Sacre minimal de bannaby, nouvelle dérive de yeats

Autres informations / 05.10.2008

Sacre minimal de bannaby, nouvelle dérive de yeats

Le Prix du Cadran a encore été maudit pour Yeats (Sadler’s Wells). Favori absolu, à

5-10, et détenteur d’un palmarès incomparable en Angleterre et Irlande, auteur

d’un triplé dans la Gold Cup

(Gr1), il n’a pu répondre à l’accélération des premiers dans les cinq cents

derniers mètres. Celle en particulier de Bannaby

(Dyhim Diamond) qui s’est décalé aux 300m et a résisté au retour d’Incanto Dream (Galileo). Le final a été

haletant avec un Bannaby qui avait jeté toutes ses forces pour prendre

l’avantage, le long de la lice, alors qu’Incanto Dream produisait son effort en

pleine piste mais plus tardivement. La victoire semblait acquise à 100m du

poteau lorsqu’un renversement visuel (et réel) s’opérait. Incanto Dream

concluait à la vitesse du vent alors que Bannaby montrait des signes de

fatigue. Christophe Soumillon avait beau faire des gestes amples avec sa

cravache proprement cassée à sa moitié (lire « Mise à pied pour Christophe

Soumillon »), l’alezan de l’espagnol Mauricio Delcher-Sanchez se raccourcissait.

Mais le couple Soumillon/Bannaby avait, en quelque sorte, signé la course

parfaite, sorte de rapt de haut vol.

 

Le grand écart de Mauricio Delcher-Sanchez

Reporter deux Groupes 1 la même année, avec deux chevaux

différents, exige soit un effectif pléthorique, soit beaucoup de talent, soit

beaucoup de chance. Sans disposer d’une armada aux origines renversantes,

Mauricio Delcher-Sanchez doit donc reprendre à son compte les deux dernières

hypothèses. Bannby lui apporte en effet un second Gr1 après la victoire

d’Equiano (Acclamtation) dans les King’s Stand Stakes (Gr1, 1.000m) lors du

meeting de Royal Ascot, en juin. Autre trait de caractère de

l’entraîneur : l’éclectisme car ses Gr1 sont aux antipodes l’un de l’autre :

1.000m et 4.000m. Ce que notait pas de relever l’Espagnol. « Gagner deux

Gr1 dans la même année pour un entraîneur comme moi est extraordinaire. De

plus, ces deux Gr1 étaient sur des distances totalement opposées puisqu’Equiano

a gagné sur 1.000m et aujourd’hui Bannaby s’impose sur 4.000m. Bannaby avait

déjà très bien couru dans la préparatoire. Je ne suis pas réellement étonné de

cette victoire. Mais Christophe Soumillon a monté une superbe course derrière

Yeats et lui a demandé de fournir son effort au bon moment. Il restera sûrement

à l’entraînement l’année prochaine et nous allons rêver de la Gold Cup à Ascot !

Vendre un cheval qui évolue sur cette distance est moins intéressant que

continuer de le courir. »

 

La voie du Défi du Galop

Après avoir remporté la Copa del Oro (L) de San Sebastien – 8e

Etape du Défi du Galop –, Bannaby venait de prendre la 2e place du

Prix Gladiateur (Gr3) derrière Kasbah

Bliss (Kahyasi). Il pousse ainsi très haut la référence du Défi.

 

Dès 2000 avec Suances

C’est en 2000 que Mauricio Delcher-Sanchez  s’est fait un nom au meilleur niveau en

France avec la victoire de Suances

(Most Welcome) dans le Prix Jean Prat (Gr1) à Chantilly. Véritable monstre de

vitesse et de puissance, le 3ans avait ensuite été exporté aux Etats-Unis où il

a connu une carrière à éclipses, sans jamais montrer le même potentiel qu’en

Europe.

