Iclan de molières entre dans la légende de craon

Autres informations / 08.09.2008

Iclan de molières entre dans la légende de craon

Dimanche 7 septembre, Craon.

Iclan de Molières (Chef de Clan) fait désormais partie de la légende du Cross

de Craon, la plus belle et exigeante qui soit après sa deuxième victoire dans

l’épreuve étalon en la matière en France. En 2005, son succès avait été signé

au terme d’une épreuve menée tambour battant. Cette fois, l’allure a été très

raisonnable pour ne pas dire prudente. Pour Etienne Leenders, le mentor qui a

dirigé toute la carrière d’Iclan, « ceci est sans doute dû à la petite

pluie qui est tombée juste avant la course. Chacun a joué la prudence. »

 

Un doublé… couplé à

un jumelé

La joie n’était pas présente dans le camp du lauréat : elle

irradiait de toute part ! Non seulement, il fallait fêter la victoire mais

aussi un jumelé. L’entraîneur de Jarzé a en effet placé sur la deuxième marche

du podium Chriseti (April Night). Il y a même eu une lutte fratricide dans les

300 derniers mètres de course. Tendre lutte fratricide car Iclan n’a jamais

semblé véritablement en danger après être venu en patron au retour du dernier

passage en terre, dans la descente du tertre. C’est un endroit stratégique à 800m

de l’arrivée où se joue régulièrement de dénouement final. L’écart à l’arrivée,

une longueur, est à la fois éloquent et réduit au terme des 6.000m imposés.

En fait, si l’émotion était particulièrement intense,

c’était pour saluer le doublé réalisé par Iclan de Molières. Lauréat en 2005,

blessé en 2006 (« il a bougé trois semaines avant la course », nous

apprendra Etienne Leenders), deuxième en 2007, le 12ans de l’Ecurie Ténor a

donc repris son spectre. Les doublés sont rares à ce niveau et dans cette

discipline. Le dernier en date était l’apanage de Fujiyama (Lute Antique) en

2002 et 2003. Avant, il y a bien sûr la fabuleuse série de cinq victoires (1996

à 1999 et 2001), et record absolu à la clé, d’Archy Bald (Carmont). La

référence précédente était au crédit de Matea Lambern (Haltea II) avec un

triplé en 1986, 1987 et 1989.

 

Guillaume

Macaire : « Le gagnant était au-dessus du lot »

Quatrième avec Kami des Obeaux (Saint Preuil), lauréat du

Grand Cross en 2006, Guillaume Macaire n’était pas déçu outre mesure.

« Kami des Obeaux manquait de compétition car sa dernière course à

Pompadour ne compte pas : il est tombé et n’a concrètement pas couru. Il

s’est retrouvé trop tôt en tête et a demandé à souffler quand le lauréat est

venu. Il faut aussi dire qu’il n’y a pas trop de courses pour préparer cette

épreuve. Je crois de toute façon que le lauréat était au-dessus des autres.

Kami va courir le Prix Télopée (la revanche dans deux semaines, ndlr) s’il

récupère bien et n’a pas perdu trop de poids. »

 

Un incident qui a

changé la face de l’épreuve

Lumière du jour (Chamberlin) est tombée au passage de route.

Ensuite, en liberté, elle a divagué dans l’immense cuvette craonnaise pour se

retrouver à passer au nez du peloton à la réception d’un contre-bas. Elle a

emporté dans son mouvement trois concurrents dont Djurjura (Akarad), la

troisième cartouche d’Etienne Leenders. Montée par Gabriel Leenders – le fils

–, cette 6ans était encore bien en course. Son éviction involontaire a laissé

percé un léger regret dans le camp des vainqueurs. « Elle aurait pu faire

l’arrivée » pour Christine, la mère du jockey. En revanche l’expérience et

l’à-propos de Christophe Dubourg, le jockey du gagnant, ont été salués par beaucoup

d’observateurs. « Lumière du Jour avait fait la même chose ici il y a

quinze jours, expliquait Etienne Leenders. Christophe a été particulièrement

attentif et a déporté son cheval sur la droite pour éviter les mouvements du

peloton. »

 

Une histoire de

fidélité

La joie dans le clan des vainqueurs n’était pas feinte. Tant

Etienne que, l’épouse Christine, recevait les félicitions par brassées. Outre

le doublé d’Iclan de Molières, outre le jumelé Iclan/Chriseti, il faut ajouter

la fidélité à Craon. Le premier succès de l’entraîneur de Jarzé dans le Grand

Cross remonte à 1985 avec All Ready (Fin Bon), son pur sang de cœur. Depuis les

partants se sont succédés avec d’autres victoires (Banelpa par exemple) et de

nombreuses places.