42e conference internationale

Autres informations / 08.10.2008

42e conference internationale

 

« ADVANTAGE PROGRAM »

de la NTra :

entre la centrale d’achats et le

cabinet de conseil

 

L’échange d’expériences est au cœur de la Conférence internationale,

dont la 42e édition s’est tenue à Paris lundi dernier. Et parmi ces

expériences, certaines sont plus inattendues que d’autres. Ainsi le

« Programme d’avantages », proposé à ses membres par la National

Thoroughbred Racing Association américaine…

 

Le père d’Alexander Waldrop a

participé à la Libération de la France avant de séjourner sur une base

militaire américaine de la région de Dijon. C’est pourquoi lundi soir, à

l’issue de la Conférence internationale, il n’avait pas prévu de rentrer

immédiatement dans le Kentucky – mais plutôt de faire un détour par la

Bourgogne où son père avait passé « quelques-uns

des meilleurs moments de sa vie ».

En attendant ce petit bonheur

personnel, Alex Waldrop a présenté l’« Advantage program » de son

association, la National Thoroughbred Racing Association (NTRA). Un mot sur la

NTRA : elle est une sorte de Fédération des courses, sauf qu’au lieu

d’être une coquille plus ou moins vide (ou vidée), elle a des moyens pour

atteindre des objectifs bien définis et utiles. Elle est dédiée à la promotion

des courses et à leur développement. Et pour cela, elle donne notamment à ses

membres un sérieux coup de main en marketing et sur le plan juridique.

L’« Advantage program »

permet aux membres de la NTRA d’acheter des produits et des services à des

tarifs négociés au plan national par l’association. Exemple : la NTRA

passe un accord avec John Deere qui implique que tout membre de la NTRA

bénéficiera d’une réduction de 25% sur l’achat d’un tracteur.

Ce programme est un très grand

succès. En 2001, à son lancement, les membres de la NTRA ont dépensé 11,3M$

dans le cadre du Programme d’avantages ; en 2007, ce chiffre a atteint

116M$. Une multiplication par dix ! La courbe des économies réalisés par

les membres suit une tendance comparable : de 2,4M$ à 17M$.

Le succès s’explique notamment

par le fait que les achats ne sont pas cantonnés à l’activité professionnelle.

Par exemple, le propriétaire d’un haras n’est pas limité à des achats de paille

ou de barrières ; il peut parfaitement acquérir « des pots de peinture pour repeindre son

salon » pour peu que la NTRA en propose, a précisé Alex Waldrop, ce

qui a beaucoup fait rire la salle. Dans le même esprit, un membre (par exemple

un propriétaire) qui est par ailleurs à la tête d’une entreprise dans un autre

secteur peut offrir à ses employés de bénéficier d’avantages – même s’ils n’ont

rien à voir avec les courses. D’autre part, il faut préciser que les membres

eux-mêmes ne sont pas tous dans le pur sang ; certains appartiennent au

monde du trot, de l’équitation et d’autres disciplines équestres. Cela permet au

Programme d’avantages de la NTRA d’avoir un million de membres ! On

comprend pourquoi les grands groupes industriels sont prêts à casser leurs prix

pour conquérir ce « marché ».

Quant à la NTRA, elle touche un

pourcentage sur le chiffre d’affaires, plus une cotisation forfaitaire versée

par les entreprises qui vendent leurs services et produits. Depuis 2002, la

NTRA a encaissé 34M$. Au départ, elle touchait 1,2M$ par an ; maintenant,

elle encaisse 7M$ ! Et ce chiffre d’affaires venu du commerce lui donne

des moyens supplémentaires pour assister ses membres. Quand le capitalisme est

utilisé de cette manière, il est vraiment vertueux. Et l’on en vient à se

demander pourquoi la France ne s’inspire pas de ce modèle économico-associatif

génial…