 

Le temps de réaction trop long d’Incanto Dream

« Je pensais gagner cette course et je n’ai eu tort que

d’une tête ! », commentait dans le rond Carlos Lerner. Mi-déçu,

mi-satisfait, il ne pouvait qu’ajouter « deux foulées de plus et nous

avions gagné. » Ce qui est sûr c’est que le fils de Galileo a dorénavant

pris sa place au sommet du petit groupe des stayers français voire européens. Légèrement

rapproché dans la fausse ligne droite, il était écarté en pleine piste par Yann

Lerner pour venir aux côtés d’un Yeats impuissant. Et c’est là le hic : le

4ans a mis ensuite du temps à se lancer comme l’analysait son entraîneur.

« Il a mis du temps à s’enclencher. Yann, lorsqu’il est arrivé à côté de

Yeats et l’a vu en difficulté, pensait avoir la pointure des autres… Plus le

terrain est souple et mieux il est. Il va maintenant aller vers le Prix de

Royal-Oak (Gr1, 3.100m, 26/10).

 

L’audace d’Orion Star

C’est Orion Star (Sternkoenig) qui a lancé l’épreuve le

premier dès la ligne droite finale entamée. Courageux, il a finalement concédé

moins d’une longueur au gagnant à l’arrivée Orion Star, ce qui amenait le

commentaire suivant d’Henri-Alex Pantall : « Il court très bien mais aurait

préféré un terrain un peu plus souple. Au moment du démarrage, dans ce terrain,

il a été un peu pris de vitesse et a perdu un peu de terrain. Ensuite, il s’est

bien ressaisi pour revenir. Il a manqué d’une pointe en fait dans ce terrain.

Il n’avait pas couru depuis le 14 juillet et, comme il a eu des problèmes de

jambes, c’est bien pour lui de courir sur sa fraîcheur. Il va rester à

l’entraînement l’an prochain. »

 

Kasbah Bliss n’avait pas son terrain

Quatrième, Kasbah Bliss (Kahyasi) a signé une belle

performance pour sa première sortie au niveau Gr1. Pourtant, il y avait comme

un léger désappointement dans le camp de François Doumen. « Il venait de

battre ici même le lauréat de six longueurs. En fait, c’est le terrain qui a

énormément changé les données. Il n’a pas produit son accélération habituelle

sur ce terrain, trop souple pour lui. Ce que m’a confirmé Thierry Thulliez en

me disant qu’il n’avait pas eu la même accélération que la dernière fois. Mais

il faut aussi remarquer que les écarts sont réduits et qu’il n’est qu’à tête,

demi et trois-quarts de longueurs du gagnant. »

 

L’énigme Yeats

Si souverain dans ses prestations anglaises et irlandaises,

Yeats devient un cheval anonyme en France. Pour sa deuxième tentative dans le

Prix du Cadran, il a essuyé un second échec radical (5e cette fois

mais à 4 longueurs de Kasbah Bliss). Pourtant l’épreuve a été menée à un train

régulier par Noble Prince (Montjeu), également défenseur des intérêts de

Coolmore et Yeats était idéalement placée. Peu de réaction après course pour

explication cette désillusion. Richard Henry, un représentant de Coolmore, ne

pouvait que supposer : « Peut-être qu’il n’aime pas la France ! »

 

Encadré

Mise à pied pour Christophe Soumillon

Après sa victoire dans le Prix de la Forêt (Gr1) avec Paco Boy

(Desert Style), Christophe a donc remporté le second Gr1 de samedi. Pourtant

cette dernière victoire était entachée d’une sanction, pour usage abusif de la

cravache et Christophe Soumillon a écopé de quatre jours de mise à pieds.

Sanction sur laquelle le jockey s’est exprimé. « C’est le week-end de

l’Arc de Triomphe et vous devez monter à fond. Je trouve anormal d’être

sanctionné, d’autant que j’estime ne pas avoir abusé. Je tapais sur la lice et

ma cravache s’est cassée… Le terrain est plus souple que ce qu’on annonce mais

je suis persuadé que Zarkava va s’en sortir. »