle qu’un an plus tôt,

l’assemblée générale avait lancé le front uni face à la question délicate qui

allait être posée par l’Europe. Ce front uni intégrait les professionnels du

trot. « Il ne faut pas oublier que nous sommes les metteurs en scène et

les seuls vrais représentants de la filière dans toute l’acceptation du terme. »

Un travail important a été engagé avec les sociétés-mères, complété par la

formation d’un collectif de socio-professionnels. Ce collectif avait fait les

recommandations suivantes :

– retour des ressources à la filière pour tout nouvel

opérateur de prise de paris sur internet,

– défense du système du pari mutuel, seul garant d’un

système sain alors que le système à cotes fixes incite « à la

tricherie ».

 

Ces principes sont dorénavant acquis mais il reste pour

l’ensemble des acteurs à travailler sur la construction, l’élaboration,

l’architecture des modalités d’application.

Les contraintes à introduire dans ce système sont, pour

Bernard Ferrand de quatre ordres.

– le sujet des garanties. « Qui peut nous apporter des

garanties sur le respect des règles par les nouveaux opérateurs de prise de

paris sur internet ? Pour nous, c’est l’Etat. »

– Il faut travailler sur le système et l’arsenal de

pénalisation.

– Il y a nécessité de créer une Haute Autorité dans laquelle

les éleveurs et les socioprofessionnels sont représentés.

– Un risque majeur est le détournement des prises de paris

hippiques sur les autres paris sportifs par les nouveaux opérateurs.

 

Par rapport à ce dernier sujet, il est fait question de la

possibilité que le monde des courses, via le PMU, prenne place dans le marché

des paris sportifs. L’idée serait alors d’avoir une offre

« multi-produits », susceptible d’attirer le plus grand nombre. Et in

fine de développer le chiffre d’affaires des paris hippiques.

 

Hubert Monzat est membre du Comité chargé de définir les

modalités d’application de l’ouverture des prises de paris sur Internet. Il a

fait un point sur l’avancement du projet. En termes de calendrier, la loi sera

en débat au parlement courant novembre pour être adoptée avant la fin de

l’année.

Différents prérequis, ou lignes rouges, ont été imposées dès

le début à la Commission Européenne.

Ces prérequis sont bien sûr des invariables du projet en cours. Il s’agit

d’abord de circonscrire les prises de paris au pari mutuel sur les courses

hippiques. Ensuite, le retour financier à la filière doit être garanti. Sur ce

point, deux scénarios sont encore ouverts :

– Une taxe affectée sur le produit brut des paris (le

chiffre d’affaires). C’est l’option la plus sécurisante qui garantie un

financement au moins équivalent à l’existant.

– Une redevance pour service rendu. Cette option est plus

contraignante et impose, entre autres, de justifier les dépenses d’organisation

assumées par les Sociétés de Courses.

Hubert Monzat a ensuite abordé le sujet de la répression et

du contrôle technique sur les sites de prises de paris hippiques basés à

l’étranger. Des solutions techniques existent comme la mise en place de

« sites miroir » qui permettent de suivre l’activité des prises de

paris. Ce point est fondamental dans le cadre de la répression des opérateurs

étrangers qui ne respecteraient pas leurs engagements.

Comme bouclier de protection, il est aussi fait référence

aux efforts marketing et de communication importants qui seront immanquablement

importants lors des deux premières années d’exercice par les opérateurs agréés.

Ces efforts devraient « tuer » l’offre illégale.

A l’image de l’analyse présentée par Bernard Ferrand, Hubert

Monzat a repris les risques de substitution réels des paris sportifs aux paris

hippiques après détournements de ces derniers.

En terme de politique sectorielle, le Directeur de France

Galop, pense également qu’il ne faut pas rester confiner aux seuls paris

hippiques. « Il faut aller vers la diversification de notre activité via

le PMU. L’objet est bien de défendre et faire prospérer les paris hippiques à

partir de paris sportifs. Il nous faut démarcher, prospecter et renouveler nos

clients. »

 

Questions/interventions

de la salle

Jean-Pierre de Gasté : « Il nous manque

aujourd’hui deux garanties :

– le retour financier aux courses sera-t-il équivalent de ce

qu’il est avec le PMU ?

– comment homologuer les opérateurs étrangers ? »

Bernard Ferrand : « Il reste à définir

l’architecture et la mécanique qui va faire fonctionner le système. Cela exige

une mobilisation totale et complète. »

 

Jean-François Gribomont : « Il faut être vigilant

aux règles de droit de propriété intellectuel avec les nouveaux opérateurs

(droit à la prise de paris, droit à la propriété des images de courses, etc.).

Le risque est que l’activité hippique soit piratée par les opérateurs aux

profits d’autres paris sportifs. Aujourd’hui, en Belgique, l’activité hippique

est très peu présentée dans les officines de prises de paris. Il faut un droit

d’inventaire et obtenir la garantie des revenus pour les courses équivalents à

aujourd’hui, en tenant compte de l’inflation. Si non, on va perdre 5%, puis 10%

tous les ans. »

 

 

CONCLUSION

Pour conclure, Bernard Ferrand a insisté sur trois points.

1- Développer le nombre d’adhérents. Le syndicat compte

aujourd’hui 2.300 adhérents sur 5.500 éleveurs. L’objectif est de passer à

3.000 et de représenter ainsi 60% des éleveurs.

2- Mieux communiquer sur les compétences et le savoir-faire

du syndicat qui est en fait le centre d’expertise française de l’élevage.

3- Mettre les moyens au service de la cause de l’étalonnage

français. Les 890 poulinières françaises qui vont à l’étranger représentent des

saillies, de l’emploi, de la nourriture perdu pour l’industrie française de

l’élevage. Au cours de l’Assemblée, la donnée des juments étrangères venues

saillir en France a été fournie par Paul-Marie Gadot. Elle se chiffre à 180.

 

Bernard Ferrand a aussi tenu à remercier notre titre qui se

positionne comme un outil de communication fort et expert, destiné à l’ensemble

de la population des éleveurs français.