Raison et sagesse : démonstration claire de john ferguson

Autres informations / 12.09.2008

Raison et sagesse : démonstration claire de john ferguson

 

Les

temps ont bien changé. Nous ne cessons de rendre compte de la métamorphose du

marché qui devient beaucoup plus raisonnable, beaucoup plus professionnel,

beaucoup plus sélectif. Cette mutation progressive qui s'est révélée clairement

l'année dernière s'est amplifiée ces derniers jours, induisant une baisse des

indicateurs, surtout celle du prix moyen. Désormais, les opérateurs fixent des « justes prix », ils se

donnent des limites, et par cela ils entendent ne plus succomber au crescendo

du jeu des enchères. Un yearling a une valeur objective, et le marché doit la

confirmer.

Nous

avons vu hier (jeudi, ndlr) une

démonstration éclatante de cette réalité, et l'histoire vaut la peine

d'être rapportée. Comme l'a formulé la presse anglaise, Paul d'Arcy a réalisé

quelque chose d'exceptionnel : il a battu aux enchères John Ferguson qui

poussait pour Cheik Mohamed, son patron. Paul d'Arcy, comme son nom ne

l'indique pas, est un entraîneur anglais sans grand relief qui a le privilège

d'avoir actuellement pour client Karen Sanderson, une chirurgien-dentiste de

Southampton qui a monté un grand cabiner dentaire et qui se passionne pour les

courses et l'élevage. C'est ainsi que la docteur Sanderson et Paul d'Arcy se

sont retrouvés à Keeneland pour tenter d'acheter quelques belles pouliches, car

Mme Sanderson croit dur comme fer aux « outcross » et préfère faire

son marché aux USA plutôt que dans la vieille Europe.

Le

#1084 devait forcément attirer l'attention des anglais puisque cette pouliche

de Mr Greeley est sœur de King Of Rome (Montjeu), le bon poulain de Derrick

Smith (Coolmore), qui vient d'enlever cet été les Meld Stakes (Gr3) et les

Royal Whip Stakes (Gr2) à Leopardstown. Mme Sanderson et son entraîneur étaient

assis dans le Sales Pavillon, alors que John Ferguson était debout, comme à son

habitude, à l'arrière du ring de vente. De 600.000$ à 1 Million, les deux

concurrents s'opposèrent sans se voir, mais quand Paul d'Arcy mit un bid de 1,1

Million pour cette pouliche de classe, John Ferguson quitta la scène sans

hésiter, à la surprise générale.

La dentiste de

Southampton avait battu le Cheik de Dubaï, à un prix qui n'était pas exagéré pour une Mr

Greeley, sœur d'un bon 3ans en Europe. C'est de plus le Top price du jour.

Hormis l'anecdote qui ne manque pas d'aspects croustillants et inattendus,

Karen Sanderson étant surtout connue pour ses démêlées et ses ruptures avec ses

entraîneurs précédents, cette histoire

confirme la physionomie du nouveau marché. En effet, il apparaît clairement

que le Cheik avait donné un ordre strict du Million de dollars, et que John s'y

est tenu, alors que dans bien d'autres occasions antérieures, il eût continué

et battu la téméraire dentiste. Mais John Ferguson et le Cheik avaient décidé

d'une valeur et ils s'y sont arrêtés.

Keeneland

nous indique clairement que le temps des feux d'artifice est révolu. Cette

sagesse toute nouvelle crée un marché très différent, beaucoup plus mesuré,

plus sage, plus sain. Et il est en repli par rapport à 2007, ce qui est

mécaniquement normal en raison de ces nouvelles dispositions.

On

pourra aussi ajouter que la nouvelle force naissante sur ce marché, Legends Racing, le dynamique

partenariat américain imaginé par Gaines et Gentry, se tient lui aussi à ce

type de raisonnement, compte tenu de ses dimensions collectives et financières.

Ce fonds est « géré » par ses directeurs, qui rendent des comptes aux

autres associés, et il est donc contraint d'observer les fondamentaux du

marché. Tout cela va dans le même sens, celui de la raison et de la sagesse