Tétière arqana octobre

Autres informations / 24.10.2008

Tétière arqana octobre

 

Bilan

Ventes Arqana Octobre

TRÈS BELLE RÉSISTANCE

DE LA VENTE ARQANA OCTOBRE

 

Méfions-nous

des miroirs trompeurs. La vente Arqana d'octobre 2007 fut exceptionnelle du

fait de la présence active d'un nouvel acheteur international, Prime

Equestrian, basé à Dubaï. Au moment du bilan de cette vente, nous avions alors titré

: « razzia de Prime Equestrian ». En effet, cette entité avait acheté

42 yearlings pour un total de 1,8 millions d'Euros. On peut donc dire que cet

unique acheteur avait dû enchérir sur 60 à 70 yearlings pour finalement

acquérir 48 d'entre eux. Ils ont donc été décisifs dans cette édition 2007,

faisant progresser la moyenne de 31% et le chiffre d’affaires de 35% !

De

sorte qu'il est trompeur de rapporter les résultats 2008 à cette année « anormale »

que fut 2007. En effet, en regard de 2007 le chiffre d'affaires a baissé de 26%

et la moyenne de 18%. A contrario si on prend en référence 2006, la présente

édition de la vente d’octobre est en hausse : la moyenne 2008 (23.400€)

progresse de plus de 6% sur la moyenne 2006 (22.000€).

Tout

en donc question de perspective et de points de référence pour apprécier les

résultats d'Arqana octobre 2008. Contrairement à ce que semblent dire les

chiffres négatifs, ils sont très convenables, et pour s'en convaincre, il

suffisait, mardi soir et mercredi, d'entendre les avis des acteurs, de voir les

mines rassurées de la plupart des vendeurs qui, sans être enthousiastes,

étaient contents d'avoir eu une bonne session, d'avoir réussi à vendre tant

bien que mal leur queue de production, sachant que l'essentiel a – souvent –

été vendu en août.

De

ce point de vue, il faut avouer que tout le monde a eu peur les jours

précédents, un peu affolé par la panique qui a saisi les marchés boursiers

certains jours. « Et si on vivait nous aussi un krach », se sont dits

des vendeurs, forcément influencés par des médias qui grossissent la crise

financière, car il faut bien avouer que la logique des médias va dans ce sens. Mais

il faut garder en mémoire que le marché des yearlings cherche ses fondamentaux

dans les courses elles-mêmes et non dans les marchés boursiers – nous avions

d’ailleurs rappelé cet état de fait avant la vente. C’est bien la présence

domestique française active qui a contrebalancé l'environnement économique

défavorable. Il y a une demande en France car il y existe des courses

prospères, et la clef de la solidité réside en ce rapport.

Car

la présence française a tranché avec la quasi absence des courtiers

anglo-saxons qui, pour une fois, avaient déserté Deauville qu'ils aiment tant.

Ni Charlie Gordon Watson, ni Peter Doyle, ni Blandford Bloodstock ne se sont

manifestés, pas plus que les gros acheteurs arabes ou irlandais. Cependant,

certains étaient représentés, et leur inaction révèle peut-être un trait plus

inquiétant pour l'élevage français : l’insuffisance évidente de yearlings de

qualité à cette vente. De toute évidence, il y avait de l'argent pour acheter

des sujets entre 50.000 et 100.000€, mais l'offre d'octobre était relativement

faible en la matière comme l’a d’ailleurs constaté Olivier Delloye au soir de

la clôture (lire JDG d’hier).

De

ce fait, avec une grande majorité de yearlings de deuxième choix, ces ventes d'octobre

se sont plutôt bien déroulées, en comptant presque exclusivement sur les

ressources françaises, et elles témoignent de la bonne santé du système

français des courses et de l'élevage. Une nouvelle réconfortante qui nous

laisse penser que les ventes d'élevage de décembre seront de la même tonalité.