Lettre ouverte

Autres informations / 31.08.2008

Lettre ouverte

 

 « Je suis très

heureux de voir s’ouvrir un débat permettant de coordonner et d’harmoniser les

flux financiers d’aides et subventions directes ainsi que des allocations

s’instaurer sans favoriser les uns ou les autres, et encore moins de

privilégier les riches et les puissants. Il risque de décevoir les initiateurs

de ce débat, car les conclusions seront sans doute très différentes des

déclarations préliminaires.

Cela dit, je ne pense pas que la période soit bonne. Le

modèle français, que chacun reconnaît être un des meilleurs au monde va

connaître un bouleversement profond à partir de la mi-2009. Aujourd’hui, la

priorité est de le défendre et de nous organiser de façon à ne pas ressortir

appauvris de l’ouverture à la concurrence du marché des jeux en ligne, mais, au

contraire, d’en être les bénéficiaires. Il faut serrer les rangs et ne pas se

lancer dans des querelles forcément destructrices.

Le sentiment de frustration, de mauvaise organisation, de

programmes déséquilibrés, d’argent mal employé parce que favorisant telle ou

telle catégorie d’acteurs, il n’y a pas que les meilleurs qui l’ont. Les

nombreux coups de fil que j’ai reçu ces derniers jours montrent une certaine

incompréhension de propriétaires ou d’entraîneurs vivant au jour le jour des

problèmes différents de ceux que rencontrent les têtes de liste. Ils ont le

sentiment symétrique que l’argent commun, produit par les jeux au PMU, est

employé de façon excessive pour soutenir la sélection et le commerce international.

Je suis certain que des données objectives vont permettre de

sortir du domaine du ressenti pour entrer dans celui de l’analyse. De la

réaction épidermique à des propositions de long terme.

La discussion, si elle repose sur des données transparentes

sera le moyen de trouver une voie qui serve véritablement l’intérêt général.

Les données transparentes permettant de juger des avantages et désavantages

données à telle ou telle catégorie, chacun les attend :

-dans le domaine des aides et subventions. Les deux

principaux postes – dont les montants sont très élevés – concernent les

indemnités de transports et les subventions aux terrains d’entraînement.

L’étude déjà réalisée sur le premier sujet devrait permettre de juger.

Concernant le second point, chacun sait que l’aide apportée par le biais du

financement des pertes des centres d’entraînement de Chantilly et de Maisons

Laffitte sont très importantes et constituent déjà une aide de l’ensemble du

Galop.

-dans le domaine des programmes et allocations. Il sera

instructif de faire le bilan de 13 ans de France Galop en la matière. 13 années

dont 12 années de hausse de l’enveloppe distribuée. De quels équilibres est on

parti ? Où est on arrivé ? Quels ont été les « oubliés du système » ? les plus

favorisés ? Y a-t-il eu des dérives et dans quel sens ? Quelles sont

aujourd’hui les priorités ? Qui sont les gagnants du « programme national »

créé pour éviter justement des inégalités ?

Dans ces deux domaines, je ne suis pas certain que les

distorsions de concurrence désavantagent les professionnels parisiens au

détriment des régionaux, au contraire. L’essentiel ne doit pas être perdu de

vue : l’évolution globale des allocations et aides distribuées par France Galop

en obstacles et en plat. Nous allons connaître deux à trois exercices

difficiles rompant avec les « 12 glorieuses » connues depuis 1995. Le bilan

dressé sur les bases que j’ai résumé ci-dessus permettra de donner des

directions pour répartir les efforts dans la période de vaches maigres.

La préparation d’une nouvelle ère de croissance dictera

aussi et surtout les choix. Et on sait que l’augmentation des courses servant

de support à des jeux nationaux via le PMU ou ses concurrents est un des axes

incontournable. Ce qui donnera à tous des devoirs vis-à-vis d’une base de

propriétaires qui doit encore s’élargir, grâce à un programme régional qui va

s’étoffer de façon substantielle.

Enfin, comment ne pas saluer aujourd’hui les professionnels

de l’obstacle qui affichent leur cohésion et règlent leurs différent entre eux

? Ils sont, eux aussi solidaires de l’ensemble, alors que la part des

allocations du Galop qui leur revient est inférieure de près de 4 points à

celle qui ressort de la répartition au Royaume Uni.

Voir plus loin que le quotidien et ne pas céder à la

tentation des pressions à courte vue, c’est une démarche qui ne peut que

s’imposer à tous. »           Hubert

Tassin