Les femelles dans l’arc : la grande serie

Autres informations / 20.09.2008

Les femelles dans l’arc : la grande serie

Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) va cette année,

comme tous les ans rassembler un lot de véritables champions. Des champions qui

auront 2.400m pour entrer dans l’Histoire et marquer la mémoire des passionnés.

Mais certains concurrents vont, en plus de participer à l’épreuve reine du

galop mondial, se lancer un véritable défi. Ainsi, même si Zarkava (Zamindar) a

fait grosse impression lors du Qatar Prix Vermeille (Gr1), elle conserve un

point qui se révèle défavorable dans les statistiques : elle fait partie

du sexe faible. C’est l’occasion pour nous de porter notre attention sur les

femelles et leur comportement dans l’Arc. Même si elles n’ont pu que prendre

des places, au cours des dernières années, comme Aquarelliste (Danehill) en

2001 ou encore Pride (Peintre Célèbre) en 2006, il fût un temps, pas si

lointain, ou les femelles effectuèrent une véritable « razzia ».

Entre 1972 et 1983, les pouliches s’imposèrent et dominèrent les mâles à huit

reprises. La série commença avec San San (Bald Eagle) qui apporta à Freddy Head

son deuxième « Arc ». Un « Arc » un peu chanceux pour lui

puisque c’est Jean Cruguet qui devait piloter la protégée de la Comtesse Batthyany.

Malheureusement pour lui, il se blessa quelques jours avant et ne put prendre

part à la grande course. Voilà pour la petite histoire. Mais si l’on revient

sur San San, on s’aperçoit qu’elle dominait Rescousse, une autre pouliche de

trois ans de grand talent. San San, elle, restait avant son succès dans l’Arc

sur une victoire dans le Prix Vermeille (Gr1). Un « passage presque

obligé » pour une future postulante sérieuse à l’Arc. La grande Allez

France (Sea Bird) y triompha par exemple en 1973. Et même si elle buta sur

Rheingold cette année-là, elle gagna courageusement l’Arc en 1974, à l’âge de

4ans. Cette année là, son pilote Yves Saint-Martin se cassa le grand trochanter

à Maisons-Laffitte quelques jours avant l’épreuve. On avait alors réservé pour

elle la monte de Lester Pigott. Une monte dont elle n’eut pas besoin puisqu’

Yves Saint-Martin réussit à se mettre en selle grâce à des infiltrations et des

soins quotidiens. Fort heureusement, les efforts du jockey furent récompensés

par un succès. Encore une belle histoire qui entoure un Arc enlevé par une femelle.

Quand Yves Saint-Martin ne gagnait pas le Graal, c’était au tour de son grand

rival de l’époque de signer une nouvelle victoire : Freddy Head. En effet,

ce dernier pilota Ivanjica (Sir Ivor) au succès en 1976. La protégée d’Alec

Head n’eut pas de chance car, alors que le Prix de Diane (Gr1) lui semblait

promis, une grève des lads fit annuler la course et par conséquent elle ne

put  « que » remporter le Prix… Vermeille. On y revient. Après

une préparation atypique où elle disputa le Washington D.C International (Gr1)

en concluant troisième, elle apporta un troisième Arc à Freddy Head, le seul

pour l’entraînement de son père Alec Head. Trois ans plus tard, c’est pour sa

sœur Christiane que Freddy enleva le championnat du monde des purs sangs avec

Three Troikas (Lyphard). Comme quoi le Prix de l’Arc de Triomphe peut aussi se

transformer en une affaire de famille. Lauréate de la Poule d’Essai des Pouliches

(Gr1) et du Prix Vermeille (Gr1), Three Troikas tombe sur Dunette dans le Prix

de Diane. Elle remit les pendules à l’heure dans l’Arc en s’imposant très

sûrement. Entraînée par Olivier Douieb, Detroit (Riverman) signa une brillante

victoire dans notre épreuve reine. Troisième du Prix…Vermeille derrière Mrs

Penny, la mère de Mrs Lindsay (Theatrical), Detroit compensa cette défaite en

s’imposant dans le Prix de l’Arc de Triomphe à l’âge de 3ans. Il est

intéressant de noter qu’elle devança Gold River (Riverwoman) dans le Prix Foy

(Gr2) en 1981. Cette dernière allait par la suite triompher dans l’Arc avec une

particularité. En effet, elle avait réussi à enlever le Prix du Cadran (Gr1)

qui se disputait à l’époque au printemps. C’était vraiment une championne

éclectique, loin du schéma de spécialisation en distance que l’on peut

connaître actuellement. En 1982, Akyida (Labus) fut la dernière femelle de 3ans

en date à s’imposer dans le Prix de l’Arc de Triomphe. Elle portait les

couleurs de Son Altesse l’Aga Khan et était entraînée par François Mathet, un

tandem magique. Deuxième du Diane et du Vermeille, la pouliche associée à Yves

Saint-Martin choisit le bon jour pour passer le poteau en tête… C’est sur ces

traces que Zarkava tentera de marcher dans moins de trois semaines. All Along

(Targowice) a conclu cette formidable série, favorable au sexe dit faible, en

1983. La partenaire de Walter Swinburn fut une fantastique globe-trotter,

enlevant notamment aux USA le Washington DC International (Gr1) et le Turf

Classic (Gr1). A 3ans elle avait aussi enlevé le Prix Vermeille, une course que

toute femelle digne d’un Arc doit avoir accroché à son palmarès. Cette année

1983 forma d’ailleurs un tiercé de femelles avec Sun Princess et Luth

Enchantée. Des pouliches qui étaient exceptionnelles et qui possédaient par

conséquent les qualités pour tenter leurs chances dans l’Arc. Zarkava n’étant

pas du même monde comme nous l’avons titré, elle peut entrer elle aussi dans la

longue et fantastique histoire des femelles et du Prix de l’Arc de Triomphe. A

elle maintenant d’écrire son histoire.

 

L’APRES GUERRE : TROIS FEMELLES EXCEPTIONNELLES

Trois pouliches ont marqué l’histoire de l’Arc juste après

la guerre. Il s’agit tout d’abord de Nikellora (Vatellor) sur les traces de

laquelle va tenter de marcher Zarkava. En effet, la protégée de René Pelat a

réussi l’incroyable tour de force de remporter la Poule d’Essai, le Prix de

Diane, le Prix Vermeille et enfin le Prix de l’Arc de Triomphe. Plus qu’une

marche, la plus dure et Zarkava aura réussi le même exploit. Quoi qu’il en

soit, il faut plus qu’une pouliche extraordinaire pour réussir cela, il faut

une pouliche d’un autre monde. Un monde dont Nikellora a les clefs. A Zarkava

de les trouver. En 1949, Coronation (Djebel) fit comme son père et brilla dans

l’Arc. Mais elle fut aussi à l’image d’All Along, une grande voyageuse

puisqu’elle signa des sorties en Angleterre où elle se plaça à la troisième

place des Oaks. Enfin, il est important de saluer la victoire de La Sorellina (Sayani) en

1953. Celle-ci a signé cette année là un doublé « Diane-Arc » déjà

remarquable et était entraînée par Etienne Pollet, l’homme de Sea Bird. Ces

trois femelles étaient vraiment très bonnes et auront marquer l’Histoire de

l’Arc, une histoire qui n’est uniquement masculine comme Zarkava tentera de

nous le prouver.