Tétière : breeders’ cup 2008

Autres informations / 27.10.2008

Tétière : breeders’ cup 2008

 

L'Europe

remporte cinq des quatorze épreuves du Breeders'Cup

 

La

nouvelle surface

Les

Américains s'interrogent. À la suite du drame de Eight Belles (Unbridled’s Song) dans le Kentucky Derby, de l'énorme

casse à l'entraînement et de la perspective d'un ralentissement des médications

anti-inflamatoires, ils se tournent vers de nouvelles surfaces synthétiques

pour remplacer le traditionnel et meurtrier dirt. Et nous avons eu ce week-end

le premier Breeders’ Cup qui se déroulaient sur du polytrack « pro-ride »

et sur du gazon bien entretenu. Résultat des courses : cinq épreuves sont

revenues aux Européens dont le prestigieux Breeders' Cup Classic (5 Millions$)

qui se veut être une sorte de finale de la saison américaine sur leur surface.

 

Une forme

de fin de saison

C'est

cette dernière épreuve qui a porté un coup symbolique aux courses américaines.

Le champion Curlin (Smart Strike)

n'a terminé que quatrième de cette finale, largement devancé par un Raven's Pass (Elusive Quality) qui a

trouvé sa forme optimale en fin de saison. Oui, la forme a beaucoup compté car

il devançait dans cette course son rival européen de l'année, Henrythenavigator (Kingmambo), qu'il a

battu de deux longueurs en l'occasion, répétant ainsi l'arrivée des Queen Elizabeth

II Stakes (Gr1) d'Ascot en septembre. Cette ligne inversait la forme du premier

semestre quand Raven's Pass avait toujours été devancé par le champion d'Aidan

O'Brien ainsi que par le crack de Freddy Head, Tamayuz (Nayef).

 

Des héros

fatigués

Et

c'est aussi la forme qui, selon nous, explique la prestation moyenne et

laborieuse de Curlin. Ce dernier depuis cet été n'est que l'ombre du phénomène

qu'il était l'année dernière et même cette année à Dubaï. Nous l'avons vu battu

par Red Rocks (Galileo) en juillet

sur herbe, et surtout il s'est montré à la peine pour battre de trois-quarts de

longueurs le quelconque Wanderin Boy (Seeking The Gold) dans le Jockey Club

Gold Cup (Gr1), fin septembre, en préparatoire du Breeders' Cup Classic. Ce

week-end, les héros étaient fatigués, ou absents (Zarkava), et la relève ne

s'est pas fait attendre. N'oublions jamais le positionnement du Breeders' Cup

qui arrive bien tard dans la saison pour prétendre tenir le rôle classique que

ces géniaux promoteurs, à coup de millions de dollars, lui ont attribué.

 

Des

Américains, toujours maîtres sur leur piste

En

revanche, si les Américains ont concédé, d'une part le Breeders' Cup Mile

(Turf) à la sensationnelle Goldikova

(Anabaa) qui confirmait son Moulin de Longchamp (Gr1) où elle distançait

Henrythenavigator, et d'autre part, le Breeders' Cup Turf au bon Conduit (Dalakhani), ils n'ont rien

cédé sur les autres courses sur polytrack. En particulier ils ont dominé les

épreuves de 2ans, hormis le très particulier Breeders’ Cup Juvenile Turf.

Épreuve qui revient à Donativum

(Cadeaux Généreux), sûrement meilleur qu'on ne le croyait comme le prouve la

victoire de Crowned House (Rainbow

Quest) dans le Racing Post Trophy (Gr1) le même jour. N'oublions pas non plus

que les courses du Breeders' Cup ont un aspect protectionniste car elles sont

réservées à des chevaux engagés yearlings pour 500$ par tête, ce qui a pour

effet de réunir une élite fortunée et américaine, au détriment de concurrents

européens non inscrits – n'est-ce pas Marchand d'Or ?

 

Une

surface pour l'avenir

En

somme, à l’exception du choc de la défaite prévisible d'un Curlin en baisse de

forme, la nouvelle surface ne peut être tenue pour responsable de l'excellente

prestation de l'Europe qui remporte les courses qui lui sont destinées sur le

gazon, à l'exception du BC Sprint Turf qui semble réservé aux machines yankees.

C'est pourquoi l'adoption prévisible des nouvelles surfaces synthétiques aux

Etats-Unis est une très bonne nouvelle, tant pour les Américains qui

préserveront leurs chevaux que pour les Européens qui trouveront un terrain

« possible » pour défier les meilleurs du nouveau monde, comme l'a

montré Raven's Pass.

 

Des

origines qui parlent

Cependant,

pour compléter notre analyse sur cette arrivée qui n'a pas fini de faire couler

de l'encre, il est nécessaire de rappeler les pères de Raven's Pass et de Henrythenavigator

: Elusive Quality – petit-fils de Mr Prospector – et Kingmambo – fils de Mr Prospector

–. Leçon : même entraînés en Europe, ce sont les chevaux issus de la grande

lignée américaine de dirt de Mr Prospector qui sont aptes à relever le défi

d'une course comme le Breeders' Cup Classic.