Zarkava venue d'ailleurs

Autres informations / 07.10.2008

Zarkava venue d'ailleurs

 

 

 

Zarkava

surnaturelle

 

Oserons-nous

dire que nous l'avions pressentie exceptionnelle quand elle emporta le Prix de

la Cascade à 2ans en volant sur la pelouse de Longchamp ? Elle confirma

dans le Marcel Boussac (Gr1) en clouant ses opposantes sur place dans une

course assez voisine de celle de l'Arc, le même jour un an plus tard. Entre

temps la princesse est devenue reine incontestable du turf, pulvérisant en

quelques foulées dans le Qatar Arc de Triomphe l'incassable 5ans Youmzain (Sinndar), le classique 4ans Soldier of Fortune (Galileo), le lauréat

du Jockey-Club Vision d'État

(Chichicastenango). Ce qui compte, c'est l'impression d'accélération, de

facilité, voire de désinvolture de Zarakava, à l'issue d'une ligne droite bien

mouvementée et d'un départ qui eut pu tourner à la catastrophe. Elle survole,

comme si elle venait d'ailleurs, comme si elle était pure d'un sang surnaturel.

La

victoire fut tellement facile, montée aux mains par le magique Soumillon, que

l'on pourrait douter de l'opposition. C'est pourquoi il faut rappeler que

Youmzain avait fini deuxième de la même course l'an dernier à une tête du grand

Dylan Thomas (Danehill) alors qu'il ne fit que de la figuration contre la

reine. Il faut rappeler que Soldier of Fortune a remporté cette année le

Coronation Cup (Gr1) et surtout l'Irish Derby (Gr1) à 3ans de 7 longueurs.

C'est le privilège de l'Arc d'être une finale, et elle la survola de toute une

classe transformant ses super concurrents en de pâles ouvriers, ce qu'ils ne sont

pas.

Précisons

que l'aspect surnaturel se confirme quand on la détaille dans le paddock avant

la course. Son modèle est très harmonieux mais elle n'est pas époustouflante.

Elle est très équilibrée, d'une belle couleur baie trempée, mais rien ne la

distingue vraiment de ses adversaires. Elle est d'une taille convenable, avec

des points de force évidents mais elle n'impressionne pas vraiment l'observateur.

Il faut même dire que le dimanche béni du Qatar Arc de Triomphe, elle avait une

robe un peu terne, son poil ayant commencé à se piquer avec la froidure de

l'automne. Elle est loin des modèles de Three Troikas, All Along ou Gold River,

et pourtant elle est plus spectaculaire.

La

grâce d'une reine est dans sa facilité à glisser partout où elle passe. La dimension  surnaturelle de Zarkava lui vient de cette

motricité stupéfiante dans un physique normal. Cette façon unique qu'elle a de

régler le ballet en une dizaine de foulées. En deux secondes tout Longchamp a

vu que la course était terminée, alors qu'une seconde avant elle était encore

empêtrée dans le peloton. Ce fut un éclair de grâce, celui d'une reine venue

d'ailleurs.