Un marché baissier et maktoumisé

Autres informations / 14.10.2008

Un marché baissier et maktoumisé

 

L'impact

Maktoum sur ce premier jour des ventes domestiques de la deuxième semaine est

identique à celui de la sélection de la semaine passée. Un tir groupé assez

incroyable : la galaxie Dubaï a acheté 30 yearlings sur 160 vendus soit 20% des

animaux qui ont trouvé preneur. Pour cela, la famille et associés ont dépensé

plus de 2 Millions de Guinées réalisant donc un tiers du chiffre d'affaires.

Pour preuve de cette présence monopolisatrice, 9 des 10 yearlings les plus

chers du jour sont allés à John Ferguson ou à Shadwell. On n’avait jamais vu

cela. Ce qui a fait dire aux observateurs que Newmarket vit sous la perfusion

de Dubaï.

Car

pour les chiffres d'ensemble, la journée a été plutôt mauvaise. Certes, il y

avait 45 yearlings de moins qu'en 2007 mais le chiffre d'affaires a cependant

diminué de moitié. Les ratios sont en perte de vitesse : la moyenne baisse de

29% et la médiane de 21%. Plus préoccupante est l'augmentation des rachetés qui

passent de 19% en 2007 à 33% cette année. Le marché anglais domestique est

clairement en perte de vitesse malgré la perfusion Maktoum.

Comment

s'en étonner dans la conjoncture actuelle ? D'abord le spectre d'une crise

économique ne crée guère une humeur acheteuse. Mais plus spécifique aux courses

britanniques, la baisse des allocations et le très mauvais ratio de couverture

des propriétaires anglais fait que ces derniers se replient vers l'obstacle

pour subsister chichement. Le BHA n'a cessé d'attirer l'attention des médias

vers le conservatisme étriqué des courses anglaises, incapables de se

renouveler et de progresser, faute d'initiatives et de revenus, ces derniers

faisant les beaux jours des bookmakers mais pas des propriétaires ou des

éleveurs.

À

l'image de la défaillance des marchés boursiers et des réformes qui se

préparent partout, il est devenu impératif pour l'Europe des courses de Galop

que la Grande-Bretagne se libère de la tutelle d'un système de paris qui ne

peut financer proprement la compétition hippique. D'où le vacillement du marché

domestique que désertent les acteurs exsangues. À quand le PMU en GB ?