Retour de l’arc

Autres informations / 06.10.2008

Retour de l’arc

 

Les étalons du dimanche

: une razzia de Newmarket

Longchamp

était en fête dimanche. Grâce bien sûr à la reine Zarkava mais aussi parce que

les 5 Groupes 1 – réservés aux pur sang anglais – ont été enlevés par des

chevaux entraînés en France, si l'on veut bien franciser l'Allemand Baltromei

qui donne l'impression d'entraîner dans l'hexagone tant il est désormais actif

dans l’hexagone. À Criquette Head-Maarek le Boussac, à son frère Freddy

l'Abbaye et le Jean-Luc Lagardère, enfin à Alain de Royer Dupré l'Arc. Pas une

pour les Anglais. Pas une pour les Irlandais. Cela faisait longtemps que l'on

n'avait pas été convié à pareille fête nationale. Comme quoi la France brille

dans le monde hippique grâce à ses hippodromes, ses centres d'entraînement et

son Pari Mutuel.

En

revanche, côté élevage et surtout étalons, ce dimanche fut une razzia de

Newmarket. Avant ce constat, célébrons le seul survivant français : Marchand de Sable. Nous avons déjà mille

fois vanté les mérites du sire de Bernesq qui est le chouchou de bien des

entraîneurs français. En produisant l'exceptionnel Marchand d'Or, le fils de

Theatrical s'est hissé au niveau international et a confirmé son statut de

grand étalon français en nous rappelant la carrière de reproducteur de Kaldoun,

parti de rien et reconnu sur le tard.

Pour

les quatre autres Gr1 : Beat Hollow, Oasis Dream, Nayef, et Zamindar. Quatre

étalons de Newmarket, quatre étalons appartenant à leurs éleveurs arabes. Quatre

étalons que l'on n'avait pas l'habitude de retrouver à pareille fête. Quatre

jeunes étalons si l'on veut bien rajeunir Zamindar. Et rien pour l'Irlande ou

le Kentucky. Parmi ces quatre sires, trois sont stationnés à Juddmonte-Banstead

Manor appartenant au Prince Khalid Abdullah : Beat Hollow, Oasis Dream et Zamindar.

Formidable tiercé rarement  réalisé

Le

père de Proportional, Beat Hollow (Sadler's

Wells – né en 1997) est le moins connu malgré sa première production qui

comportait quatre gagnants de Listed dont la « Rodolphe Collet »

Charlotte O Fraise sur uniquement 37 foals. Gagnant du Grand Prix de Paris (Gr1),

Beat Hollow a donc pris un très bon départ mais il accède désormais à la

célébrité avec Proportional qui a dominé ce Prix Marcel Boussac (Gr1) sans

discuter, laissant la bonne Elusive Wave (Elusive City) à trois longueurs. Et

la marque étonnante de ce fils de Sadler's Wells, à qui il ressemble peu, c'est

de donner de la vitesse comme en témoigne tous ses bons produits et évidemment

Proportional. Sa saillie est à 8.000£.

Naaqoos,

le gagnant du Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1), est par Oasis Dream (Green Desert, né en 2000). Ce vainqueur du sprint July

Cup (Gr1) produit remarquablement bien transmettant surtout sa vitesse qui lui

vient de sa lignée paternelle de Green Desert. De plus, ses produits ont

toujours beaucoup d'expression, ce qui est plus rare pour ce courant de sang et

c'est pourquoi ils se sont très bien vendus dès sa première génération. Ses

premiers gagnants de Groupe sont tous de chevaux de vitesse comme Captain

Gerrard, Starlit Sands et Young Pretender. Il est très populaire à Newmarket et

sa saillie est montée à 30.000£.

L'Allemande

Lady Marian, qui rappelle Robin des Bois, est par Nayef (Gulch, né en 1998). Nous connaissons fort bien ce sire de

Shadwell qui a donné pour sa première production le champion Tamayuz, ainsi que

Spacious, lauréate de Gr2. Ce grand cheval bai et très charpenté transmet une

étonnante vitesse qui lui vient de son père car il est lui même frère du

classique Nashwan. On a vu que Lady Marian, comme Tamayuz, avait hérité de

cette accélération qui éblouit. Nayef faisait la monte à 10.000£.

Enfin,

est-ce la peine de rappeler que Zarkava est par Zamindar (Gone West, 1994). Ce propre frère de Zafonic s'est déjà

construit une légende en produisant, outre sa reine du monde, les pouliches

classiques que sont Zenda, Coquerelle et Darjina, ainsi que de bons mâles en Grande-Bretagne.

Il fait désormais la monte à 15.000£ à Banstead Manor où de nombreuses

françaises accourent à sa rencontre, et on les comprend.