Russian cross s’installe sur la route de l’arc

Autres informations / 24.08.2008

Russian cross s’installe sur la route de l’arc

 

Samedi 23 août, Deauville. « Le chemin de la corde est toujours

le plus court. Nous l’allons montrer tout à l’heure. » Ce postulat

qu’aurait pu signé Jean de la

Fontaine, Russian Cross (Cape Cross) l’a scrupuleusement

appliqué sur la piste pour remporter le Prix Guillaume d’Ornano (Gr2). Ce

chemin le plus court devrait maintenant l’emmener vers l’Arc (Gr1), son

prochain objectif, comme nous le confiait le Baron Edouard de Rothschild,

heureux propriétaire de ce talentueux poulain. « Nous allons aller

directement sur l’Arc maintenant. En effet, il n’y a aucun intérêt à courir une

préparatoire avant, d’autant qu’il a eu une course dure aujourd’hui. Il n’a pas

couru après ses débuts victorieux cet hiver, car il s’était fait un chip

[blessure à un os, ndlr]. »

Ce

Prix Guillaume d’Ornano sert assez rarement de tremplin pour l’Arc. L’an

dernier, l’entourage de Literato (Kendor) avait choisi les Champions Stakes de

Newmarket comme Gr1 de fin d’année. Si Russian Cross n’est pas passé par les

voies « habituelles pour arriver sur l’Arc, s’explique pour deux raisons.

D’une part, son absence de début d’année l’a empêché de suivre la filière

classique et, d’autre part, le Prix Niel (Gr2) arrive trop rapproché (le 14

septembre) de ce Prix Guillaume d’Ornano. Le fait d’avoir éviter les joutes

classiques du printemps peut donc être un mal pour un bien pour le frère

d’Archange d’Or (Danehill) et Russian Hope (Rock Hopper). On le sentait sur la

montante après sa course de rentrée le 16 juin, où il n’était pas encore à son

poids de forme. Il a renoué avec le succès peu après, le 28 juillet. Ce

jour-là, il avait réellement impressionné, remportant une « B » par

10 longueurs dans un excellent temps. D’ailleurs, il avait alors reçu une JDG Rising Star et nous pensons qu’il n’a pas fini de

progresser…

 

Russian Cross,

tête de liste française chez les 3ans ?

Avec

cette victoire, Russian Cross prend une nouvelle dimension dans le paysage des

3ans français. Par lignes interposées, il se place parmi les meilleurs 3ans hexagonaux.

Avec Montmartre (Montjeu) sur la touche et Vision d’Etat (Chichicastenango) qui

fera en toute logique son retour dans le Prix Niel, Russian Cross devra

attendre l’Arc qui sera son véritable test. En tout cas, il apporte un premier

groupe à André Fabre durant ce meeting de Deauville et prend place comme son

meilleur espoir « classique » de l’automne.

 

Une grande famille

En

plus d’être très bon, Russian Cross est aussi très bien né. Sa mère, Dievotchka

(Dancing Brave), qui n’a jamais couru, a déjà produit plusieurs éléments de

très grande qualité. Le premier qui vient à l’esprit est forcément Archange

d’Or (Danehill), lauréat du Prix Eugène Adam (Gr2) et qui est désormais étalon

au Haras de la Reboursière

et de Montaigu. Russian Hill (Indian Ridge) fut également une très bonne

compétitrice issue de Dievotchka. Elle remporta sa Listed, le Grand Prix de

Compiègne, et fut souvent placée de Groupes. Le premier produit de Dievotchka a

lui aussi été très compétitif. Russian Hope (Rock Hopper) a, en effet, remporté

dix de ses dix-neuf sorties, gagnant en fin de carrière le Grand Prix de

Deauville (Gr2). Il courait déjà sous les couleurs du Baron Edouard de

Rothschild et était préparé par Henri-Alex Pantall.

 

Du côté des battus

On

craignait avant le coup beaucoup les anglais dans ce Groupe 2. Et pour cause,

l’opposition à Russian Cross était composée de chevaux déjà très endurcis qui

avait fait leurs preuves à ce niveau. River Proud (Proud Citizen), 3e de la Poule d’Essai (Gr1) au printemps

et qui venait de remporter une Listed pour sa rentrée se classe 2e. Son

entraîneur, Paul Cole, nous disait après la course : « Nous

sommes un peu déçus, car il n’y a pas eu assez de train pour notre poulain.

Mais le gagnant est un bon cheval. Si nous revenons en France, nous ferons le

train nous même et je donnerai les ordres pour qu’il aille devant. Nous n’avons

pas encore d’idée sur sa prochaine course, mais nous pensons aux Champions

Stakes de Newmarket en fin d’année. » Le 3e, City Leader (Fasliyev) avait

lui aussi déjà fait ses preuves. Il restait sur une 2e place dans le Prix

Eugène Adam (Gr2) où il avait d’ailleurs laissé une belle impression. Il a

connu des petits ennuis de trafic dans le tournant final et est rentré avec une

légère coupure au postérieur gauche, due à la bousculade. Le régulier Chinchon

(Marju) prend quand à lui la 4e place, après avoir un moment fait illusion pour

un bon classement. Il répète toutes ses courses et fait une nouvelle fois sa

valeur. Il est d’ailleurs, à nouveau, devancé par City Leader qui l’avait battu

dans l’Eugène Adam. Carlos Laffon-Parias, son entraîneur, nous disait après la

course : « Il fait sa valeur car il est battu par des chevaux

qui l’avait déjà battu avant. Il répète ses courses. Pour la suite de son

programme, rien n’est encore déterminé, mais n’étant pas gagnant de Listed,

beaucoup de course lui sont ouvertes. Cependant, il fera un bon 4ans et nous

allons essayer de le préserver jusque là. » Enfin, le lauréat du Prix

Eugène Adam, Twice Over (Observatory), se classe 7e. A sa décharge, il a été

fortement déstabilisé dans le tournant final, son jockey manquant de tomber et

il n’a pu réellement se relancer ensuite, étant même un instant contrarié

encore dans la ligne droite. Si on dit quelquefois qu’il faut effacer une course,

la formule n’a jamais été autant appropriée à son endroit.